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Femmes courage en Iran

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Les membres du clergé iranien savent bien que les femmes menacent profondément leur autorité. Personne n’aurait assassiné Neda, cette jeune femme en blue-jeans  – manifestante paisible et sans arme – si sa simple présence dans la rue n’était pas une terrible menace.

Le rôle prépondérant des Iraniennes à travers l’histoire

Tous les commentaires sur les événements actuels en Iran soulignent le rôle prépondérant joué par les femmes dans la quête de justice et de liberté. Elles ont été à l’avant-garde des luttes démocratiques depuis le début du XIXe siècle, que ce soit lors de la Révolution constitutionnelle de 1905 à 1911 ou des grandes manifestations contre le régime du Chah, mis en place par la CIA et soutenu par les États-Unis jusqu’à sa chute en 1979. Elles étaient au premier rang en 1978 lors de la manifestation du vendredi noir où l’armée du Shah a tiré sur les manifestant-es faisant des milliers de victimes. Elles ont été les premières, quelques mois après le retour de Khomeiny en Iran, à l’occasion de la célébration du 8 mars, à révéler la nature du nouveau régime quand des miliciens islamiques leur ont lancé de l’acide au visage et les ont attaquées avec des barres de fer. La République islamique, qui n’a pas grand-chose de républicain, leur a, dès le début de sa dictature, imposé le port du voile et la soumission absolue à l’ordre patriarcal.

Les Iraniennes ne possèdent aucune autonomie juridique, même si elles forment 60% des effectifs universitaires. Elles doivent demander à leur père ou à leur mari l’autorisation d’étudier, de travailler, de voyager. Si elles entrent sur le marché du travail, peu d’entre elles voient leurs compétences reconnues. On a évincé Shirin Ebadi, prix Nobel de la paix, de son poste à la Cour suprême et refusé toutes les candidatures féminines à la présidence. Parvin Ardalan, récipiendaire du prix Olof Palme, a été empêchée de se rendre en Suède pour y recevoir son prix par la République islamique d’Iran à qui elle a répliqué : « Je suis fière d’être une femme séculière et d’appartenir à un mouvement féministe dont l’histoire témoigne d’une centaine d’années de lutte et de résistance pour que nous, les femmes, accédions à nos droits. »

La polygamie est autorisée et le divorce est difficile sinon impossible pour beaucoup de femmes, alors que leur mari n’a qu’à répéter trois fois « je te répudie » pour qu’elles le soient. Leur témoignage vaut la moitié de celui d’un homme et, en cas de viol, elles ont peu de chance d’être crues et s’exposent à être condamnées à la lapidation pour adultère ou violation de la charia. Elles subissent quotidiennement les violences des brigades de la moralité qui les forcent à respecter la tenue vestimentaire islamique, à porter le voile pour dissimuler le moindre cheveu et à se couvrir des pieds à la tête d’une longue veste beige ou noire.

En 2006, elles ont lancé la pétition Un million de signatures pour le changement des lois discriminatoires envers les femmes en y formulant les conditions nécessaires pour créer une véritable égalité des droits. La campagne Un million de signatures, récipiendaire du Prix Simone de Beauvoir en 2009, que le régime islamique cherche à bloquer dans tous les sites qui l’hébergent à travers le monde, a valu à nombre de celles qui la propagent et la défendent d’être fouettées et emprisonnées. Comme des millions d’Iraniens , les femmes qui luttent pour la démocratisation du régime ont passé le cap de la peur en voyant l’État intégriste nier aussi brutalement leur vote et leurs droits. Plus rien ne saurait les faire reculer, elles ont tout à gagner du changement.

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L’avocate Sherin Ebadi, prix Nobel de la paix 2003 mène son combat à l’international mais aussi auprès des femmes de Téhéran.

 » Les femmes iraniennes sont terrorisées. Nous sommes confrontées à des lois discriminatoires ainsi qu’aux violences domestiques. Ces lois constituent le principal problème. Si elles étaient équitables, la violence diminuerait. C’est pourquoi nous accordons la priorité au combat contre les textes discriminatoires. « 

Ce qu’elle dénonce avant tout, c’est l’interprétation patriarcale du Coran faite par les autorités iraniennes.  » Nous nous efforçons de démontrer que l’Islam n’est pas hostile aux femmes. Nous vivons dans une culture patriarcale opposée aux femmes et dominée par une interprétation incorrecte de l’Islam. Vous savez, la plupart des hommes dénonceraient toute interprétation féministe, mais ce n’est pas important, nous devons poursuivre notre action même si cela nous met en danger. Nous devons relever le défi, je sais que ce ne sera pas facile, mais c’est notre tâche. « 

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