anarchie pour l'évangile !

POUR EN FINIR AVEC LE CONSPIRATIONNISME

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Il n’est pas nécessaire d’exposer le mal qui ne nous a pas trouvé, sans quoi la valeur de l’action perd tout son sens, et l’on tombe dans un état de voyeurisme destructeur et débilitant, comme il n’est pas nécessaire de gratter une plaie sans cesse pour bien se confirmer que l’on a été blessé.

Pour en revenir à la prise en charge du chrétien d’annoncer et de vivre le Royaume des Cieux sur Terre dans l’action directe, il faut se rendre à l’évidence, pour lui, bénéficier d’une place publique où toute la communauté peut s’exprimer librement devient une nécessité.

Or, aujourd’hui, ce serait un mensonge de dire que ce lieu privilégié existe et fonctionne parfaitement dans la société actuelle. La place publique, où le peuple se rassemble pour décider, est occupée par quelque chose d’autre depuis longtemps.

Je veux bien-sûr ici parler de la télévision et de son mass-média propagandiste qui coupe toute volonté de débat et de questionnement essentiels, endors le travailleur, conditionne ses opinions et fabrique ses vérités. Les personnes n’ont pas même la liberté de poser des questions puisqu’on  y répond bien avant qu’elles n’aient eu la chance d’être posées. Il faut réaliser que c’est essentiellement de cette culture de Masse, de ce vide, imposé à tous, que ressort ce besoin pressant chez les gens de vouloir voir et comprendre les choses qu’ils savent dissimulées. C’est aussi le propre même de cette information insidieuse et uniforme de cultiver la peur chez la Masse, afin de la manipuler à sa façon. Mais, il ne s’agit toujours pas là de dite conspiration, c’est la nature de cette entreprise de faire paitre les brebis égarées là où les champs sont déserts. Pour que surtout, rien ne bouge.

Donc, c’est par ce malheureux mélange de désinformation cautionnée et de vulnérabilité de l’Humain dans sa quête de sens que naissent les théories du complot. Souvent, pour ne pas dire toujours, celles-ci égarent encore plus le public, le porte loin dans l’illusion de la vérité, car ces théories ne naissent pas sans un but premier, qui est souvent celui de diriger la faute des maux de l’Humanité sur des boucs-émissaires préalablement choisis avec minutie. Rien de ce que ces théories peuvent apporter ne mène au bonheur ou à une plus grande lucidité ; elles plongent les lecteurs encore plus profondément au sein de leur propre ignorance, ce qu’ils, la plupart du temps, ne prennent pas même la peine de réaliser

Sans le savoir, celui ou celle qui se nourrit à la conspiration entre dans le jeu malsain du régime de peur infligé par le mass-média et tombe dans un état paranoïaque subjectif où tout devient en lien avec la dite `conspiration´. En essayant de trop « savoir » qui est une ordure, ils oublient de rendre le bien au monde et participent en quelque sorte à son malheur en accordant trop d’attention à ce qui devrait être compris simplement et non remâché sans cesse, sans quête et sans sens.

On ne sort marqué de cet état d’esprit permanent qui tourmente interminablement qu’en réalisant la folie dans laquelle on s’est embourbé. Car, le Mal devient grand lorsqu’on se met à le chercher partout, le Mal devient lourd, trop lourd à porter. Ensuite, il faut réaliser qu’il y a déjà sa propre croix à porter et que c’est assez suffisant.

En me disant chrétien, il me fallait écouter d’abord la parole de Jésus, et ensuite la mettre en application. Cela, je l’ai appris à mes dépens, en voulant faire ma propre volonté d’action chrétienne, sans d’abord m’en référer à la parole de Jésus qui dit dans Luc 12 :

‘’Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu…’’

et il continue :

‘’Quand on vous mènera devant les synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz; car le Saint-Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire. ‘’

Car il faut se rendre compte que celui qui entre dans ces recherches apocalyptiques s’illusionne parfois à vouloir trouver le Salut par la voie de la connaissance en se disant que si il vient à connaître de fond en comble les ramifications du pouvoir qui agit en secret, il aura toutes les informations nécessaires pour distinguer le bien du mal dans cette société et donc, sera sauvé par ses propres moyens de discernement. Ou peut-être s’évertue-t-il à vouloir dénoncer haut et fort le Mal, ce qui nécessairement choquera l’esprit moyen et par conséquent, fera peut-être prendre conscience à certains de leur ignorance et de leur inaction. Mais, face à tout cela, parler exclusivement du Mal sans cesse, ne le réduit pas au néant, au contraire, cela le souligne en marqueur gras et cela surtout fait de plus en plus prendre conscience à l’individu de sa totale impuissance. Et c’est ce sentiment d’impuissance qui détruit le plus l’individu prisonnier du mirage qu’il s’est volontairement construit dans sa tête.

Les théories de la conspiration, non seulement prêtent à diriger la faute d’un mal sur un groupe de personnes, mais aussi mettent en place les structures psychologiques d’éventuels gourous. Par le fait qu’elles entrainent souvent sur de fausses pistes d’accusations et qu’elles encouragent la démonisation systématique de certaines minorités, ces leurres deviennent parfois une bonne affaire pour certains personnages avides d’assouvir leur propre vanité ou celle des autres. On peut facilement penser au nazisme et aux politiques d’extrême droite en général qui sont très friands de ce genre d’histoires louches qui ne valent pas cher pour venir prouver le complot quand on sait à quoi ces groupements aspirent au bout du compte. D’un autre côté, hélas, par ces exemples étonnamment pauvres en matière de concret, ces groupes extrémistes réussissent d’une certaine manière à laver le cerveau de nouvelles recrues subjuguées par l’éloquence des quart de vérité qu’ils viennent de se faire inculquer.

Étonnamment, pour les choses cachées, le téléspectateur avide de sensations fortes et de vérité ne se questionnera pas lorsque, un beau jour, les théories du complot lui seront présentées sur les grandes chaines populaires de nouvelles, ou même au grand écran.

À ce propos, absurde d’ailleurs, on peut rester estomaqué en réalisant à quel point le Da Vinci Code de Dan Brown  est entré au panthéon de la vérité conspirationniste en un éclair, synthétisant tous les mensonges accumulés sur Jésus Christ de Nazareth depuis quelques décennies. Il est évident que le succès énorme de ce roman est dû au fait que le public ait entendu ce qu’il voulait bien y entendre.

Alors, désormais l’Histoire SAIT grâce à Dan Brown que Jésus n’a pas été tel que le décrit les quatre évangiles. Mais surtout, le fait est que l’on suggère dans cette fiction une lutte spirituelle entre les bons adeptes du Nouvel-Age et la méchante Église infestée d’Illuminatis (vous venez de lire le mot magique). Si ce type de littérature en branche certains, tant mieux, mais il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit encore que d’un roman, donc d’une fantaisie, et que peut-être que quelque chose tente de manipuler les opinions en faisant croire au mensonge dirigé.

