anarchie pour l'évangile !

La crise de l’église (mis à jour le 19/03)

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Il n’est pas fréquent de voir des catholiques se révolter ouvertement contre leur chef…

 
C’est pourtant ce que viennent de faire une cinquantaine d’intellectuels français, en signant une pétition intitulée : 

« Pas de négationnistes dans l’Eglise ».

qui a été diffusée sur http://www.lavie.fr/

La pétition affirme que l’évêque britannique intégriste « ne saurait trouver sa place dans l’Eglise, sans repentir sincère et explicite de sa part »…

 


Extraits choisis des commentaires sur le site de « La Vie » :

– « RESISTANCE ! Qu’on envoie des pétitions aux nonciatures et évêchés : refusons l’obéissance aux complices du fascisme, refusons le denier de l’Eglise qui soutiendra matériellement ces gens-là aussi et réclamons la révocation de ce décret… »

– « Par cette action aux conséquences inconsidérées je crains bien que Benoît XVI n’ait fait perdre à l’église catholique toute crédibilité morale. »

 « Je suis effondré de constater la tièdeur de votre réaction face à l’annonce de la réintégration par le pape d’un évèque négationniste au sein de l’Eglise catholique…
Alors que chaque jour, nous nous efforçons de démontrer autour de nous aux sceptiques toujours plus nombreux que l’Evangile est d’abord une source de subversion de l’ordre établi »

 

Nous sommes intervenus également, notamment ainsi :

« Pourquoi ne pas pardonner ?
Oui, si l’expression du repentir est publique, claire et nette, et aussi et surtout à la hauteur de « l’erreur », ou plutôt de l’horreur.
Est-ce le cas ? »

 

Pas vraiment :

« L’opération a pour but de les mettre au pied du mur et d’opérer un ultime tri entre ceux qui reviendront au bercail et ceux qui s’enfermeront à jamais dans une secte. Mais le pape a levé les sanctions sans aucune contrepartie tangible, ni même l’assurance d’une claire volonté de négocier.» Jean Mercier

 

 

 


Tout cela m’a fait penser à ce passage de l’évangile arésien :


« Je ne pardonne pas le pécheur ; Ma Volonté est qu’il cesse d’être pécheur » (30/10)…


Et en ouvrant le livre à l’instant pour vérifier ma citation, voici sur quoi je suis « tombé » : 


… « Aujourd’hui encore ils miment la sagesse patiente,

Dépêchent leurs envoyés par des voies détournées pour les attarder,

Pour que leur pardon parvienne au bourreau après qu’il a décapité le faible,

pour que leur condamnation parvienne à la cour du fort après qu’il a commis son crime » (22/9)…

 

 


 

Suites :

Nous ouvrons ici un fil d’actualité et d’information autour de cette décision papale, fil qui sera régulièrement mis à jour.

 

http://www.leparisien.fr/societe/negationnisme-l-affaire-williamson-est-une-catastrophe-pour-l-eglise-29-01-2009-392272.php

 – Deux jours avant l’annonce officielle de sa réintégration dans l’Eglise, Mgr Williamson, dans un entretien à la télévision suédoise diffusé le 22 janvier, avait affirmé :

« je crois qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz (…) Je pense que 200.000 à 300.000 Juifs ont péri dans les camps de concentration, mais pas un seul dans les chambres à gaz ».

La concomitance des déclarations négationnistes de l’évêque et de sa réintégration dans l’Eglise catholique a eu un effet dévastateur.

 

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/01/30/saint-pierre-et-ses-brebis-galeuses-par-caroline-fourest_1148604_3232.html

– Bernard Fellay, l’un des quatre évêques réintégrés, étant le successeur de Lefebvre, sa Fraternité entre dans le giron de l’Eglise.

Or elle compte bien d’autres brebis galeuses que Richard Williamson. Bernard Tissier de Mallerais, également réintégré, a fait partie du comité d’honneur de l’Union des nations de l’Europe chrétienne, au côté de membres du Front national.

L’organisation avait l’habitude de se rendre à Auschwitz pour célébrer le « plus grand génocide de tous les temps ». Non pas celui des Juifs, bien sûr. Mais celui des foetus avortés.

L’Eglise parisienne de la Fraternité, Saint-Nicolas-du-Chardonnet organise volontiers des offices à la mémoire d’écrivains négationnistes comme Maurice Bardèche. Son ancien curé, Philippe Laguérie, grand admirateur du milicien Paul Touvier, fait partie des toutes premières brebis traditionalistes réintégrées par Benoît XVI, grâce à un Institut dit du « Bon pasteur » taillé sur mesure.

