Rassemblons-nous devant la mairie de chaque ville, village ou arrondissement, chaque lundi à partir de 18h30. Osons affirmer ce que nous ne voulons plus avec enthousiasme, car ce qui nous donne du courage nous éloigne de la main de fer qui cherche à nous mettre à genoux.

L’idée est de sortir de chez soi, de se rencontrer, d’exprimer nos peurs, nos souffrances, nos refus, nos plaintes, et de « porter plainte ». Cette « convergence » des luttes et des désirs, nous l’imaginons riche de tous, jeunes et vieux, avec ou sans emploi, avec ou sans logement, avec ou sans papiers… tous précaires dans ce monde-ci et puissants de nos capacités ignorées ou oubliées. Nous avons confiance dans l’intelligence collective du peuple qui n’a pas besoin d’experts pour s’exprimer

Ce n’est pas facile de se lever et de dire non, de sortir de chez soi, de sa solitude, de ses peurs. Comme le dit le sous-commandant Marcos, « il faut une certaine dose de tendresse pour se mettre à marcher avec tout ce qui s’y oppose… »

Apprenons à nous faire confiance et cessons de nous suspecter parce que nous sommes différents, de nous freiner avec des réflexes d’appareils qui ne servent que nos adversaires. Soyons ouverts : certains groupes, syndicats, partis s’associeront à notre démarche, d’autres pas, mais, si nous réussissons, nous nous retrouverons bientôt dans les rues, et ce ne sera plus un problème.

Et après…? Adoptons une perspective commune qui nous donne espoir, temps et outils pour coconstruire dans l’action un horizon : la grève générale comme premier pas, décisif, qui nous donne le temps et les moyens de nous rassembler et de nous organiser : déposer un moratoire sur le paiement des loyers, des crédits…, penser l’entraide (garde des enfants, confection de repas, etc.).

La grève générale ne se décrète pas, mais elle s’organise et se construit. Organisons-la à notre rythme !

Pour nous préserver de la tentation d’aller trop vite ou de prendre le pouvoir, nous devrons sans doute mettre en place des garde-fous (mandats impératifs, assemblées souveraines, délibérations publiques, révocation des délégués) afin de respecter le principe des zapatistes : « commander en obéissant ».

Utopique notre démarche? Le peuple qui rédigea les cahiers de doléances, les communards, les résistants avec le Conseil national de la résistance ont su inventer les formes de leur mouvement tout en luttant. Aujourd’hui même, en Amérique du Sud, des peuples inventent chaque jour un autre avenir pour eux-mêmes et leurs enfants !

En Grèce, en Guadeloupe et ailleurs, des luttes tenaces se sont construites à partir de milliers de gouttes d’eau qui ont su et voulu se rassembler ! Ne serions-nous pas capables de faire de même ? Sans oublier que le fait d’avoir essayé sincèrement sera une graine qui fleurira en son temps. Toute lutte contient le ferment de la suivante et, en cela, il n’y a pas d’échec du mouvement révolutionnaire, il n’y a que des étapes franchies.

Les grèves, pétitions, actes de désobéissance civile se multiplient depuis des mois et il faudrait rentrer chez soi avec la gueule de bois, nos revendications, nos espoirs, nos projets de société remisés jusqu’à la prochaine manif ?

Le capitalisme, on en connaît les conséquences catastrophiques pour les femmes, les hommes, les corps et les esprits, l’humanité, les civilisations et la planète mais nous n’osons pas dire « NON » car tout se passe comme si nous avions besoin d’attendre un ordre, un signal venu d’on ne sait quel « en haut ».. Le changement ne peut venir que de nous, et se produire avec nous ! Le mouvement social, bien au-delà des organisations, associations, syndicats ou partis, c’est nous ! Prenons nos revendications en main et invitons chacun à nous rejoindre !

– Diffusons ce message partout dans les entreprises, à la sortie des commerces, écoles, dans les associations de quartier, les PMI, les foyers de travailleurs immigrés, les transports en commun, les jardins publics… avec le lieu de rendez-vous :

« Retrouvons-nous lundi soir à 18h30 devant la mairie, on discutera de la suite à donner aux manifestations, grèves… Amenez à boire, à manger et à rêver… Signé : Je ne veux plus… »

  • Organisons-nous en communes autour des maisons du peuple.
  • Désignons nos délégués pour faire le lien avec les différents lieux de lutte.

 

« Je reviendrai et je serai des millions » (Spartacus)

 

Pour le moment, donnez des nouvelles de vos réunions devant les mairies sur le site www.21mars2009.fr

Le 1er mai, après la manif :
Assemblées populaires devant les mairies !

 

 

 

 

 

 

Petit ajout « maison » :

– penser préventivement et à toutes fins utiles à s’équiper en « blanc » !

http://whiteblocks.wordpress.com/


 

 

« Oser ; le progrès est à ce prix.

Toutes les conquêtes sublimes sont plus ou moins des prix de hardiesse…

Il faut pour la marche en avant du genre humain qu’il y ait sur les sommets en permanence de fières leçons de courage.

Les témérités éblouissent l’histoire et sont une des grandes clartés de l’homme. L’aurore ose quand elle se lève.

Tenter, braver, persister, persévérer, s’être fidèle à soi-même, prendre corps à corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait, Tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête :

Voilà l’exemple dont les peuples ont besoin et la lumière qui les électrise. »

 Victor HugoLes Misérables