(Mais je ne voudrais surtout pas entrer dans ce cercle infernal et commencer à ébaucher une nouvelle théorie du complot par rapport aux théories du complot que je tente déjà de dénoncer.)…

Jusque là, ça va déjà pour le roman policier, mais par contre, comment croire dans un ordre de pensée conspirationniste, où tout est censé être caché et que l’information n’est censé apparaître qu’aux initiés, oui comment peut on croire les affirmations d’un pseudo-spécialiste théoricien du complot invité aux heures de grande écoute sur CNN?  Il faut admettre qu’il-y-a non-sens.  Il serait ici inutile d’en ajouter davantage ou de nommer des auteurs-conférenciers connus ou des adresses internet, cela ne ferait que leur donner de la publicité, et mon propos n’est surtout pas là dans le but de faire vous y intéresser plus qu’en surface.  Ce que je voulais plutôt faire ressortir, est le fait que les grandes lignes théoriques en matière de complot sont surtout divergentes sur une question, à savoir sur qui la faute du Mal est dirigée. Quand ce n’est pas les Juifs, ce peut être les Catholiques ou les Évangélistes, les mahométans, les homosexuels, les féministes, lagogauche, les ésotéristes, les banquiers internationaux, les sectes, les extraterrestres gris, ceux germaniques, les reptiliens, mais surtout, surtout les Illuminatis. Ce terme bien plus que galvaudé ne veut désormais plus rien dire, dommage s’il a déjà voulu désigner quelque chose de vérifiable.

Qui sont vraiment ces gens ? De cette ultime question mystère, nous n’en savons rien et encore nous ne voudrions pas le savoir, cela ne nous regarde pas de toutes façons. Il n’est rien de tel que de fabriquer des personnages imaginaires pour cultiver le régime de peur auquel les gens sont habitués, soit par ce qu’ils regardent et que tout le monde peut regarder, ou soit par des sites alarmistes et dépressifs qu’ils pensent être seuls à consulter.

Ils finissent par voir les ennemis partout, ils pensent tout à coup posséder la clé de l’énigme, ils ont enfin tout compris, ils se sentent sur écoute à cause de cela, ils sont surveillés depuis le 11 septembre, leur ligne internet est truquée, ils avertissent sur leur blogue que les informations qui y sont disponibles ne le seront plus encore pour longtemps, parce qu’elles sont vraies, bien sûr, et dangereuses pour le pouvoir établi.

Ils savent qu’on tente de les manipuler via des ondes dont ils ont du mal à expliquer le fonctionnement, ils finissent par installer un système de surveillance par caméra autour de leur résidence, rangent tout, surtout les dossiers importants, dans un coffre fort dont ils ne sont même pas sûr d’être les seuls à connaître la combinaison.

La nuit ils dorment avec un casque de métal réfléchissant pour ne pas se faire griller le cerveau pendant leur sommeil par les ondes furtives énigmatiques. Ils savent qu’on nous cache des choses sur les extraterrestres et que bientôt les autorités n’auront plus le choix de dévoiler les `secrets`, sans se douter vraisemblablement que c’est probablement  exactement ce qu’il leur est permis de penser pour l’instant.

Les théories de la conspiration ont aussi cette fâcheuse manie de pousser les personnes qui en sont victimes à vouloir prédire des événements dans l’actualité politique, on les appelle les prophètes de malheur. Le drame d’horreur se construisant, la personne aura tellement la conviction qu’elle a raison, à cause de ce qu’elle a lu, de sa connaissance, qu’elle ira même jusqu’à vouloir voir se produire les événements horribles qu’elle a prédite, simplement pour avoir eu raison. Heureusement, lorsque ce qui était prédit n’arrive pas, les disciples auront beaucoup moins tendance à écouter religieusement l’illuminé, mais cela ne doit pas rester sans causer de torts au faux-prophète en question qui doit être rempli de nostalgie.

Mais il y a aussi dans tout ce bataclan de spéculations, celles sur le « Nouvel Ordre Mondial »  toujours sensé venir très bientôt. Plusieurs avant-gardistes déjà annonçaient sa venue pour 1986. Dans les années quatre-vingt dix, on attendait déjà sa venue au Québec tout de suite après le referendum de 1995.

Est venu ensuite s’ajouter la peur du bogue de l’an 2000, avec la gamme des théoriciens de la crise qui allait suivre et leurs importantes précautions à prendre pour survivre à ce retour soudain au grand âge des ténèbres. De nos jours, ce n’est pas si différent. On ne fait désormais plus à Hollywood de la science-fiction projetée très loin dans le futur.

Non, Apocalypse 2012 : le film, quoi de mieux pour vous foutre la trouille en 2009 ? Ils auraient aussi bien pu appeler ça : « Il reste juste trois ans avant que ça pète bande de trouducs ». Plus sérieusement, ce film s’inspire d’une interprétation du calendrier Maya. Cette théorie de la fin des temps s’est répandue sournoisement dans notre réalité depuis, je dirais, les années quatre-vingt dix et est maintenant devenue une réalité scientifique pour plus d’un « croyant ».

Mais en réalité, il s’agit ici d’une légende que certains courants du Nouvel-Âge se sont appropriée. En effet, José Arguelles, dans son livre intitulé Le facteur Maya (1987), expose le premier cette spéculation qui fit grand éclat la même année à la convergence harmonique (allez voir ce que c’est ça). Wikipédia donne d’autres précisions :

‘’Ces interprétations, qui relèvent de la pseudo-science, prévoient que cette échéance apportera des changements importants, voire pour certains d’entre eux, la fin du monde actuel et sa transformation en un monde nouveau. Bien que la recherche scientifique situe la prochaine inversion plutôt à l’an 4000, une inversion du champ magnétique de la Terre est parmi les prédictions des Mayanistes les plus répandues pour cette date.

Un épisode (The Truth) de la série télévisée de science fiction X-Files s’est inspiré de ces idées : on y voit le mystérieux ‘‘Homme à la cigarette’’ annoncer à l’agent Mulder que les extraterrestres coloniseront la Terre le 21 décembre 2012. Le film 2012 de Roland Emmerich reprend également l’idée d’une fin du monde à cette date. ‘’ [i]

Mais quand même la série X-Files disait sa  part de vérité, et que tout se passait comme dans le remake de The day the earth stood still ou si M.Emmerich avait raison au bout du compte, quand cela sera arrivé, ce sera arrivé, alors le temps sera venu pour le chrétien de se fier à la sagesse de la révélation évangélique pour discerner la voie du salut. Mais, seulement à ce moment très précis, pas auparavant.

Très certainement,  le long métrage qui sortira en salle bientôt sera une merveille du 7ème art ; matière, effets spéciaux, tremblement de terre, surround, les météorites sur la gueule en 3D.

C’est que les gens doivent avoir peur pour apprendre comment il faut survivre, c’’est-à-dire, à titre d’exemple pertinent : partir habiter des bunkers souterrains en antarctique où les places sont limitées.

