anarchie pour l'évangile !

Erwan Redon, Professeur désobéissant

with 2 comments

« Enseignant réfractaire, je risque l’exclusion de l’Education nationale« 

Cher désobéissant, nous sommes tous de « pauvres petits citoyens de rien du tout », c’est-à-dire que c’est NOUS, le monde, la vie, l’espoir, la respiration sociale, la transmission de tout.
Qu’enseigne le gouvernement, sinon la peur ?
Votre refus d’enseigner ça est votre honneur, et notre devoir d’hommes libres.

L’éducation à la peur

(Extraits libres de « FACE à la Vie », de Jiddu Krishnamurti)


Apprendre, dans le vrai sens de ce mot, n’est possible qu’en un état d’attention, dans lequel il n’y a aucune contrainte, extérieure ou intérieure.

On ne peut penser correctement que lorsque l’esprit n’est pas assujetti par une tradition ou par la mémoire.

Les connaissances sont nécessaires au niveau fonctionnel comme moyen de cultiver l’esprit, mais non en tant que fin en elles-mêmes. Ce qui nous importe, ce n’est pas le développement d’une seule capacité telle que celle du mathématicien, de l’homme de sciences ou du musicien, mais le développement total de l’enfant en tant qu’être humain.

Comment peut-on provoquer cet état d’attention ? On ne peut pas le cultiver par la persuasion, la comparaison, les récompenses ou les punitions, qui sont toutes des formes de contrainte. L’élimination de la peur est le commencement de l’attention. La peur existe tant qu’existe le désir d’être ou de devenir, qui est une poursuite du succès avec toutes ses frustrations et ses contradictions tortueuses.

On peut enseigner la concentration, mais l’attention ne peut pas être enseignée, tout comme il est absolument impossible d’enseigner la liberté par la peur ; mais on peut commencer à découvrir les causes qui produisent la peur, et celle-ci s’élimine par la compréhension de ces causes. L’attention surgit donc spontanément lorsqu’autour de l’élève est créée une atmosphère de bien-être, lorsqu’il a l’impression d’être en sécurité, d’être à son aise et lorsqu’il est conscient d’une action désintéressée inspirée par amour. L’amour ne compare pas, de sorte que la jalousie et la torture de « devenir » cessent.

L’éducation devrait avoir pour but de cultiver l’intelligence, c’est-à-dire la capacité de faire face à la vie.

L’intelligence n’existe que lorsqu’on n’a pas peur. La peur est omniprésente. On a peur lorsqu’on pense au jugement qu’on fera de nous, lorsqu’on s’inquiète de l’avenir, on a peur de ne pas réussir, de la maladie, de la mort. L’éducation doit libérer de la peur.

Lorsqu’on a peur, plutôt que de comprendre sa cause, on la fuit en recherchant la sécurité. On la trouve dans l’imitation d’autrui, dans la soumission à l’autorité (parents, états, institutions). Ainsi s’édifient des systèmes.

Pour ne plus avoir peur, il ne faut pas la fuir par des lectures, des loisirs, mais la comprendre. Apprendre à se connaitre. Prendre conscience du pourquoi de ses désirs, du conditionnement de la famille, de la tradition, de la société, de la religion. Pour découvrir la vérité, on ne doit pas se laisser influencer par qui que ce soit.

Lorsqu’on aura compris la peur, on verra la vérité et non une image filtrée et déformée par les croyances, les idéologies, l’ambition. Alors naitra un monde nouveau, sans guerre, sans violence, avec l’amour.

L’amour est un sentiment de sympathie qui n’exige rien en retour. Il est difficile à saisir parce que nos vies sont creuses et que dans l’amour ordinaire, se cache la recherche de la sécurité. Il est souvent un rapport de dépendance ou de possession. On est trop préoccupé de ses travaux, de ses désirs, de ses connaissances, de ses succès, pour aimer. La pensée est un instrument de comparaison et supprime l’amour. Le sentiment du moi est le centre de la pensée.

Pour trouver l’amour, il ne sert à rien de fuir la pensée. Il faut prendre conscience de la faculté de penser. Être à l’écoute, sans filtre. Un silence intérieur se produit. L’amour permet de saisir la vérité.

La paix ne peut venir de l’esprit mais du cœur. Les mots, les idéologies, les systèmes, les religions empêchent l’esprit d’être libre. Seule la liberté et la disponibilité peuvent faire découvrir la vérité.

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2 Réponses

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  1. Vraiment bien ce texte ! Merci de m’avoir fait découvrir ceci.

    « L’éducation, c’est vivre », comme disait A.S. Neil.

    Bonne continuation à vous !

    Erual

    10 juin 2009 at 20:01

  2. Bonjour Erual, ton site à l’air bien intéressant aussi à première vue !

    Le texte est en fait un montage de texte.
    Quant à Jiddu Krishnamurti, il s’y connaissait en liberté !

    Bien à toi.

    Laurent lun

    10 juin 2009 at 20:08


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