D’où il a pu baptiser un enfant de Dieudonné à la demande de son parrain, Jean-Marie Le Pen. Persuadé que les Juifs exercent une forme de « dictature » à travers la « banque et les médias », le bon pasteur est hostile à toute forme de dialogue avec le judaïsme : « On ne flirte pas avec cette secte ! »

 

02/02 :

Trouvé sur un site au nom expressif  ! 

http://www.enmanquedeglise.com/

ce texte qui, lit-on, circule sur internet :

 

 

 » La levée de l’excommunication prononcée contre Mgr Lefebvre et les quatre évêques qu’il a ordonnés suscite mon indignation et m’invite à la protestation suivante, pour trois raisons :      

1)    Elle m’apparaît comme un désaveu de Jean-Paul II, le prédécesseur du pape actuel. Pour que 21 ans après, la levée de l’excommunication des évêques intégristes puisse être légitime, il paraît indispensable que les raisons qui avaient justifié la condamnation aient totalement disparu. Or, tel n’est pas le cas, du moins selon les informations que nous possédons actuellement. Comment Benoît XVI peut-il contredire son prédécesseur sur le siège de Rome, sur une question aussi grave ?

2)    Le problème de fond concerne la réception ou non du Concile Vatican II. La question de la messe de St Pie V est en l’occurrence purement emblématique ; tout le monde le sait désormais, les Lefebvristes ne s’en cachent pas. Il s’agit, en fait, essentiellement du rapport de l’Eglise au monde, de l’avancée de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux, de la liberté religieuse…On ne peut ignorer qu’un Concile œcuménique constitue la plus haute autorité législative de l’Eglise. Le pape lui-même doit s’y soumettre. Oui ou non, les Lefebvristes acceptent-ils explicitement tout l’enseignement du Concile ? La levée de l’excommunication exige, en premier, cette « contre-partie ».

3)    Le pape est préoccupé par le schisme intégriste. Mais est-il aussi préoccupé par le schisme des catholiques qui abandonnent leur Eglise par suite du mouvement de restauration qui s’est désormais emparé du Centre romain ? (1) Ils sont infiniment plus nombreux que les Lefebvristes, mais sans doute, cette rupture est-elle moins visible. En 1987, le cardinal Kasper, alors évêque de Stuttgart, écrivait : « Comme évêque d’un grand diocèse, j’ai fait l’expérience de tensions qui ne font que croître entre les normes de l’Eglise universelle et la pratique locale. Dans bien des cas, on doit même dire qu’il s’agit presque d’un schisme dans les mentalités et dans la pratique ». Que ne dirait-il pas aujourd’hui !

Jean Rigal, théologien
Le 23/01/2009

(1)  nous soulignons

 

25/02 :

« L’Eglise risque de devenir une secte »

Un entretien avec Hans Küng, considéré comme le plus grand théologien contestataire catholique vivant :

 » Il faudrait aussi prévoir un nouveau mode d’élection des évêques, dans lequel le peuple aurait davantage son mot à dire. La crise actuelle a suscité un mouvement de résistance. Beaucoup de fidèles refusent de revenir à l’ancien système. Même des évêques ont été obligés de critiquer la politique du Vatican. La hiérarchie ne peut l’ignorer. »

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/02/24/pour-le-theologien-hans-kung-l-eglise-risque-de-devenir-une-secte_1159626_3214.html

 

 

27/02 :

 

 

L’Allemagne pourrait émettre un mandat d’arrêt européen contre l’évêque lefebvriste et négationniste et le Vatican exige qu’il se rétracte.

L’affaire Williamson, qui ébranle l’Église catholique depuis le 21 janvier dernier, semble sur le point de connaître des développements judiciaires. Vendredi, la ministre allemande de la Justice, Brigitte Zypries, a en effet affirmé que «l’Allemagne pourrait émettre un mandat d’arrêt européen» contre l’évêque lefebvriste. Dans ce cas de figure, Berlin devrait s’appuyer sur de nouvelles dispositions européennes qui, adoptées en 2007, répriment par une peine de trois ans de prison les personnes reconnues coupables d’avoir nié la Shoah ou le génocide rwandais. «Je signale que dans la plupart des États européens, le négationnisme peut être poursuivi», a même averti Jacques Barrot, commissaire européen à la Justice.   