Par chance certains philanthropes sont généreux; ils organisent une loterie apocalyptique pour donner la chance à certains participants volontaires et à leur famille de rester vivants. Le billet pour le tirage lui, est à un prix exorbitant, mais si on s’en fie au calendrier Maya, ca vaut probablement le coup d’essayer. Mais qu’est-ce qu’ils vont aller faire sous la terre? ? Travailler dans une super société technocratique? Wow! Beau plan de survie. Allez savoir. Moi, ce film et surtout ce qui l’entoure me fait un peu peur, alors je décroche sur le champ.

La peur est sournoise, elle s’engendre de bien des façons, entre mass-média et spéculations, il en ressort bien cette petite morale positive : n’essayez pas de comprendre, car vous allez certainement avoir peur.

Je pourrais bien dresser un tableau plus complet du conspirationnisme, l’exposer sous tous ses angles, mais je n’en ai pas le temps et l’envie, je crois qu’en arriver à l’essentiel serait plus constructif et moins récurrent.

Je parlais au tout début de foncer tête première dans notre liberté sans se soucier de prime abord de ce qui pourrait nous arrêter, et ensuite si quelqu’un ou quelque chose  veut faire en sorte que l’on ne puisse pas jouir pleinement de cette liberté, là, il ne faudra pas se soumettre, mais rendre témoignage.

Conspirationnistes, pendant que vous êtes à la recherche du complot, quel bien faites-vous pour le monde qui a tant besoin de votre lumière ? Que bâtissez-vous de positif pendant ce temps consacré à la mort ?

La vie ne vous surgit pas en plein visage en toilettant la mort.

Pasteur Gustave Pascal , août 2009

(texte adapté pour le site Anarchie évangélique, avec nos remerciements)

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[i] En ligne, http://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_Maya

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31 Réponses

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  1. Ce texte sous-entend implicitement que le tenant de la théorie du complot ne se consacre pas, dans le même temps qu’il redoute le pire, à la sauvegarde de la société telle qu’elle devrait être.

    C’est tout simplement faux.

    Escape

    20 octobre 2009 at 09:31

  2. Et bien à mes yeux en tout cas, ce texte un peu provocateur mais fraternel est un excellent garde-fou contre maints délires et dérives liés au « complot » et un beau rappel à l’essentiel :
    « … le Mal devient grand lorsqu’on se met à le chercher partout, le Mal devient lourd, trop lourd à porter. »

    Ou encore,
    « Ecoutez ! Les ténèbres sont mortes,
    elles ne vivent pas, elles ne changent pas.
    Ce qui est ténèbres est ténèbres.
    Il n’y a pas plus ténébreux que le ténébreux.
    Les ténèbres ne peuvent croître,
    seule la lumière peut faiblir
    . »
    Dialogues avec l’ange.

    Laurent l'un

    20 octobre 2009 at 09:51

  3. Admettons que les conspirationnistes ne fassent pas grand’chose pour éviter le pire. Dans ce cas, l’argument est réversible car on pourrait en dire autant, mettons, des pélerins d’Arès !

    Ceci prouve bien que cet article est une sorte de debunking.

    Escape

    20 octobre 2009 at 10:22

  4. ça alors !

    Qu’est-ce que c’est que ce dénigrement complètement gratuit (et très mal informé visiblement)?

    Je ne suis pas « pèlerin d’Arès », mais je sais leur patient et courageux travail, sur eux-mêmes comme sur le monde, et je ne vois pas ce qu’ils pourraient faire de plus ou de mieux.

    C’est la première fois que quelqu’un vient ici dénigrer – sans le moindre élément, bof à quoi bon ? – ce mouvement de foi libérateur !

    Tu fais quoi toi ?

    Laurent l'un

    20 octobre 2009 at 10:34

  5. Il ne s’agit pas de dénigrement, Laurent. Mais dire des conspirationnistes qu’ils n’agissent pas dans le monde, donc que leur thèse est nulle, c’est stupide et réversible comme argument, car on peut en dire autant, avec beaucoup de mauvaise foi je te le concède, de n’importe quel groupe humain.

    Escape

    20 octobre 2009 at 10:42

  6. J’ai vu plus de richesses, et de nuances dans ce texte que ce que tu en retiens :

    « [Les conspirationnistes] n’agissent pas dans le monde, donc leur thèse est nulle ».

    Et pas mal d’ouverture(s) aussi.

    Bref, un essai stimulant !

    Bien fraternellement.

    Laurent l'un

    20 octobre 2009 at 10:46

  7. A mon avis, évaluer le psychisme des conspirationnistes est une entreprise risquée et qui donne lieu à trop de manipulation potentielle. Il est plus intéressant d’examiner les données objectives, comme la nature des sciences cognitives, des nanotechnologies, des formes de répression…

    Escape

    20 octobre 2009 at 12:03

  8. Au fait, une petite précision, l’auteur, qui s’exprimera peut-être aussi dans les commentaires, n’est pas pèlerin d’Arès (s’il connaît ce mouvement naissant, ce que j’ignore), mais de sensibilité anarchiste chrétienne.

    Laurent l'un

    20 octobre 2009 at 14:50

  9. Très bien, je le note. Mon avis est qu’il est raisonnable de se demander quel dessein peuvent servir les avancées technologiques récentes (nanotechnonologies, sc. cognitives, méthodes de propagande, psychologie sociale, canons anti-manifestants, etc.). Dans ce domaine, il vaut mieux pécher par excès de prudence.

    Escape

    20 octobre 2009 at 15:10

  10. bonjour,
    je lis vos commentaires, c’est intéressant de voir que le sujet fait réagir, c’était le but.

    Ce que je déplore du domaine conspirationniste, en gros, c’est que cela prend une ampleur démesurée, et que les gens sont portés sur la voie de la connaissance avant de mettre en application la règle d’or, ce qui ne manquerait sûrement pas d’apporter une véritable révolution sociale, pensez-y.

    pour répondre à escape sur les avancées technologiques, a-t-on vraiment besoin d’un dessin?

    quand on te propose la sécurité, ca veut dire le contrôle

    ce que je déplore encore du conspirationnisme, c,est que pour plusieurs, les méchants «illuminatis» ont «infiltré» le «bon» gouvernement comme à Hollywood
    alors que de tous temps, le pouvoir dit «vous êtes avec ou contre nous», ce qui ne laisse pas grand choix lorsque nous voulons la paix et que nous ne voulons en rien participer à leur guerre de pouvoir

    et je pense que précher l’Évangile nu est une action efficace, mais que de surfer les pages bilderbergs, c’est de la merde (demandez à Ashtar Command ou à Alex Jones)

    pasteur gustave pascal

    20 octobre 2009 at 15:39

  11. @ Pasteur Gustave Pascal,
    excusez le retard à la publication de votre commentaire, retard dû à un filtrage erroné du système de protection de l’hébergeur.
    Cela arrive de temps à autre, indépendamment de ma volonté !
    Sinon, en principe, les commentaires sont publiés immédiatement.

