anarchie pour l'évangile !

Range ton épée ! Et mets l’amour au monde.

with 6 comments

Appel ordinaire à déposer les armes.

Un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main à son épée, la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille.
Jésus lui dit: rentre ton épée car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. (évangile selon Matthieu).

 

Selon Marc, Jésus déclare : suis-je donc un bandit pour que vous soyez venus m’arrêter avec des épées et des bâtons?

Luc consigne:
« Jésus répondit : “laissez donc faire!
Et, touchant l’oreille de l’homme il le guérit ».
Il pose aussi la question, suis-je donc un bandit ?

Jean fournit le nom du serviteur frappé à l’oreille: malcus.
Il est aussi le seul à nommer celui qui tire l’épée, Simon Pierre.
Jean attribue ces paroles au Christ:
“Remets ton épée au fourreau, est-ce que je vais refuser la coupe que le père m’a donnée à boire?”

 

Le premier élément sur lequel s’accordent, de manières variées, les évangélistes est la réponse non-violente du Christ.

Deux versions attestent qu’il demande de remettre l’épée au fourreau.
Une autre affirme qu’il recommande de laisser faire et qu’il répare.
Dans la quatrième, il répond par la question, suis-je un bandit ?

 

La paix est la réponse du Christ à la violence.

Le refus de réagir à l’injonction brutale de la colère par la colère, à la hargne par la hargne, à l’injustice par l’épée.
Le refus quotidien de la violence, des petites circonstances aux cas les plus difficiles, nous incombe.

 

La férocité se lit dans le miroir que tend notre mémoire à notre conscience.
Elle se lit tant dans nos existences individuelles que dans l’histoire de notre aventure collective.

 

Il faut produire en chacun de nous, maintenant, énormément d’amour pour contrebalancer le poids considérable que l’égoïsme et ses conséquences font peser sur l’humanité.


La solution est à portée de notre volonté, il faut produire de l’amour.

 

Rentre ton épée car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée.
Matthieu rappelle la loi karmique bien connue des bouddhistes.
Loi de causes à effets, action, réaction.

Ranger l’épée, ne pas transmettre la violence.


Couper par son choix, à son niveau, les enchainements que la haine brode sur la trame du malheur.

Le refus de la violence brise les mailles du mal.


Filet qui nous enserre, nous capture, nous ravit à nous-mêmes, à notre dignité d’homme pour nous relâcher dans la nuit des douleurs.

 

Transformer le mal que l’on reçoit en amour que l’on donne.


Le digérer peu à peu, l’intégrer dans un processus de conscience, le pardonner mais surtout ne pas le rendre.
Le rendre c’est le reproduire, le reproduire c’est le rendre.

Rangeons nos épées.
Arrêtons de faire subir aux autres ce que nous subissons, ainsi arrêtons de subir, d’accepter tout et n’importe quoi de nous-mêmes et d’autrui.
Décidons de vivre, décidons la différence, décidons d’orientations nouvelles pour le monde que nous détruisons et laisserons à nos enfants.

 

Suis-je un bandit?
Avant son jugement et sa condamnation, le Christ pose cette question à ceux qui viennent l’arrêter.
Il affirme ensuite : “chaque jour j’étais avec vous dans le temple où j’enseignais et vous ne m’avez pas arrêté?”
Cette phrase est reprise par les trois synoptiques.

Suis-je un bandit ?
Personne ne répond à cette question, elle reste suspendue lorsque le Christ la pose.
La suite de l’histoire contient la réponse…..

Tout eut été si simple s’il se fut agit d’un brigand…..

Innocent mais dérangeant surtout.
Plus dérangeant honnête que tordu.
Plus dérangeant ressuscité que mort.

Ce qui dérange est mis en accusation.
L’abandon de l’armement, la métamorphose d’un monde d’argent violent en monde de partage, le passage de l’obscur au clair, tout cela est combattu.
Labellisé utopique, rangé dans le placard « dossiers irréels », à ne jamais consulter, perte de temps.
Inutile de chercher dans cette voie.
Essayons de nous maintenir aux commandes du vieux rafiot terre avec les anciennes cartes, même si tout a changé.

