anarchie pour l'évangile !

Sagesse pratique d’un jeune soufi

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« Il nous faut vaincre la barbarie dans nos coeurs ! » Cheikh Bentounès

En lisant des commentaires sur l’islam archirépétés et surmédiatisés, mais se croyant lucides et originaux, j’ai repensé à ce livre aussi profond que simple de langage, qui permet une tout autre approche de la foi musulmane :

Cheikh Bentounès, maître spirituel soufi de la confrérie Alaouia décripte ici le message profond des versets les plus importants du Coran. Il nous montre ainsi à quel point la religion n’est à la base (et quelle que soit cette religion puisque nous n’avons qu’un Dieu unique, le même pour tous) que tolérance et amour. 

« L’Orient et l’Occident appartiennent à Dieu. Quel que soit le côté vers lequel vous vous tournez, la face de Dieu est là. Dieu est présent partout et Il sait. » (sourate 2, verset 115)

Il nous montre à quel point l’éveil spirituel nous amène à l’éveil de nous-même, de notre vie. Il lui donne un sens et le mal de vivre cesse alors. 

Le message ici révélé du Coran est loin de celui que veulent nous faire croire les fanatiques. Lorsque religion rime dans tous les cultes avec cloisonnement, ségrégation, communauté, interdits… Cheikh Bentounès et tous les autres maîtres ou disciples soufis la font rimer avec amour, tolérance, partage, plaisir de la vie… 

 

 » Aujourd’hui, les différents courants spirituels s’accordent de plus en plus à dire que si tous les hommes meurent un jour, peu d’entres eux sont réellement vivants, au sens spirituel. 
Si nous voulons sauvegarder l’humanité en nous, nous nous devons d’élever notre conscience universelle, condition sine qua non pour que l’homme ne devienne pas une machine pensante.

Tous les intégrismes, issus du conservatisme, veulent que l’ordre établi soit immuable, oubliant que la religion de la lettre nous enseigne des vérités superficielles, sources de malheurs et de drames, alors que la véritable spiritualité est une quête permanente pour redécouvrir la réalité du message, afin de savourer, dans le partage, les délices de la vie et l’intarissable flux divin. » 

Nathalie Château-Artaud 

 

 

en complément découverte :

Entretien avec Cheikh Bentounès (Nouvelles Clés)

Propos recueillis par Bruno Solt
Maître soufi de la confrérie Alawiya de Mostaganem, Cheikh Khaled Bentounès, qui fait régulièrement le voyage entre les deux rives de la Méditerranée, se retrouve au coeur du drame algérien. Homme de paix, qui consacre toute sa vie à oeuvrer pour le dialogue entre les religions, que pense-t-il de l’espoir que suscitent en nous les résistants à la barbarie ?
(JPG)         

C. Bentounès – DR.

Nouvelles Clés : À considérer certaines informations qui nous arrivent d’Algérie , on se prend à croire que la plus grande lumière peut réellement côtoyer la plus grande obscurité…

Cheikh Bentounès : Il faut plus d’une émission de télévision pour comprendre ce qui se passe réellement dans ce pays. La souffrance de l’Algérie martyrisée dépasse – et de loin – ce que la presse et les médias peuvent rapporter épisodiquement. Nous sommes confrontés à un problème dont l’origine est lointaine et les intérêts colossaux. S’il est bon et souhaitable que tous ceux qui se sentent proches de ce pays, qui l’aiment ou qui le respectent, prennent la parole afin de briser le mur de silence et d’indifférence qui le cerne, nous sommes loin d’être informés réellement des dessous que cache cette dure réalité vécue quotidiennement par des millions d’Algériens. L’Algérie est un pays riche et prospère, capable de nourrir tous ses habitants. Peut-être l’un de ses malheurs est-il cette richesse mal exploitée et mal répartie. Faut-il pour autant désespérer ? Je ne pense pas. Ce pays a traversé dans son histoire une multitude d’épreuves, dont il s’est toujours relevé, plus fort peut-être qu’il ne l’était.