    @ Escape,
    Les avancées du savoir humain peuvent servir de beaux desseins comme les pires, tout dépend essentiellement de qui les manie et dans quel but.
    Là on est mal engagés certes…
    Mais ce n’est pas du fait « des avancées technologiques » (drôles d’avancées que celles que tu listes), mais plutôt celui de l’immense régression spirituelle, qui rend l’usage du savoir purement avide.
    Chaque éveil spirituel vrai, existentiel, fait plus de bien et plus pour le bien du monde que chercher dehors le « coupable ».
    Je rejoins l’auteur sur ce point fondamental.
    Tant qu’il y aura chefferie(*) entre humains, donnez-nous du miel, nous en ferons du venin.
    Je rejoins également l’auteur sur ce point fondamental.
    Quand l’amour sera assez intense et partagé, même le plomb de nos têtes se convertira à l’or de la Lumière.
    C’est plus qu’une Promesse,
    nous en avons l’Exemple à portée de vie.

    (*) Je découvre, en vérifiant ce mot, qu’au Québec, d’où nous écrit l’auteur, le terme « chefferie » est utilisé pour désigner la tête (d’un parti politique).
    CQFD.

    Laurent l'un

    20 octobre 2009 at 20:33

  12. Lieu commun : un couteau ne pense pas, il peut servir à couper un gateau aussi bien qu’à assassiner. OUI MAIS certaines inventions sont mal intentionnées quel que soit le contexte. Donc, non à Laurent.

    Escape

    22 octobre 2009 at 23:07

  13. Je suis bien d’accord avec ceci Escape ;
    « certaines inventions sont mal intentionnées quel que soit le contexte« ,
    mais :
    1) cela ne contredit pas la perspective résumée plus haut (« Chaque éveil spirituel vrai, existentiel, fait plus de bien et plus pour le bien du monde que chercher dehors le “coupable”. »);
    2) il s’agit d’un tout autre débat (la neutralité relative de la technique, Ellul, etc.), passionnant et qui attend l’humanité face à son héritage technique et technologique ;
    que peut-on conserver en l’état,
    que peut-on détourner de son usage,
    que doit-on supprimer ?

    Les réponses seront fonction des besoins communs à un moment donné… et de l’état d’avancement de la sagesse du peuple…

    Laurent l'un

    22 octobre 2009 at 23:32

  14. Certaines inventions sont mauvaises en soi, et d’autres, potentiellement bonnes sont mal utilisées. Et dire cela, c’est bel et bien reconnaître qu’il y a des usagers mal intentionnés. Mentionner l’égarement et porter à l’éveil ne sont pas antagonistes.

    Escape

    22 octobre 2009 at 23:47

  15. « Mentionner l’égarement et porter à l’éveil ne sont pas antagonistes. »

    Oui, après, tout est affaire de mesure il me semble ; que la « mention » ne tourne pas à l’obsession, que « l’éveil » n’aveugle pas (sur la réalité des « avancées technologiques » du malheur).

    Mais regardons bien le monde partout,en nous et juste autour de nous et nous verrons que les mauvaises inventions forment bien un obstacle au développement du Bien, mais sont loin, très loin d’être le seul obstacle.

    Laurent l'un

    24 octobre 2009 at 00:27

  16. Le fait que tu te soucies d’abord de l’incidence de la croyance en la réalité des Bilderberg sur la capacité d’action du militant… AVANT de te soucier de la vérité (ou non) de cette croyance
    démontre à mon avis que ton option philosophique est erronée. C’est en toute affaire la question de la vérité qui prime.

    Escape

    24 octobre 2009 at 20:00

  17. Je n’ai pas bien compris, mais je cosigne :

    « C’est en toute affaire la question de la vérité qui prime. »

    La Vérité, c’est que le monde doit changer.
    (évangile donné à Arès, Veillée 28)

    Laurent l'un

    24 octobre 2009 at 20:06

  18. Je mets en cause la formulation de Pasteur G Pascal : « surfer sur les pages bilderberg c’est de la merde ». La formulation est pernicieuse car l’emploi du terme « surfer » laisse entendre une attitude intellectuelle et militante passive. Posséder la vérité sur cette question, comme sur n’importe laquelle, ne peut pas « être de la merde ».

    Escape

    24 octobre 2009 at 22:27

  19. En tapant « bilderberg » dans « recherche actualités » sur Google, je tombe sur un papier sur Agoravox, où il est écrit :

    « Le groupe Bilderberg (Franc-Maçonnerie), avec le partenariat de l’ONU, de l’OMS etc .., censé décider pour le bien de l’humanité pense que la solution est la dépopulation et s’apprête à organiser sa solution finale sur nos propres enfants, juste pour détenir le pouvoir sur l’humanité !!!  »

    Je confirme les réserves du pasteur gustave pascal sur les déformations, exagérations, diabolisations de ce genre de propos, quand même légèrement excessifs, mais visiblement très sûrs de détenir La clé des maux du monde,
    ou encore de « posséder » la vérité.

    La remarque du pasteur gustave pascal est certes également excessive, mais j’y vois juste de l’agacement, le fond du propos, encore une fois, est clair :

    « pendant que vous êtes à la recherche du complot, quel bien faites-vous pour le monde ?  »

    Le principal complot à déjouer est celui que chacun entretient en lui-même avec sa propre propension au mal.

    Cherchez premièrement le Royaume
    parce que cela seul mettra un terme décisif, définitif, à tous les mensonges et à toutes les dominations.

    Laurent l'un

    24 octobre 2009 at 22:44

  20. Tu as beau jeu de dénoncer la paresse intellectuelle propre au « surf bilderberg », puisque la démarche que tu as mise en oeuvre (taper un mot dans Google et te laisser influencer par la première page venue) est à l’opposé de ce que je préconise :
    à savoir fouiller les ressources avec soin et se forger un jugement sur la base de recoupements soigneux.

    Ce que ne semble pas comprendre davantage notre camarade pasteur…

    Escape

    24 octobre 2009 at 23:48

  21. Cher Escape, « la démarche que j’ai mise en oeuvre » en cherchant les références à « bilderberg » dans l’actualité ne devrait pas t’influencer à croire que c’est la seule démarche que j’ai jamais faite sur le sujet,
    et moins encore l’auteur du texte,
    qui a pris visiblement soin de mener une enquête fouillée.

    Encore une fois, « tout est affaire de mesure il me semble ; que la “mention” ne tourne pas à l’obsession, que “l’éveil” n’aveugle pas (sur la réalité des “avancées technologiques” du malheur) »
    Ce sur quoi nous pourrions peut-être nous entendre ?

    Laurent l'un

    25 octobre 2009 at 06:33

  22. Nous pouvons également nous entendre sur ceci : les valeurs sociales individualistes et égocentrées de cette société sont telles qu’il est impossible à l’homme du commun de se dire que des centres de pouvoir puissants puissent le manipuler à son insu !

