anarchie pour l'évangile !

[Repères] « Jésus, un radical ? »

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JÉSUS DE NAZARETH, UN RADICAL ?

 

«Depuis bien longtemps, la prédication de Jésus a semblé tellement radicale, qu’elle en est venue à être considérée comme impraticable… C’est là une constatation attristante, qui n’est d’ailleurs que la conséquence du contre-témoignage que constituent les accommodations et les réductions des exigences évangéliques, opérées par les chrétiens eux-mêmes, parfois sous la forme d’une nouvelle voie spirituelle.»

Voilà ce que souvent, à travers les siècles, des prophètes et des réformateurs ont déclaré avec regret. C’est ce que prétend le fondateur d’une communauté monastique oecuménique italienne, Enzo Bianchi, dans le septième chapître de son livre courageux paru chez Mame en 1993: «Suivre Jésus le Seigneur». Ce chapître est en effet consacré à cette idée de plus en plus répandue de nos jours: «Le radicalisme de Jésus». Il serait bon de prendre au sérieux ceux qui abordent l’évangile de cette façon. On risque évidemment de se faire prendre pour des fondamentalistes ou des intégristes. Or il n’en est absolument pas question.

En ce début d’une nouvelle Année liturgique, pourquoi pas nous centrer davantage sur le message de Jésus-Christ, car sachons-le bien, l’Année liturgique est consacrée par l’Église à approfondir notre compréhension du message du Christ Jésus. L’Église nous aide en nous rappelant sa vie et ses audaces, et en célébrant aussi les fêtes de ceux, les saints, qui ont mis en pratique de façon radicale le message évangélique, surtout Marie, Mère de Jésus et donc Mère de Dieu.

On se plaint de plus en plus que la prédication dans nos paroisses a presque partout modéré les commandements austères de Jésus, au point que notre christianisme est devenu une voie spacieuse parsemée de petits «sacrifices» occasionnels. Nous comptons d’une façon commode sur la miséricorde de Jésus au point de justifier nos péchés et de nous convaincre finalement qu’il n’y a pour ainsi plus de péchés. C’est d’ailleurs un mot qui est rarement prononcé dans la plupart de nos paroisses.

Justement, un universitaire protestant congrégationaliste, qui a son doctorat en physique, converti au catholicisme et devenu prêtre, est curé de la paroisse Christ the King à Ann Harbor au Michigan. Il y a là une importante université. Or ce prêtre admirable dit que le fait de parler du péché et de la conversion durant ses homélies entraîne beaucoup de fidèles au confessional. Je l’ai écouté deux fois à la télévision américaine, canal 241 sur Illico. C’était étonnant. Je vous recommande d’écouter ces émissions de grands convertis qui témoignent dans la série «Home» diffusée par EWTN de Mother Angelica. Ces convertis sont en somme rentrés à la maison qui est pour eux l’Église catholique. Ils sont en train de ravigorer de très nombreux catholiques en leur rappelant les exigeances radicales du Christ. Leur foi en particulier en la Présence réelle du Christ Jésus dans l’eucharistie est bouleversante, radicale!

Le Christ serait donc radical? Certainement qu’il l’a été et qu’il l’est toujours. Sa radicalité, c’est la radicalité de l’Amour sans mesure. Il ne s’est d’ailleurs pas gêné pour dire sa façon de penser aux dignitaires légalistes de son temps. Il n’a pas eu peur non plus de fréquenter les collecteurs d’impôt que les juifs méprisaient par patriotisme. Il aimait les lépreux que tout le monde fuyait, et plusieurs de ses disciples semblent bien avoir été des terroristes désireux de libérer leur pays…  Jésus ose transformer de l’eau en très bon vin, ce qui scandaliserait aujourd’hui de nombreux chrétiens. Et puis, nous oublions que Jésus a été un sans-abri volontaire, un itinérant, et même un fugitif recherché par la police. Même sa façon de traiter les femmes est radicale. Il semble les condérer comme ses égales. Jésus enfreint les lois légalistes, et radicalement humble, il va jusqu’à laver les pieds de ses apôtres. Il pardonne tout, ce qu’il fait de façon bouleversante avant de mourir crucifié: «Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font!».

Jésus a en fait prêché le radicalisme de la sainteté. Et, malgré ses faiblesses, l’Église n’a jamais cessé de proclamer clairement qu’il y a un seul et unique appel à la sainteté pour tous les catholiques.

Mais le radicalisme évangélique décourage de siècle en siècle bien des gens, même des moines et des religieux. Presque tous les chrétiens considèrent encore cela comme irréaliste.

On pense alors aux radicaux du quatrième siècle qui fuyaient la corruption d’une civilisation décadante et se faisaient moines au désert d’Égypte où ils ne mangeaient rien sinon des dates et des herbes et se vêtaient de peaux de bêtes. Ce serait cela le radicalisme. Mais non! De plus, les modèles proposés aux catholiques depuis les origines sont en grande partie des moines, des moniales, des religieux, des religieuses, des fondateurs et tutti quanti. Peu de laïcs.

Heureusement, leur nombre augmente un peu. Et l’on s’aperçoit en lisant leur vie que ce qui est nécessaire pour atteindre à la sainteté est bien peu de chose. Il faut tout simplement être radical! « 

(extrait de  la conférence du même nom, de  Raymond Beaugrand-Champagne, animateur de programmation religieuse chrétienne radiophonique à Montréal.)

 

 

 

Note de publication !

La publication de ce texte l’est à titre documentaire et je dirais symptomatique, sans plus. L’auteur, dans la suite de son exposé (accessible en cliquant sur son nom ci-dessus) réduit ensuite peu à peu la radicalité en question à la « radicalité »… catholique, et réduit pour finir, dans ses conclusions, la perspective si généreusement soulevée ici à une sorte de démonstration de… supériorité de « l’amour chrétien » sur… l’amour musulman…

Toujours cette histoire de paille et de poutre je crois…

 

 


 

Written by Observatoire situationniste

4 mars 2009 à 13:27

2 Réponses

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  1. Il semble evident que le chemin que le christ a suivi, peu de gens l’ont pris. Je ne vois personne donner tous ses biens aux pauvres et demander aux a ceux qui l’ecoutent de le suivre pour dire la bonne nouvelle. Il est vrai que les forces de police arreteraient une telle personne sur le champ. Je ne sais pas si c’est du radicalisme, c’est simplement le message du christ. Est ce que c’est exigeant, oui bien sur. Tellement que peu le suive. Qui, par exemple, voit une belle femme dans la rue et se contraint a ne pas se dire que mon dieu… Personne.
    J’aimerais bien voir le reste de l’article qui parle de superiorité de l’amour chretien. Ca, c’est une belle … L’amour n’est pas chretien, musulman ou juif. L’amour est amour. On ne sait rien de dieu et chacun veut imposer le sien aux autres. Voila quelque chose qui m’aura toujours fascine et je ne peux m’enpecher, a chaque fois de penser a ce qu’a dit Freud, et qui ne m’interdit pas de croire en dieu,  » Dieu est un pere plus puissant pour l’homme « . J’estime que cette phrase explique bien des morts.

    fedydurke

    5 mars 2009 at 00:29

  2. (Comme indiqué, pour lire la suite il suffit de cliquer sur le nom de l’auteur, puis d’aller à « conférences » :
    http://www.dieu-parmi-nous.com/conferences.htm, là le fichier est à télécharger.)

    laurent chaumette

    5 mars 2009 at 00:40


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