anarchie pour l'évangile !

[Repères] : Outillages stoïciens (1)

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Les stoïciens, véritables précurseurs de l’esprit évangélique, enseignent la liberté fondamentale : celle qu’aucune prison ne peut mettre à l’arrêt.  Et nous parlent de la divinité comme s’ils la touchaient du doigt. Les deux aspects étant sans aucun doute liés…

La philosophie stoïcienne, toute tournée vers la pratique et l’existence, est également marquée par son cosmopolitisme. Les hommes sont une manifestation de l’esprit universel et doivent par conséquent vivre dans un rapport d’amour fraternel et d’entraide mutuelle. Avant l’essor du christianisme, les stoïciens reconnaissent et préconisent la fraternité entre les hommes et l’égalité naturelle de tous les êtres humains, y compris entre les hommes et les femmes.

Voici quelques paroles choisies d’Epictète, l’esclave… libre  ; paroles extraites des Entretiens :

« Que puis-je faire, moi vieux et boiteux, si ce n’est de chanter la gloire de Dieu? Si j’étais rossignol, je ferais le métier de rossignol; si j’étais cygne celui d’un cygne; je suis un être raisonnable; il me faut chanter Dieu. Voilà mon métier, et je le fais, c’est mon rôle à moi, que je remplirai tant que je pourrai : et je vous engage tous à chanter avec moi. »

De quoi te plains-tu ? La divinité t’a donné ce qu’elle avait de plus grand, de plus noble, de plus royal et de plus divin, le pouvoir de faire un bon usage de tes opinions, et de trouver en toi-même tes véritables biens. Que veux-tu de plus ? Sois donc content, remercie un si bon père, et ne cesse jamais de le prier.

Nous craignons tous la mort du corps ; mais la mort de l’âme, qui est-ce qui la craint ?

Tout ce qui arrive dans le monde fait l’éloge de la Providence. Donne-moi un homme ou intelligent ou reconnaissant, il la sentira.

Si la divinité avait fait les couleurs, sans faire également des yeux capables de les voir et de les distinguer, à quoi auraient-elles servi ? Et si elle avait fait les couleurs et les yeux sans créer la lumière, de quelle utilité auraient été les couleurs et les yeux ? Qui est-ce donc qui a fait ces trois choses les unes pour les autres ? Qui est l’auteur de cette alliance si merveilleuse ? C’est la divinité. Il y a donc une Providence.

L’homme dans cette vie doit être le spectateur de son essence et des ouvrages de la divinité, son interprète et son panégyriste. Et toi, malheureux, tu commences et tu finis par où les bêtes commencent et finissent, tu vois sans sentir. Finis donc par où la divinité a fini en toi. Elle a fini en te donnant une âme intelligente et capable de la connaître. Sache donc t’en servir ; ne sors point de ce spectacle si admirable, sans avoir fait que l’entrevoir. Vois, connais, loue, bénis.

Nous sommes composés de deux natures bien différentes : d’un corps qui nous est commun avec les bêtes, et d’un esprit qui nous est commun avec les dieux. Les uns penchent vers cette première parenté, s’il est permis de parler ainsi, parenté malheureuse et mortelle. Et les autres penchent vers la dernière, vers cette parenté heureuse et divine. De là vient que ceux-ci pensent noblement, et que les autres, en beaucoup plus grand nombre, n’ont que des pensées basses et indignes. — Que suis-je, moi ? Un petit homme très malheureux ; et ces chairs, dont mon corps est bâti, sont effectivement très chétives et très misérables. — Mais tu as en toi quelque chose de bien plus noble que ces chairs. Pourquoi, t’éloignant donc de ce principe si élevé, t’attaches-tu à ces chairs ? Voilà la pente de presque tous les hommes, et voilà pourquoi il y a parmi eux tant de monstres, tant de loups, tant de lions, tant de tigres, tant de pourceaux. Prends donc garde à toi, et tâche de ne pas augmenter le nombre de ces monstres

L’attention est nécessaire à tout, jusque dans les plaisirs même. As-tu vu quelque chose dans la vie où la négligence fasse qu’on s’en acquitte mieux ?

Il est impossible que je ne commette pas des fautes, mais il est très possible que j’aie une attention continuelle pour m’empêcher d’en commettre. Et c’est toujours beaucoup que cette attention non interrompue en diminue le nombre, et nous en épargne quelques-unes.

Quand tu dis que tu te corrigeras demain, sache bien que c’est dire qu’aujourd’hui tu veux être impudent, débauché, lâche, emporté, envieux, injuste, intéressé, perfide. Vois combien de maux tu te permets. – Mais demain je serai un autre homme — Pourquoi pas plutôt aujourd’hui ? Commence aujourd’hui à te préparer pour demain, autrement tu remettras encore.

Ne te décourage point, et imite les maîtres d’exercice, qui, dès qu’un jeune homme est terrassé, lui ordonnent de se relever et de combattre encore. Parle de même à ton âme. Il n’est rien de plus souple que l’âme de l’homme ; il ne faut que vouloir, et tout est fait. Mais si tu te relâches, tu es perdu ; tu ne te relèveras de ta vie : ta perte et ton salut sont en toi.

Secoue enfin le joug, et, délivré de la servitude, lève les yeux vers le ciel et dis à ton dieu : « Fais de moi désormais ce que tu voudras ; je ne refuse rien de tout ce que tu voudras m’envoyer, et je justifierai ta conduite auprès de tous les hommes. »

Il ne faut avoir peur ni de la pauvreté, ni de l’exil, ni de la prison, ni de la mort. Mais il faut avoir peur de la peur.

La première chose qu’il faut apprendre, c’est qu’il y a un Dieu, qu’il gouverne tout par sa providence, et que non seulement nos actions, mais nos pensées et nos mouvements ne sauraient lui être cachés. Ensuite il faut examiner quelle est sa nature. Sa nature étant bien connue, il faut nécessairement que ceux qui veulent lui plaire et lui obéir fassent tous leurs efforts pour lui ressembler, qu’ils soient libres, fidèles, bienfaisants, miséricordieux, magnanimes. Que toutes tes pensées donc, que toutes tes paroles, que toutes tes actions, soient les actions, les paroles et les pensées d’un homme qui imite Dieu, qui veut lui ressembler.

. Tu as perdu des biens, et tu regardes cela comme une grande perte, dont tu ne peux te consoler. Mais quand tu as perdu la fidélité, la pudeur, la douceur, la modestie, tu crois n’avoir rien perdu. Cependant, ces biens extérieurs, c’est une cause étrangère et involontaire qui nous les ravit, et il n’est honteux ni de ne pas les avoir, ni de les perdre. Et ces derniers, les biens intérieurs, nous ne les perdons jamais que par notre faute, et comme il est honteux et très malheureux de ne pas les avoir, il est aussi très honteux et très malheureux, quand on les a, de les perdre.

Personne ne peut être méchant et vicieux, sans une perte sûre et sans un dommage certain.

SI les dieux t’avaient donné en garde un pupille, tu en aurais soin, et tu ne laisserais pas gâter un si précieux dépôt. Ils t’ont donné en garde à toi-même ; ils t’ont dit : « Nous n’avons pas cru pouvoir te mettre entre les mains d’un tuteur plus fidèle, plus affectionné ; garde-nous ce fils tel qu’il est par sa nature ; conserve-le-nous plein de pudeur, de fidélité, de magnanimité, de courage, exempt de trouble et de passion. » Et tu te négliges ! Quelle infidélité ! Quel crime !

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Written by Observatoire situationniste

16 juin 2009 à 15:19

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