    Une telle vérité est à ce point insupportable que le mental humain la bombarde de mesures immunitaires, afin de ne pas la prendre en compte — y compris quand pourtant elle est prouvée de manière irréfutable.

    Escape

    25 octobre 2009 at 13:26

  23. En essayant de poursuivre dans cette optique :

    Dans la société spectacularisée, nous nous voyons « citoyens avertis », « électeurs avisés », juges de tout, surtout des autres bien sûr. C’est la fausse conscience.

    A un stade plus « avancé » (comme tu dis) des nouvelles techniques de manipulation, l’individu non seulement se voit « libre » et « éclairé », mais perçoit la réalité de la même manière : « ne vivons-nous pas dans le meilleur des mondes possibles ? »
    La réalité est gommée in situ : c’est ce qu’on appelle la scotomisation du réel.

    Mais le stade ultime de la manipulation est atteint, il me semble, lorsque celle-ci s’est pour ainsi dire intégrée à l’existence la plus intime des individus.

    Arrivés là, les spectateurs ont fusionné avec le spectacle, chacun est devenu son propre « centre de pouvoir puissant », et quelque chose comme « l’âme » n’a littéralement plus lieu d’être, n’ayant littéralement plus de « lieu » pour être.

    C’est à mon sens, et de très loin, la plus grave menace qui pèse sur l’humanité aujourd’hui,
    comme de tous temps :

    Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est en se perdant lui-même ?, Luc 9/25

    Laurent l'un

    25 octobre 2009 at 14:54

  24. Le caractère gérable du réel dépend de l’existence de catégories bien tranchées assurant l’interopérabilité.

    Malheureusement, le développement des techniques de manipulation tend à gommer les frontières entre catégorie, et sape le socle permettant d’agir naïvement dans le réel.

    C’est plus que jamais que le prolétariat doit devenir <>, comme disait Debord.

    Escape

    25 octobre 2009 at 15:52

  25. C’est plus que jamais que le prolétariat doit devenir « la classe de la conscience », comme disait Debord.

    (Ce site n’aime pas les chevrons)

    Escape

    25 octobre 2009 at 15:53

  26. La conspiration, le complot, la technologie bonne et mauvaise que peut-on en supprimer et surtout qui, quel pouvoir décide ?

    Je me désintéresse quelque peu des complots, des sociétés secrètes, des distillateurs de savoir occulte.
    Très bon en polar, illusoire dans le réel.

    Pour le réel, franchement je ne vois que la présence permanente et continue du christ.
    Que valent nos petits mystères, nos confréries initiatiques, fraternités rituelles, ordres secrets multiples, face à la montée irréversible de la lumière, progressant de l’inconscient individuel et collectif vers la conscience individuelle et collective.
    Il existe une dynamique entre conscience individuelle et collective.
    L’information circule de l’une à l’autre.

    L’accroissement de conscience personnelle enrichit la conscience collective.
    Une conscience collective affutée crée de bonnes conditions sociales permettant ainsi à chacun de développer au mieux sa réalité.
    Cercle vertueux.

    Que peuvent donc tous les conspirateurs de la terre contre ce soulèvement paisible?
    Le christ avance dans la chair de l’humanité en dépit de tout, de toutes les horreurs, de toutes les erreurs.

    L’information, l’information, ha, c’est capital l’information.

    Sur ondes courtes longues ou moyennes, à pied, à cheval, en avion, en scooter, en bagnole, en bateau à vapeur ou à voile, à dos d’âne, à vol d’oiseau, par la poste ou le bouche à oreille, peu importe comment l’information circule, ce qui importe, c’est sa nature, ce qu’elle révèle et l’effet de son intégration dans le vivant.

    L’information dépend du terreau de l’époque.
    La spéculation grecque sur la nature corpusculaire de la matière ne produit aucune centrale atomique, aucune ogive nucléaire.

    Certaines informations revêtent un caractère éternel.
    L’information pi existe de toute éternité.
    Seule notre capacité à la saisir varie dans le temps.

    Certaines informations, pour prendre tout leur sens et devenir présentes à notre esprit, sont délivrées par étapes, par épisodes afin que nous puissions, par-delà les siècles, percevoir la continuité de la relation que le divin entretient avec nous.

    Certaines informations demandent à être validées par un complément d’information.
    La résurrection sans son indispensable complément, le retour du christ parmi nous, ne sera jamais vraiment la résurrection.
    Le retour annoncé du christ confirmera cette information, ou l’espérance la maintiendra jusqu’à l’épuisement, jusqu’à sa disparition.
    J’aime bien ce challenge.

    De toutes les informations celle que je préfère, a trait à la résurrection, à la nature du christ.
    Mythe, légende ou réalité?

    Cette nouvelle, la bonne nouvelle de la résurrection a emprunté et emprunte encore, du plus modeste au plus complexe, tous les supports possibles.
    Elle ne s’inscrit pourtant pas vraiment dans l’esprit, le cœur, la connaissance de l’homme.

    Elle flotte, éventuelle contingence que la rationalité discrimine car elle n’appartient pas à son champ d’application.

    Curieusement nous attendons que ce qui ne peut-être révélé que par la foi soit authentifié par la raison. Faute de quoi, nous n’y n’accordons qu’une existence hypothétique.
    Cela nous évite de nous bouger le cul, car la foi implique le mouvement.
    Lève-toi et marche dit le paralytique au sourd.

    Que le christ soit ressuscité.
    Voilà, à mon sens, la seule information susceptible de transformer l’humanité.
    Que cette information se propage, diffuse directement en chacun de nous, qu’elle éclose, connaissance nouvelle et véritable dans le jardin de nos savoirs.

    Que chacun la cueille et recueille à sa manière, par brides, par fragments, par touches discrètes, ou fulgurantes peu importe, elle circule, se répand, progresse du non-perçu à l’explicite, du doute à la connaissance.
    Sa longévité et sa vigueur caractérisent une réalité active, vivante présence au sein de l’humanité.

    Notez, pour en revenir aux intrigues divines et autres fantaisies célestes, que le da Vinci code dépoussière et agite un tant soit peu la surface huileuse de la mare où stagnent les esprits qui ne remettent plus rien en cause.
    Remarquez qu’avec le dogme de l’infaillibilité papale, les remises en causes ne sont pas à l’ordre du jour dans le haut clergé

    N’est-ce pas le fils du charpentier qui fricote avec cette Marie-Madeleine ?

    Voilà qu’en plus des miracles, le christ s’envoie en l’air.
    Qu’il guérisse les paralytiques, les aveugles, chasse les démons, marche sur l’eau, multiplie pains et poissons, apaise la tempête, ressuscite les morts, accepte l’infamie de la croix et que l’ange roule la pierre du tombeau désormais vide, ok, rien que de très normal pour un sauveur de l’humanité, c’est son taf, mais qu’il se la coule douce au plumard en agréable compagnie, ça c’est imbuvable.