Le débat est tranché, c’est irréalisable, cela ne peut exister nulle part.
La paix n’a pas de lieu pour exister.

Constatons hélas que misère et violence prolifèrent par contre, en de nombreux lieux bien réels.
Si misère et violence sont bien de ce monde, pourquoi partage et paix ne le deviendraient-ils pas ?
Il ne tient qu’à nous de le vouloir.
La paix n’a d’autre lieu pour exister que le cœur de chacun.

Montrons leur qu’ils se trompent, réalisons avec eux l’irréalisable.
Réalisons-le en nous, gens de bonne volonté..
Arrêtons de faire périr par l’épée, par le manque d’attention ceux qui s’éteignent, quotidiennement, silencieusement, dans la douleur et l’indifférence.
Croyons en l’avenir de l’homme.

 

Laisse donc faire.
Et touchant l’oreille de l’homme il la guérit.

La réponse non violente invite à la réparation des blessures.
Il faut ranger l’épée et réparer.
On ne peut pas réparer si l’on sort l’épée.
L’action non-violente induit une action réparatrice.

 

Moralité, le désarment mondial est l’urgence première.

 

 

 

 

 

 

Range ton épée nous dit le Christ.
On ne peut pas porter à la fois une truelle et un fusil.
Gros, énorme gain de ressources humaines et matérielles pour lutter efficacement contre la faim, l’ignorance, la misère sous toutes ses formes.

Gain supplémentaire lorsque qu’ayant enrayé la misère on verra la criminalité baisser.

Mais bon, l’homme semble sourd à tout cela, sans doute les séquelles de l’oreille tranchée longue à se réparer.

Le Christ insiste sur la nécessité de l’accomplissement de la Volonté du Père.
Jésus dit à Pierre : remets ton épée au fourreau, est-ce que je vais refuser la coupe que le père m’a donnée à boire?
Les 3 autres évangélistes reprennent cette donnée.

Remettre l’épée au fourreau dégage les mains pour boire la coupe.

Remettre l’épée au fourreau brise la chaine de causes à effets forgée par la violence.
Remettre l’épée au fourreau répare l’oreille.
Remettre l’épée au fourreau permet de boire la coupe.
Boire à la coupe du christ, voilà ce que peut faire celui qui range son épée.

La violence empêche que nous puissions boire et voir.
Elle bloque.

 

Celui qui range l’épée accepte.
Il accepte sa vie et celle des autres il accepte la mort, il accepte la joie, le vent, la tristesse, les soleils couchants, les lunes de mai en août.

Il n’accepte néanmoins pas la souffrance produite par la brutalité et l’avidité humaine.
Il ne lutte cependant pas contre.
Il ne perd pas son temps, il boit la coupe, se transforme et parce qu’un change, parce que chacun change, le monde entier change.


Ceci est à la portée de tout individu: créer en soi un espace pour accueillir et vivifier la paix.

 

La coupe apporte plus que la paix, elle apporte aussi tout ce que la paix contient.
La paix est une porte ouverte sur la lumière.

 

Le Christ ayant bu le bol amer, nous devrions peut-être ranger nos épées et nous pencher sur notre auge.

La non-violence, ranger l’épée, permet de boire la paix au bol du christ, du bouddha ou du prophète, peu importent les contenants, l’eau de sérénité et de tolérance est la même pour tous.

La paix est la condition préalable, nécessaire et indispensable à l’installation de la vérité parmi nous.

Le Christ a bu le calice jusqu’à la lie.
La résurrection est née de son don.

 

Nous ne pouvons pas la résurrection mais au moins, tentons l’insurrection d’amour !
Buvons à la coupe de l’apaisement, déposons les armes, toutes !
Risquons un meilleur destin que la destruction, risquons l’amour :

qu’avons-nous à perdre encore ?

 





.






Silencieuse, claire, douce, irradiante, elle vient sans bruit, murmure subtil, filet d’eau sur la feuille, ruisseau paresseux en bout de plaine, rivière, fleuve et soudain déborde pour inonder les déserts assoiffés de nos âmes.
La paix vient silencieuse après le vacarme.

Doucement mais sûrement, elle devient la condition préliminaire indispensable à notre survie.