N.C. : Combien troublant le courage de ces hommes, et plus encore de ces femmes, qui ont décidé de lutter, à visage découvert, pour défendre la liberté et la conscience au péril de leur vie. L’avenir musulman semble dépendre du courage de ses femmes…

C.B. : Les femmes sont notre honneur, notre joie et notre consolation. Elles sont les premières touchées par ce drame qui nous assaille, le dernier rempart hurlant à la folie humaine. Elles n’ont plus de larmes à force d’avoir pleuré. Il ne leur reste que les cris stridents qui déchirent la nuit et demandent un secours qui ne viendra jamais. Elles ont été la force de ce peuple, les gardiennes de sa tradition. Le Prophète lui- même les a honorées. N’a-t-il pas dit : « Le Paradis est sous les talons de la mère » ? Elle était, hier, l’amam, la garante de paix des conflits. Elle est devenue aujourd’hui l’agneau du sacrifice des messes noires du Cheïtan (Satan) déchaîné.

N.C. : En écoutant les jeunes gens du village de Tibirine dire toute l’amitié qui les liait aux moines trappistes assassinés par les hommes de l’ombre, puis le mufti de Marseille, Soheib Ben cheikh, expliquer la subtilité de l’équilibre des fraternités de part et d’autre de la Méditerranée entre chrétiens et musulmans, on est gagné par un espoir fou…

C.B. : Un proverbe arabe dit : « Celui qui est loin du conflit garde toute sa raison. » Avant de parler de fraternité entre les hommes, de respect mutuel entre les cultures, de compréhension et d’échanges entre les deux rives de la Méditerranée, il faudrait savoir à qui l’on s’adresse. Si l’humanité a encore un sens pour nous, si elle habite encore le coeur des hommes, tout est clair pour chacun de nous dans l’intérêt de tous. C’est l’évidence même ! Le respect de l’islam pour les autres religions du Livre, l’histoire l’a confirmé, car il est le garant de l’universalité inscrite dans cette religion. Durant des siècles, juifs, chrétiens et musulmans ont vécu dans les mêmes cités, les mêmes quartiers, les mêmes maisons… Il nous faut vaincre la barbarie dans nos coeurs !

 

 

Pour approfondir le soufisme sur internet :

http://www.indereunion.net/actu/soufisme/dossoufi.htm

« Ce qu’on appelle « soufisme » n’est ni plus ni moins que la continuation des pratiques du Prophète Muhammad et des relations qu’il entretenait avec ses Compagnons. L’apparition d’un mot spécifique pour identifier cette réalité d’ordre spirituel fut nécessaire à partir du moment où elle ne fut plus « naturellement » partagée par les nouvelles générations de musulmans. Afin de l’identifier, il est devenu nécessaire de la nommer. Pour autant, l’histoire du mot « soufisme (« taçawwuf »en arabe) ne doit pas être confondue avec sa réalité, laquelle est basée sur l’Amour spirituel, l’excellence du comportement (al ihsan) et l’expérience vécue de la proximité divine. »

 


  

Les serviteurs du Tout Miséricordieux sont ceux qui marchent humblement sur terre et qui, lorsque des ignorants s’adressent à eux, disent: « Paix ». Coran 25, 63

 

 

 


 

Written by Observatoire situationniste

9 mars 2009 à 19:05

3 Réponses

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  1. jaim bien ce site je retrouve en lui ce que jai apris sur le souffisme et que bocoup de gens ne le comprenne pas encore que ces la racine de lislam en lui meme et en plus damour a tous nos chaikh et maitre spirituel qui sont humble dans leur demarche et simple salam a tous

    myriam

    15 octobre 2010 at 10:39

  2. Merci Myriam et Salam
    très fraternellement
    Laurent

    Laurent

    15 octobre 2010 at 15:40


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