    Un être pur a juste le droit de souffrir, pour la galipette il repassera.
    Et si le fils du charpentier avait été un joyeux noceur ?
    Il change la flotte en grand cru (tant qu’à faire) et l’on découvrira sous peu que les quelques pieds d’herbe qu’il cultivait dans le jardin de son pote Joseph d’Arimathie l’on conduit au Golgotha.

    Tout sera révélé écrit donc Luc.

    Je pense à Judas et à son rôle de pseudo-traitre.

    Entre Judas, dont la figure traditionnelle, dans l’apocryphe récemment publié, glisse de délateur infâme à celle d’ami fidèle et courageux, et Marie-Madeleine enceinte, dixit da Vinci code, des œuvres charnelles du christ, voilà des certitudes cléricales bien mises à mal en ce début de troisième millénaire.

    Un traitre, une pute trois croix et deux brigands.
    Voilà le seigneur des gueux, voilà le seigneur des cieux.

    N’est-ce pas là le fils du charpentier ?

    Il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert….ni de secrets qui ne doivent être connus.
    C’est donc qu’il y a bien effectivement quelque chose de caché et de secret qui nous sera révélé.

    L’eternel complote contre notre ignorance.

    Ainsi, en admettant que le christ et judas soient de véritables amis, l’humanité aura stigmatisé Judas à tort, doublement.

    Comme quoi on ne sera jamais assez prudents, comme quoi on peut se faire rouler dans la farine durant des siècles, juste histoire d’apprendre et de comprendre combien nous sommes petits et susceptibles d’être mystifiés.
    Pareils à des enfants que l’on lancerait sur une fausse piste afin d’exercer leur autocritique, de les faire progresser dans la connaissance.

    Des millions d’années pour nous, pas l’ombre d’une seconde pour lui.
    Tout est question de moment, d’instant.

    La révélation poursuit sa route, invisible et silencieuse, discrète jusqu’à devenir l’évidence.

    Laurent lautre

    laurent lautre

    26 octobre 2009 at 00:40

  27. Désolé Laurent pour le décalage à la publication, je ne sais ce que le site a ces temps-ci, il fait des blocages, des filtrages.
    Je dois manuellement « approuver » certains commentaires, dont le tien…! Non mais, n’importe quoi ces « serveurs » des fois…
    Bien à toi !

    Laurent l'un

    26 octobre 2009 at 00:51

  28. Il y a la Résurrection,
    celle de Jésus dans son corps christique,
    – et Celle Promise au Jour de Dieu.

    Il y a aussi – et avant – la Transfiguration,
    qui est le germe même de la Résurrection,
    celle vécue par Jésus sur le Mont Thabor (Marc 9/2-9),
    – et celles qu’à sa suite, à son exemple,
    chacun(e) de nous peut Vivre dès à présent.

    Laurent l'un

    26 octobre 2009 at 01:02

  29. Le logiciel du serveur est papiste : il n’a pas apprécié les propos de Laurent Lautre concernant Marie-Madeleine, Judas, et le fils du charpentier ! Lol !

    Escape

    26 octobre 2009 at 01:58

  30. Salut escape,
    je pense que tu as compris que mes propos n’ont rien d’injurieux, ni envers le christ, ni envers les travailleuses du sexe, pas plus qu’à l’encontre des brigands.

    Je tente de dépouiller le christ de tous les ornements mentaux dont nous l’affublons depuis si longtemps.
    Je tente de le percevoir dans sa réalité,céleste certes, terrestre aussi.
    On glorifie, on loue, on prie on adore, on orne, on festonne, on ouvrage et à la fin, le christ ne ressemble plus à rien, surtout plus à lui-même.

    Si tu regardes un peu son parcours, ce que les évangiles nous en laisse connaitre, tu constates d’emblée que c’est un gars du peuple.
    Pourquoi en faire un roi si non pour dominer, assujettir autrui par l’appropriation, le vol et l’utilisation frauduleuse de son charisme, de ses paroles et de la maigre compréhension que l’on en a ?

    N’est-ce pas là le fils du charpentier?

    Bien sur quelques relations de rangs sociaux plus élevés comptent au nombre de ses amis.
    Elles restent cependant minoritaires.
    La lumière ne connaît ni castes ni classes.

    Il est curieusement très difficile de se représenter le christ au quotidien sans son auréole et son regard inspiré.
    Encore un paradoxe, son personnage universel, vaguement biaisé par l’église, occulte presque totalement le gars jésus, l’homme simple, commun, que rien ne distingue de l’ensemble des citoyens.

    N’est-ce pas là le fils du charpentier?

    Issu du peuple il en porte l’âme.
    Ses disciples ne sortent pas de polytechnique ni l’ena,
    D’extractions modestes comme lui, ils partagent la sagesse et le bons sens des humbles d’où viendra, dit-on, le salut.

    Jusqu’à ce que débute son très court ministère, personne ne le remarque et rien de particulier ne le distingue des autres enfants, hormis l’histoire du temple vers douze treize ans.

    Qui fréquentait-il?
    Au cours des trois ans que dure le passage de la comète christ dans le ciel de l’humanité, on le voit s’approcher d’un collecteur d’impôt, d’une prostituée, d’une femme adultère, de pêcheurs, d’artisans, principalement gens de sa condition sociale.
    Il guérit les gueux, les lépreux, les pouilleux, les sans-abris, les bancals, les illettrés, les sans culture, les sans noms.
    Le jeune homme riche ne le suit pas.

    Aux noces de cana, il manque du vin, signe peut-être de festivités modestes.
    On avait compté un peu juste….
    Il ne manque rien aux noces des tyrans.

    Voilà pourquoi je le place sans problèmes entre putes et brigands, entre souffrance et consolation, sans pour autant le confondre avec un chef de gang ou un souteneur.

    Pour qui se prend-t-il, d’où vient-il ?

    Qu’est-ce qui fait, qui c’est celui là,, il a une drôle de tête les gars et sa bagnole les gars, ça s’passera pas comme ça….(Pierre Vassilu)

    Ses origines discrètes jouent contre lui.
    On le regarde de travers, de quoi se mêle-t-il ?
    Au nom de quelle autorité agit-il ?
    Sa mère pressent le danger, ses frères le traitent de fou.

    Jusqu’à l’âge de trente ans son existence reste anonyme.
    Je suppose donc que, durant cette période, rien de particulier ne mettait sa réalité en évidence aux yeux d’autrui, ni même sans doute aux siens.

    Grippes, rhumes, gastros, rougeole, premiers émois, colères, abattements, joies, espoirs, angoisses, questionnements, courage, renoncements, le christ a du connaître tout cela puisque rien ne le différencie, la majeure partie de sa vie, de l’un d’entre-nous.

    Pourquoi donc lui refuser d’aimer charnellement?
    Parce que nous le voulons pur ?
    Parce que nous considérons l’acte sexuel impur, indigne d’un corps de lumière, indigne d’un être en rapport étroit avec l’eternel ?
    En quoi l’amour physique rend-t-il impur, je me le demande.
    L’amour reste l’amour exerce librement à tous les niveaux de l’être, corps, esprit, âme.

