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[Repères]: Kierkegaard, le « Socrate du christianisme »

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« Le christianisme n’est pas une doctrine, mais un message existentiel »  

 

J’ai pas mal fréquenté Sören Kierkegaard, alors que j’étais encore radicalement athée. Il m’a acheminé patiemment jusqu’au seuil de la foi, me faisant comprendre la nécessité de mettre en existence l’idéal, mais me faisant aussi comprendre, en philosophe impeccable, la Rationalité de l’appel du Christ, dont il nous dit ici quelques mots, extraits d’une œuvre impressionnante de passion spirituelle :    

« L’amour en Lui était action constante. Il n’y eut pas un moment, pas un seul, dans sa vie où l’amour eût été simplement en lui un sentiment inactif qui cherche après un mot tout en laissant s’écouler le temps ; ou un état d’esprit qui s’arrête satisfait de lui-même auprès de lui-même, ne se fixant aucune tâche. Non, son amour fut action constante. Même les larmes qu’il versa n’occupèrent pas le temps ; car même si Jérusalem ignorait ce qui était utile à sa paix, lui le savait. Même si les parents endeuillés auprès du tombeau de Lazare ignoraient ce qui devait arriver, lui, néanmoins, savait ce qu’il devait faire. Dans les plus petites choses comme dans les plus grandes, son amour était toujours prêt. (…) Ce fut le même amour qui dit  » Marie a choisi la meilleure part  » et qui punissait ou absolvait Pierre d’un regard ; ce fut le même amour lorsqu’il accueillit ses disciples à leur retour joyeux, après qu’ils eurent fait des miracles en son nom ; et le même amour lorsqu’il les trouva dormant. Son amour ne réclama rien à un autre homme, ni son temps, ni sa force, ni son assistance, ni son service, ni son amour en retour. Car ce que le Christ réclama de chacun c’était uniquement le Bien de l’intéressé lui-même et il ne l’exigea que pour l’amour de l’autre ; aucun homme ne vécut avec lui qui s’aimât autant que le Christ l’aimait.» Sören Kierkegaard   

« Dieu n’a qu’une seule passion : aimer et vouloir être aimé. Il ne peut pas ne pas aimer, presque comme si c’était une faiblesse, alors que, bien sûr, c’est sa force. »  

« La haine est l’amour qui a sombré. »  

« Et nous voyons vivre, dans la chrétienté actuelle, une génération gâtée, fière, et lâche pourtant, arrogante mais sans ressort, qui se laisse administrer de temps en temps ces bons principes consolatoires, sans même savoir au juste si elle en usera quand la vie lui sourit, et qui s’en scandalise aux heures de détresse quand il appert qu’au fond leur indulgence se dérobe. »

 

 

 

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Aperçus sur sa vie

(1813 – 1855)

De 1819 à 1834, la tragédie du destin fait que sa mère, puis ses trois sœurs aînées et deux de ses frères meurent tour à tour, soit de maladie soit accidentellement, sans jamais dépasser l’âge de 33 ans, ce qui l’amène à croire qu’il ne dépassera pas lui non plus l’âge présumé du Christ. Plongé dans la mélancolie, qui est accentuée par la mort de son père en 1838, il est à 25 ans, avec son frère Peter, le seul survivant d’une famille de 7 enfants.

Après avoir atteint l’âge inattendu de 34 ans, il donne à son œuvre d’écrivain un tour nettement plus religieux, soucieux de défendre le christianisme véritable contre l’Église officielle.

En 1855, il lance une campagne dans laquelle il s’engage dans de violentes polémiques contre l’Église et ses « 1000 pasteurs salariés » de l’état. Connu comme la « guerre contre l’Église » (Kirkestormen), il veut, pour la première fois, agir dans l’actualité (l’instant) contre des personnes nommées. La campagne commence par une série d’articles dans un quotidien, puis, cinq mois après, par une dizaine de pamphlets qu’il nomme L’Instant (Øjeblikket).

La campagne se caractérise par une constante focalisation sur l’immoralité inhérente d’une christianisme d’état et une escalade vertigineuse des invectives et insultes. Au début Kierkegaard refuse simplement aux pasteurs d’être des « témoins de vérité », puis « ils se moquent de Dieu », deviennent « parjures », négateurs et destructeurs de christianisme pour finir comme anthropophages (et encore de la pire espèce !).

La campagne eût une répercussion énorme au Danemark et dans les autres pays Scandinaves. 

Ses dernières paroles : « Le christianisme du Nouveau Testament n’existe pas. »    

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Une influence sur l’approche scientifique dite « objective » est née de Sören Kierkegaard : l’interprétation de sa conception de la subjectivité par le philosophe des sciences et anarchiste Paul Feyerabend.

1924-1994

Ainsi, ce dernier écrit : « N’est-il pas possible que la science telle que nous la connaissons aujourd’hui, ou la « recherche de la vérité » dans le style philosophique traditionnel, engendre un monstre à l’avenir ? N’est-il pas possible que l’approche objective qui rejette les relations personnelles entre les entités examinées soit dommageable pour les gens, les rende malheureux, hostiles, comme des machines autosatisfaites sans charme ni humour ? « N’est-il pas possible, demande Kierkegaard, que mon activité d’observateur objectif [ou critico-rationnel] de la nature affaiblisse ma qualité d’être humain ? » Je soupçonne que la réponse à quelques unes de ces questions soit affirmative, et je crois qu’une réforme des sciences qui les rende plus anarchistes et plus subjectives (au sens de Kierkegaard) est urgente et nécessaire. »

 

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Written by Observatoire situationniste

18 mai 2009 à 21:31

3 Réponses

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  1. Bonjour,

    Je suis étudiant en année de Maîtrise à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville.
    J voudrais avoir des textes sur la conception du christianisme et de l’existence chez Kierkegaard.

    Merci.

    Malonga Alphonse

    14 septembre 2010 at 12:58

  2. Bonjour,

    Je suis étudiant à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville au Congo.
    Je voudrais avoir des textes sur la conception du christianisme et de l’existence chez Kierkegaard.
    Merci!

    Alphonse Malonga

    Malonga Alphonse

    14 septembre 2010 at 13:02

  3. Bonjour ami, je suis né à Brazzaville !…
    Le mieux est de lire « les Miettes philosophiques » ainsi que le « Post-scriptum aux Miettes philosophiques » (4 fois plus volumineux).
    Il doit y en avoir des extraits sur internet…
    Bonne études, quoique il s’agisse d’exister avant tout selon Kierkegaard.
    Salam.

    Laurent

    14 septembre 2010 at 13:54


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