Intervenant quarante-huit heures après l’arrivée de Richard Williamson sur le sol britannique, ce raidissement des autorités européennes fait suite à la diffusion, fin janvier, d’une interview télévisée dans laquelle l’évêque remet en question le nombre des victimes de la Shoah et nie que des juifs ont été tués dans les chambres à gaz. Devant le tollé international suscité par ses propos, Williamson a été contraint cette semaine de quitter l’Argentine. Jeudi, il a en outre écrit au Vatican pour «demander pardon devant Dieu à toutes les âmes qui se sont senties honnêtement scandalisées par ce qu'(il a) dit.» Sans renier le fond de ses propos, l’évêque ajoute dans le même courrier : «Si j’avais su avant tout le mal et les blessures que cela a provoqués, en particulier envers l’Église mais aussi envers les survivants et les proches des victimes de l’injustice du IIIe Reich, je ne l’aurais pas fait.»

 

«Antisémite convaincu»

 

Jugeant ces excuses insuffisantes, le Vatican a exigé vendredi qu’il se rétracte «de façon absolue et sans équivoque», avant d’être de nouveau admis au sein de l’Église. Le porte-parole Federico Lombardi a en effet souligné que la lettre de regrets de Richard Williamson «ne semble pas respecter les conditions» formulées le 4 février par le Vatican, selon lequel l’évêque «devra prendre de façon absolument sans équivoque et publique ses distances avec ses positions concernant la Shoah». En outre cette lettre, diffusée par l’agence de presse catholique Zenit, «n’est pas adressée au Saint-Père ni à la commission Ecclesia Dei», chargée par le Vatican de négocier avec les intégristes, a ajouté le père Lombardi.

De leur côté, des dirigeants des communautés juives d’Allemagne et d’Italie ainsi que des représentants d’associations catholiques ont estimé vendredi que les «regrets» de l’évêque intégriste ne changeaient rien à ses idées. «En omettant de retirer clairement ses mensonges outranciers, Williamson a une nouvelle fois montré qu’il est un antisémite convaincu et un négationniste incorrigible», a jugé dans un communiqué Charlotte Knobloch, présidente du conseil central des juifs d’Allemagne.

Richard Williamson est l’un des quatre prélats de la Fraternité Saint Pie X dont le Pape a levé l’excommunication le 21 janvier dernier. Depuis, le Vatican a assuré que Benoît XVI, très attaché aux relations avec le judaïsme, ignorait les positions de Williamson lorsqu’il a pris sa décision. Il doit effectuer en mai un voyage en Israël.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/02/28/01016-20090228ARTFIG00190-l-etau-se-resserre-autour-de-mgrwilliamson-.php

 

11/03 :

 

« Avec des phrases très dures, le pape Benoit XVI s’en prend aux catholiques qui ont osé critiquer sa décision de lever l’excommunication des évêques intégristes, proches de l’extême-droite. Dans une lettre à tous les évêques de l’Eglise, dont la teneur a été révélée par le quotidien Il Giornaleil dénonce la « haine » dont ces ouailles critiques auraient fait preuve dans cette histoire. L’affaire, écrit-il,  « a soulevé à l’intérieur et à l’extérieur de l’Eglise catholique un débat d’une violence qu’on avait pas connue depuis longtemps ».

 

Commentaire « maison » :

Les églises n’étant plus depuis des siècles les assemblées fraternelles prescrites par Jésus, mais des pouvoirs aussi arbitraires que n’importe quel pouvoir, et le message des églises étant depuis des siècles si contraire à l’évidence évangélique – c’est la pratique réelle qui est difficile -, nous voyons un pouvoir papal complètement déconnecté de sa base, base dont la part encore vivante n’a de choix que de s’insoumettre  ou déserter pour laisser sa foi resurgir à l’air libre,
où se formeront les nouvelles assemblées aux mille facettes émancipées.

 

19/03 :

J’apprends par le dernier éditorial de  Témoignage Chrétien que dans toute l’Europe, des milliers de catholiques demandent à être « débaptisés »...

Le « malaise » évoqué par l’hbdomadaire est bien une crise, et même un signal de rupture.

Intégrisme et révisionnisme, avortement criminalisé, viol d’enfant relativisé, aveuglement face au sida, cela fait beaucoup en peu de temps…

Mais c’est aussi une chance pour l’évangile, qui se retrouve en quelque sorte  à la rue, mais d’abord à l’air libre...

Une nouvelle Anarchie évangélique en somme,

après 2000 ans d’éclipse quasi totale…



 

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