    Je ne vois pas pourquoi le christ s’interdirait le bonheur de l’étreinte.
    Comment communiquerait-il correctement avec nous en se privant d’une connaissance aussi fondamentale, part vivante et incontournable de l’amour ?

    En fait, je pense que la sexualité, christique, en d’autres temps angélique, tourmente les humains car ils déconsidèrent la leur.

    Ils la positionnent généralement sur un plan inférieur à la spiritualité.
    Cette erreur est cause d’un grand assèchement de l’âme.

    Pour ce qui est du christ et de sa relation à judas, je me pose quelques questions que je te soumets à ta sagacité.

    Faut-il considérer le christ stupide au point d’ignorer la présence, parmi ses très proches, d’un hypocrite ?
    Lui qui ne les apprécie guère….

    Si oui alors le fils de l’eternel semble quelque peu obtus

    Si non, de deux choses l’une, soit il sait que judas est un pourri mais ne bronche pas car c’est la consigne soit il attend de voir, soit judas n’est tout simplement pas un vendu.

    Judas gérait les finances du groupe, poste de confiance qui suppose de savoir écrire, lire et compter, ce qui n’était pas à la portée de tous les disciples.
    Cette particularité aurait pu le rapprocher du christ.

    Judas reproche au christ le prix d’un parfum répandu sur ses pieds qu’une femme sèche avec ses cheveux.
    Le christ laisse faire, il ne repousse pas ce contact charnel.

    Le fait que judas adresse un reproche au christ indique une proximité familière, naturelle.
    On aurait pu le donner aux pauvres, lance judas au christ.
    Judas n’aimerait donc pas l’argent ou ruse-t-il encore ?

    Le christ n’écrase pas ses amis de son autorité, cependant tous n’ont pas la force, comme judas, de le contrer.
    Ceci suppose une relation étroite.

    Autre question que je me pose, pourquoi, pourquoi fallait-il que quelqu’un de son entourage le dénonce ?
    N’avait-il pas assez d’ennemis en ville ?
    Il entre acclamé par la foule
    Depuis plusieurs jours il enseigne au temple, chacun peut le voir aller et venir.
    Joseph d’Arimathie est un mec très riche, un notable, il obtient de Pilate de décrocher le corps avant le début du sabbat, c’est un mec connu.
    Pas besoin d’être sorcier pour savoir où le christ crèche, il ne se cache pas.
    Alors pourquoi cette délation étrange ?
    Judas accompagne le christ depuis quelques temps déjà.
    Les occasions de le trahir, de se fâcher, de quitter le groupe n’ont pas dut manquer.
    Faut-il imaginer le christ et ses amis en conflit, sous tension ?
    La duplicité dégage une odeur qu’auraient inévitablement perçue certains compagnons du christ.

    Je rappelle que sans judas et sans le christ, pas de calvaire pas de résurrection, pas de destin.

    Le christ, gars ordinaire, progresse à notre manière sur le chemin de son accomplissement qui réside non pas dans la crucifixion et la douleur mais bien dans la résurrection et la fête.

    Il cherche, il doute, il hésite, avance, recule jusqu’au moment où l’eternel prend contact avec lui.
    Là, il apprend, découvre sa particularité.
    On, peut faire remonter ce moment au baptême dans le Jourdain.
    Son cousin reconnaît la nature de celui qui vient.
    Encore ce népotisme, intemporel et toujours en vogue.

    Cela dit, le christ ne fait pourtant que la volonté de l’eternel.
    L’eternel dit tourne à gauche, il tourne à gauche, regarde en haut, il regarde en haut, baisse la tête, il baisse la tête, simple comme bonjour.

    Ainsi le christ avance, obéissant, doux, en accord avec le ciel.
    Il ne lie son existence à la volonté absolue de l’éternel qu’en buvant la coupe.
    Ça ne le branche pas trop de boire ce truc mais bon il boit, il accepte confiant.
    Dès qu’il a, Socrate à sa manière, avalé le fiel, il scelle son destin, l’accepte.
    Il ne le connaît cependant pas, il en connaît juste le goût, à gerber.

    Que vaudraient la foi, l’amour et le courage de celui qui accepte un chemin difficile s’il sait, en pleine certitude, qu’au terme de relativement brèves souffrances il ressuscitera et connaitra une forme de vie éternelle vachement cool ?

    Jusqu’au dernier moment le christ avance dans le doute et la foi.
    Ne s’écrit-il pas pourquoi m’as-tu abandonné ?

    Je porte, pour lire certains évènements, les bésicles de l’amour.
    Je cherche à comprendre à travers le filtre l’amour.
    Je me dis que nous ne sommes pas le fruit d’une création sadique, que l’eternel ne trouve pas de joie à patauger dans notre sang, qu’il ne se repait pas de notre misère.
    Je me dis que notre immense destin déploie et dénoue ses intrigues au fil des siècles pour se rendre progressivement intelligible à notre entendement.
    Je me dis que l’éternel nous aime.

    J’imagine donc qu’au moment de la scène, le christ reçoit des instructions.
    Le christ reçoit fatalement des instructions de l’éternel puisqu’il déclare lui obéir, il faut donc que le papa lui file des consignes.

    Tout va bien à table, c’est cool, ça discute, ça picole un peu, ça pioche dans les plats.
    Le christ laisse flotter son esprit, où tout cela va-t-il mener pense-t-il peut-être, lorsque, brusquement, l’éternel lui demande de choisir, parmi ses potes, un salaud potentiel.
    Comment ça parmi mes potes mais ce sont tous des amis.

    Personne autour n’a rien remarqué ni entendu, le christ se redresse, porte sa main à son front, il réfléchit, il a bu la coupe, il a clairement entendu l’injonction divine, pourquoi, pourquoi ce truc et à qui demander ça ?

    Le silence, saute de vent soudaine, s’invite à la fête qu’il semble briser.
    Les conversations agitées se sont tues, les rires s’étiolent, les regards s’interrogent.
    Qu’est-ce qu’il a, putain, t’as vu sa tronche ?
    Ca va pas mec ?

    Le christ se redresse les mains appuyées sur le bord de la table.
    Il vient de comprendre, ok, de toute façon il faut le faire, c’est mieux en pigeant quand même se dit-il.

    Bon les gars, annonce-t-il résolu, l’un d’entre-vous devra me balancer.
    Panique dans le petit groupe.
    On lui demande de répéter, de confirmer, d’assurer, de répéter encore.
    Quelques-uns refusent de croire ce qu’ils entendent, un autre pense « jamais je ne te trahirai, »
    La stupeur et l’incompréhension s’abattent sur l’assemblée.

    Lequel de nous ?
    Une voix inquiète, désireuse de briser le carcan d’angoisse qui oppresse chacun des douze, questionne, la gorge nouée, le souffle suspendu.
    Lequel d’entre nous ?