Rangeons l’épée, brisons la chaine du malheur, réparons les blessures, buvons la coupe fraternelle, buvons la connaissance, enivrons-nous de beauté.


Range ton épée,

c’est pourtant simple.

 

Paisiblement votre
Laurent lautre

 

 

 

 

 

.

 

Il appartient à chacune, à chacun, chaque individu et chaque peuple, de

 

FAIRE la Paix


 

 

 


.

 

 

 


 


.

 

 

 

 

6 Réponses

Subscribe to comments with RSS.

  1. Bien !

  2. Hello 😉

    Ce qui rend encore plus perplexe … (et surtout à faire conscientiser), c’est que parmi nos pensées-> par les ondes que dégagent nos pensées, est allimentée l’énergie des guerres. Même si nos actes ne mênent pas à une violence à laquelle nous sommes confrontés directement (que ce soit nous qui menons une violence), nos pensées se libèrent et l’énergie « négative » se décharge sur les champs de bataille.
    Il ne suffit pas de ne pas être « violence » il faut aussi ne pas penser « violence » !

    sexy2bloved

    19 mai 2009 at 15:15

  3. Bonjour !
    Je pense aussi que le mal et le malheur se propagent et se renforcent au-delà des circonstances qui les voient naître.
    Une chaîne que chacun peut briser cependant, à tout moment.
    Ce qui enclenche une spirale vertueuse.

    ______________
    en parallèle :
    « Dans son sens le plus courant, un cercle vicieux (ou enchaînement diabolique, effet boule de neige ou encore spirale vicieuse) est un ensemble de causes et d’effets qui forment une boucle dégradant la situation, parce que l’effet négatif nourrit et amplifie les causes qui lui donnent naissance.
    À l’inverse, on parle de cercle vertueux ou de spirale vertueuse, lorsqu’un même mécanisme de rétroaction amplificatrice entraîne des effets positifs ou bénéfiques. »

    Laurent lun

    19 mai 2009 at 21:51

  4. Oui, tout à fait !!!
    Il suffit de regarder -> ressentir le calme (l’acalmie)lors des fêtes de fin d’année. A Noël, chacun est publiquement et massivement invité à manoeuvrer la paix, le pardon, la gratitude, … que cela se ressente sur les champs de bataille et apporte en règle générale une accalmie de violance. Malheureusement, cet état d’esprit ne perdure pas chez la majorité et les guerres reprennent de plus belles…

    sexy2bloved

    20 mai 2009 at 09:39

  5. Il faut beaucoup de temps, de vie de morts et de renaissances pour que la paix mondiale advienne.

    Sous le fracas des explosions, sous le sifflement des balles l’esprit de paix oeuvre inlassablement.
    Tant par le dégout que peut susciter la violence offerte en pâture télévisuelle que par l’attrait d’un monde enfin débarrassé de toute cette merde.

    Le simple fait que l’on puisse l’envisager le rend possible, ce n’est qu’une question de temps.

    Le Christ étant passé sur terre, je n’ai point de tracas de ce coté.
    Je sais que que tôt ou tard, la paix, la clarté, la lumière et l’amour vont tout envahir et transformer totalement notre perception de l’univers.

    Ce n’est qu’une question de temps, le christ étant éternel, que m’importent les siècles et la mort dans l’accomplissement de l’œuvre?

    Agrandissons nos cœurs et nos esprits afin de recueillir en nous cette rosée divine que le ciel dépose sur le feuillage tremblant de nos âmes.

    Elle contribuera à notre croissance, nous permettra de comprendre qu’au-delà des apparences, l’éternel veille sur notre destin et nous conduit, à travers les champs de ruines que nous produisons, vers une totale compréhension et connaissance de nous-mêmes.

    Elle contient l’espérance ultime qui renouvelle et régénère les forces après l’épuisement des errances et des luttes.
    Celle qui nous permettra de réparer et de transformer les champs de batailles en paisibles paturâges.

    Laurent lautre

    laurent lautre

    18 juillet 2009 at 00:03

  6. Merci Laurent pour ce beau rappel.
    Oui, dans la rosée divine est l’espérance ultime du Jour.
    Chaque minuscule résurrection tient de la Résurrection.

    Laurent l'un

    18 juillet 2009 at 05:43


Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :