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Vie et poésie

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La poésie est une dictée libre –
elle n’obéit qu’à l’esprit, pour faire danser la lettre.

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L’essence de la poésie dite par Armel Guerne :

Un ciel, une maison, une femme.

Puis le ciel diminue, la maison devient un building, la femme disparaît. La terre, toute conquise, devient une énorme entreprise, une usine formidable, un instrument fatal de spéculation.

(…)

Un grand poète, c’est quelqu’un qui vient. Quelqu’un a qui il a été donné de tenter quelque chose, dans la mesure de l’impossible, pour approcher. De soi, de vous, de Dieu : un frère humain.

(…)

La joie que j’ai habite où elle habite, et chante dans l’éternité, aucune tristesse ne peut l’abattre, lorsque même je suis, moi, abattu de tristesses. La joie que j’ai habite mes tristesses et son sourire brille au fond de mes larmes.

(…)

Le bonheur, aujourd’hui, doit être immense pour exister. Uniquement exister. Face au désastre. Il ne peut plus se contenter seulement d’être heureux. Il lui faut, avant tout, pouvoir en supporter le poids. Le soulever. Le poids du monde et le poids du temps. Avant de naître. Pour n’être pas une insulte au malheur du monde.

(…)

Le bonheur est devenu notre bien le plus grave et le plus menacé, le plus précieux et le plus rare : le seul foyer incandescent de l’espérance. Une image du ciel et son appel. Sinon la chair est morte et la terre épuisée, le monde fossoyé.

(…)

La création poétique ne commence en réalité qu’en cessant d’être un jeu littéraire pour reposer sur une expérience hardie où l’être tout entier se risque en risquant son poème, où l’écriture est une forme capitale de la vie.

(…)

Il y a en nous quelque chose qui sait.

(…)

On choisit son ciel, mais on subit son enfer.

(…)

Comme il n’y a plus rien dans l’histoire des hommes, à quoi puisse tenir l’esprit, ou le cœur, je m’attache aux saisons, pourtant déjà bien compromises elles aussi, mais dont il reste comme une trace parfois encore dans les jours de l’année.

(…)

Il n’y a que deux sortes de poésie : la poésie de quête et d’assaut, qui vit jusqu’à la fin à la recherche de l’enfance. (On reconnaît dans celle-là tous ceux qui n’ont pas eu de mère, soit qu’elle ne fut pas là, soit qu’elle fut méchante. Baudelaire – Rimbaud – tous les « spirituels.) Et la poésie de nostalgie, qui la prolonge jusqu’à la mort, celle de Rilke, par exemple.

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Written by Observatoire situationniste

6 juillet 2009 à 09:39

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