anarchie pour l'évangile !

« Troque le factice qui semble t’appartenir pour le réel que tu es. »

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Le superflu provient du nécessaire et l’épuise.

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Prix élevé pour l’acquisition incertaine de la connaissance des besoins véritables de l’homme, le superflu nous ruine, dévaste la terre.

Je ne pense pas au petit superflu sympathique, fenêtre de répit entre deux nécessités,

Ce superflu léger détend.

Un instant glisse entre rien et néant.

Je pense au superflu lourd des armées, des nations, au luxe insolent, aux yachts, aux jets privés, aux manifestations futiles et corrosives du pouvoir et de l’argent, du pouvoir de l’argent et de l’argent du pouvoir.

Ha si l’on se débarrassait rien que de l’armement, imaginez le gain fabuleux !

Transformer toutes forces destructrices en actions réparatrices.

Je crois que l’on tient là un super filon d’énergie pure.

Il suffit d’éveiller l’esprit des exploitants, de modifier la direction et le sens du vecteur.

Je me réfère principalement ici au superflu épais, gras, pesant, ravageur.

L’hyperflu qui gangrène nos ressources, aux antipodes du petit rien plaisant.

L’hyperflu engendre un double manque : celui paradoxal de l’inutile pour certains s’il vient à faillir et le manque, pour beaucoup, du nécessaire qu’il dévore.

L’hyperflu résulte curieusement du manque et l’engendre.

L’armement provient de l’absence d’amour et d’intelligence.

L’inexistence de la paix résulte de cette double tare qu’on ne distingue qu’à la lueur tragique de ses funestes conséquences.

Contre qui s’arme-t-on sinon nous-mêmes ?

Qui détruisons-nous sinon nous-mêmes ?

Où sont les méchants martiens, les plutoniens sanguinaires, les fourbes et cruelles vénusiennes ?

Comment percevoir une absence autrement que par ses effets ?

Cette situation plonge l’humanité entière dans un état de stress guerrier et de tensions meurtrières qui s’auto-justifient et crédibilisent, puisque que nous manquons de l’indispensable, l’arsenal mondial.

Ainsi le trop peu d’amour engendre l’hyperflu ; la tumeur militaire à l’aide d’autres malignités, distillent dans nos esprits, leurs fausses raisons d’être et formatent les sociétés de manière à conserver indéfiniment leurs positions dominantes.

L’hyperflu provient du manque et l’engendre.

La force armée d’une nation éclaire la faiblesse, donc le besoin, de force armée chez son voisin et comme la terre est un village…….

L’obligation fausse d’inverser ce rapport de force induit la très dangereuse, la très périlleuse course aux armements.

L’attrait morbide et fantasque de pouvoirs fantoches pour un pouvoir fantôme.

A quand ce sentiment de fausse obligation pour remplir le vide d’amour entre le ciel et nous ?

Tant qu’à faire, s’il faut être abusé, autant que ce soit d’espérance.


Le besoin de sécurité engendre l’insécurité.

Le besoin de possession engendre l’insatisfaction.

Le besoin de pouvoir engendre l’impuissance.

Le besoin de force engendre la faiblesse.

La nécessité de boire engendre la soif, celle de manger la faim.

Le besoin de croire engendre le doute.

Le besoin d’hyperflu engendre la misère


L’hyperflu, révèle souvent, des gouffres intérieurs que nous tentons, Sisyphe modernes, de combler par une débauche perverse du cycle production consommation nécessité.

L’avoir confère un être illusoire.

Etre et avoir, deux pôles d’un même espace.

Un déficit d’être engendre un excès d’avoir.

Ainsi l’être ne vit pas sa réalité fondamentale .

Il existe en surface par le biais de ce qu’il suppose posséder.

La masse de l’avoir peut le submerger jusqu’à le faire disparaître, le confondre avec les objets qui le composent.

Je suis garé au troisième sous-sol.

Non mec, c’est ta voiture qui est garée au troisième sous-sol, pas toi.

L’excès d’être produit une résorption de l’avoir, un détachement, une distance.

Celle du locataire respectueux qui bénéficie de l’utilisation sans s’alourdir sur la possession.

Pour l’être point d’excès ni de limites.

Il remplira toujours adéquatement l’espace spirituel qu’il est capable d’investir et dans ce domaine, les champs des possibles sont infinis et non gravitationnels.

L’être n’étouffe pas l’avoir car l’être sait ce qu’il doit à la matière.

Ainsi l’être dirige sa force.

Dégagé des contingences il s’ajuste à l’univers qu’il revêt comme un habit de fête.

La sobriété heureuse telle que la décrit Pierre Rabhi s’apparente à la joie simple et consciente.

Socialement c’est une forme de satyagraha*, une voie individuelle vers l’allègement qui insensiblement fraye son chemin parmi nous, semant ça et là ses graines de bon sens.

Le renoncement à l’hyperflu nous restitue l’existence.

Sommes-nous des poubelles pour tant accumuler ?

A chacun de définir sa ligne de partage entre superflu et nécessaire, à chacun de faire son petit ménage.

"Tout doit disparaître" (Gérard Fromanger)


Le nécessaire vital, nourriture, habitat, vêtement, enseignement, culture, affection, santé, amour est potentiellement disponible, à nous de bien partager.

L’accaparement stérilisant des ressources par une minorité, au détriment du vital de l’humanité toute entière, creuse l’abîme des misères.

Que vaut une existence en dehors de l’amour ?

J’aime voyager léger, sans trop m’encombrer et pourtant, je m’encombre.

Le dépouillement volontaire s’accompagne indéniablement d’un accroissement de vie spirituelle.

Le dépouillement volontaire s’avère, lors de toute quête, plus qu’utile.

Abandonne tout et suis-moi, propose le christ au jeune homme riche.

Troque le factice qui semble t’appartenir pour le réel que tu es.

Le superflu prend souvent le visage de l’innovation quoique, comme le répète l’ecclésiaste, rien de nouveau sous le soleil et effectivement, rien ne change fondamentalement, les formes muent, c’est tout.

De la hache de pierre à la tête nucléaire l’homme marche et demeure de pierre, sauvage et imprévisible.

Egoïste, aveugle et sourd, constant dans sa profonde détresse, il compense son exil intérieur en entassant des encombrants sur le seuil de son horizon.

Le paradis dont il fut chassé n’est que le verger de son âme.

Dans ce verger l’eternel avait coutume de venir s’y reposer.

Son souffle et ses songes transfiguraient nos sens et perceptions, ses pas tranquilles dans le jardin de nos esprits imprimaient sur le sol poudreux de nos pensées la marque indélébile, miraculeuse et consolatrice de son éternité.

Les chats dit-on savent le chemin du retour.

Tout semble inutile voire nuisible, qui ne nourrit ce sentiment de paix et de lumière que nous sommes capables d’activer en nous.

Superfétatoirement votre

Laurent lautre

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* La satyagraha, un terme inventé par Gandhi pour désigner la “force de la vérité”, qui amène l’adversaire à réviser son point de vue et à reconnaître ses torts sans recours à la violence.

Étymologiquement le terme sigifie l’étreinte (graha) de la vérité (Satya).

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2 Réponses

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  1. « Il suffit d’éveiller l’esprit des exploitants »

    Mais leur esprit est éveillé et ils SAVENT très bien ce qu’ils font !

    Tatane

    5 septembre 2010 at 01:24

  2. « L’hyperflu provient du manque et l’engendre. »

    Tout est dit dans cette petite phrase : Dieu mort en nous.

    quelqu'unparmid'autres

    7 septembre 2010 at 12:15


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