anarchie pour l'évangile !

[Contribution]: Son amour pour nous, l’affaiblit jusqu’à nous.

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[Extrait  d’un commentaire]

Nommer dieu nous rassure et nous trompe sur sa nature.
Ce que l’on peut nommer, devient par le simple fait de pouvoir le nommer, plus chaud, plus lumineux, plus caressant, plus proche d’apparence, vaguement préhensible.
Nous nous illusionnons sans doute, en nommant ce qui ne peut pas l’être.

Nommer ou ne pas nommer, représenter ou ne pas représenter, telle n’est pas la question….

Lorsque l’on évoque l’éternel, la non représentation ou la représentation sont également fausses.
La parole comme l’ouïe ainsi que la vue dans ce domaine nous desservent.

Dès que nous le suggérons par un son, une image, une absence de son ou une absence d’image, ce qui n’est traduisible ni par l’un ni par l’autre, se réduit à notre dimension.
L’infini se ramène à du fini indéfiniment prolongé, L’éternité à de la durée indéfiniment prolongée aussi.

La connaissance du divin dépend plus de la capacité d’intégration et de désintégration de notre esprit, que de la réalité du divin.
Si l’éternel ne se manifeste pas plus fréquemment parmi nous c’est sans doute parce que nos esprits sont incapables de le recevoir.

Dieu, pour ne pas le nommer, n’est jamais dieu.

N’importe quel son, quel signe peuvent faire l’affaire.

Nous utilisons, pour désigner ce que notre ignorance tente d’approcher, des sons différents de ceux déjà occupés à représenter les différents aspects intelligibles de la création que nous déchiffrons.
Nous avons à disposition toute une palette de termes qui tendent à recouvrir de sens et de réalité une réalité-irréalité que nos esprits ne peuvent qu’imparfaitement aborder.

Ces mots voilent et dévoilent autant d’ignorance et d’incompréhension qu’ils semblent posséder de sens et d’attributs et ce de manière infinie.

Infini, un terme que nous utilisons couramment et pourtant, pas plus que dieu, nous ne pouvons véritablement nous représenter exactement ce qui ne finit pas, l’exactitude ne s’appliquant qu’à la notion de fini.

Nous avons à disposition le fameux tétragramme,YHWH.
La bible hébraïque dit que ce fut le son entendu par Moise au sommet du Sinaï mais est-ce le nom de dieu?

C’est le son que celui qui est impossible à nommer, à donné à entendre à Moise.
Si l’éternel s’était adressé à un Egyptien, à un Chinois, à un Africain, à un Hindou, à un singe, à un éléphant ou à un européen nous aurions d’autres sons, et d’autres signes.
Lorsque l’éternel s’adresse à quelqu’un, il utilise la langue de celui à qui il s’adresse.
Inutile de parler hébreux à un chinois qui ne comprends que le copte ancien.

Dans le récit de la genèse, adam nomme les êtres vivants.
Il les nomme après avoir lui-même été crée et nommé mais il ne nomme pas le créateur.
Il entre en résonance avec l’univers et cette relation produit un son, une musique qui est fonction et de la nature de la créature avec laquelle il interagit, arbre, chat, ruisseau, étoile, et de sa nature propre, particulière.

Une seule réalité, différents hommes, différentes musiques.

Dans le décalogue il est expressément conseillé de ne pas utiliser le nom de dieu en vain.
Il n’est pas plus recommandé d’essayer de représenter l’éternel.

 

Tant d’éloignement pour tant de proximité, tant d’incompréhension pour tant de simplicité, tant de complexité, de variance pour l’unité.

 

Lorsque j’écris dieu, je pense chaussette usée, élimée, transparente, crade, trouée raccommodée et ravaudée mille et mille fois tant ces quatre lettres galvaudées et vidées de sens ne signifient plus rien de précis.
L’abus de l’usage en a extirpé la substance ; c’est le danger de l’usage de l’abus.

Je n’aime pas le mot dieu.

L’amour du Christ procède de l’horizontal et non du vertical.
Nous nous élevons tous identiquement en lui.
Tout le monde monte ensemble, du pire au meilleur, millimètres par millimètres, insensiblement, jours après jours, siècles après siècles.
C’est sans doute pour cette raison que nous avons le sentiment d’une relative stagnation spirituelle.

Jamais nous ne pourrions monter jusqu’à lui.
Il est donc descendu jusqu’à nous, parmi nous comme l’un de nous.
Le fait d’accorder, en l’éternel, le pardon et la vie éternelle n’est en aucun cas un pouvoir.
C’est juste une juste récompense accordée par son père pour services rendus.
Nous appelons cela force car nous traduisons la lumière que nous renvoie le Christ avec nos esprits imparfaits.

Nous considérons que celui qui est maitre de la vie et de la mort, est fort.
C’est une erreur!
Son amour pour nous, l’affaiblit jusqu’à nous.

Jusque dans nos plus profondes erreurs, jusque dans l’insondable détresse, il nous rejoint.
L’amour c’est juste de l’amour.

Pour conclure, je dirais que s’il faut nommer l’éternel, en dehors du vocable éternel que j’aime beaucoup, j’aime également terriblement celui de père.
Père je t’aime.

laurent (l’autre)

 

 

 

 …

 

 

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