    Celui à qui je vais donner ce bout de pain trempé dans ce vin répond le christ.
    Puis il donne le pain trempé à judas.
    C’est la véritable première communion.

    Par ce geste, le christ demande à judas d’accepter cette tâche difficile.
    Il doit le faire.
    Par ce geste il lie son destin à celui de son ami.
    Ce que tu dois faire, fais le vite.
    C’est une obligation enfin une demande mais si tu es effectivement mon pote alors fais le s’il te plait.

    Cela n’enchante pas véritablement judas.
    Il renâcle devant l’obstacle.
    Il sait que si celui qui vient de lui proposer ce crouton humide est véritablement en rapport avec l’éternel, alors il risque de passer un sale quart d’heure.
    Il songe à son patronyme, entaché par ce qu’il déteste le plus, lui, l’ami fidèle, proche compagnon du christ, lui, trahir ?
    Il songe aux longues nuits étoilées passées à prier à rêver, à discourir en compagnie de cet homme extraordinaire qui apaise les tempêtes et ressuscite les cadavres.

    Pourquoi moi, c’est injuste, parce que je le connais bien ?
    Parce qu’il m’a révélé ce que les autres ne peuvent comprendre, parce ce que je le suis, parce ce que je le crois ?

    A qui le christ pouvait-il confier cette mission impossible sinon à celui dont il espère qu’il aura la force et l’amitié, la foi et la détermination, de supporter, sur sa demande, l’infamie.

    Judas renâcle tant qu’il faut faire intervenir, signalent les écritures, ce brave satan.
    Jamais au chômage celui là.

    Après ce nécessaire coup de pouce diabolique qui au passage déresponsabilise quelque peu judas, voici notre grand, fin prêt pour aller toucher son pognon.
    Faut bien une raison palpable.
    Normal, c’est le trésorier, celui qui manie l’argent, celui qui râle lorsqu’on le répand sur les pieds du christ sous forme de nard signalant, faussement ou non, qu’on aurait pu utiliser le blé de ce parfum pour les nécessiteux.

    Ami ou traitre, ce que tu dois faire fais le vite.
    Judas doit le faire.
    Satan est contraint d’agir tant le grand résiste.

    Et ce baiser ?
    Quel besoin de le désigner ainsi ?
    Du reste, quel besoin de le désigner ?
    Ceux qui sont venus l’arrêter le connaissent.

    Ce baiser, que lui chuchote judas à l’oreille ?
    Bonne chance ?
    J’espère que tu ne t’es pas gouré ?
    A bientôt ?

    Pourquoi ce baiser ?
    Bien sur, nul besoin pour lui de se dissimuler, les disciples le connaissent, ils savent qu’il a trahi, cependant, pourquoi ce baiser sur la joue ?
    Je te livre à tes ennemis mais je te file un petit bisou parce que je t’aime bien ?
    Le christ ne s’y refuse pas
    Il ne dit pas comme à Pierre en d’autres circonstances, arrière démon.
    Pourquoi le christ accepte-il, le baiser de ce fourbe ?

    Faut-il voir dans l’acte de judas une trahison ou au contraire un acte de foi digne de celui du christ ?

    L’évangile apocryphe, de nature gnostique traduit et publié, sous le titre « évangile de judas », pour l’ascension 2006, indique clairement que le christ demande à judas d’accomplir ce geste.
    Il lui demande cela car ils sont très proches.

    Voilà très succinctement ce que nous dévoile cet apocryphe qu’Irénée de Lyon réfute et condamne dans la seconde moitié du 2ème siècle.

    Curieusement ce manuscrit sortit du désert égyptien vers 1978 n’a émergé que vingt-huit ans plus tard.
    Son existence ne nous était connue qu’à travers les attaques d’Irénée.

    Je chausse les lunettes de l’amour lorsque j’essaye de lire entre les lignes.

    Je vois le christ s’avancer, sur la demande de l’éternel, par amour, oui c’est curieux, sur le seuil de l’abîme.
    Je vois l’éternel demander une confiance absolue, totale au christ, un abandon complet au nom de l’amour et de la foi.

    Je vois la peur et l’angoisse sur le visage du christ, je vois son étonnement, son courage et sa force lorsqu’il tend le pain trempé à judas.
    Et le grand mâche, il n’en perd pas une miette, il se dit que c’est son fiel, sa coupe à lui.
    Il se dit qu’entre la coupe et le pain il existe une relation.
    Son pote lui demande un acte de foi absolu
    complètement barjo.
    Accepte la douleur que je te propose comme j’accepte celle que me propose l’éternel, fais moi confiance comme je fais confiance.

    C’est un pari, un pari sur l’absurde, un pari sur la foi, un pari sur l’amour.

    Et s’il se trompe pense judas en mastiquant, j’aurais l’air fin.
    Lui il s’en fout, à la limite il a le beau rôle, celui du doux que le pouvoir jette en pâture pour distraire et apaiser le peuple,

    S’il dit vrai et que tout ce qu’il affirme existe il risque de passer à la postérité façon grand homme, voire même pire et mon nom sera attaché au sien pour l’éternité
    Le problème c’est que le mien trainera dans la boue aussi longtemps que le sien éclairera.
    Enfin, jusqu’à ce que nous nous retrouvions à nouveau sur terre, réincarnés, ressuscités, s’il dit vrai.

    Et s’il se plante, je l’aurai trahi pour du vent.
    Ça ne peut que nous apporter des embrouilles son idée.
    Pourquoi ne laisse-t-il pas les choses se faire ?
    Est-ce ainsi qu’elle doivent se faire ?
    On n’est pas bien là ?
    Tout à ses pensées, judas achève de déglutir en constant qu’il perd sur les deux tableaux.

    Si son pote se plante, il trahit pour rien et tous en subiront les conséquences, lui plus que les autres.
    S’il ne se plante pas, son nom sera comme une tache, une souillure, une ombre, un reflet sinistre associé à la lumière.

    D’un autre coté, s’il a raison on se retrouvera au royaume.
    Je n’y souffrirai pas de la haine que l’on projettera sur moi.
    Je n’existerai plus dans ce monde, je n’y souffrirai plus, un nom n’est qu’un nom.

    Lorsque nous nous retrouverons vivants, à nouveau incarnés, tout cela s’expliquera, les hommes comprendront, ils prendront la mesure de leur erreur car bien sur, ils ne verront que l’autre, le doux, le gentil l’agneau, ils ne verront pas ma foi, mon amitié profonde pour lui, mon sacrifice.

    Ils ne retiendront, si quelque chose doit être retenu, que la fourberie, que la délation, et pour de l’argent en plus, voilà ce qu’ils retiendront de moi.
    Enfin, faisons lui confiance tant qu’à faire.

    Le christ ratifie un pacte avec l’eternel par la coupe que l’ange lui tend.
    Judas ratifie un pacte avec le christ par le pain trempé que celui-ci lui tend.

    Le christ, par sa relation à l’éternel voit une partie de sa nature accéder au divin.
    Sa part humaine se tourne vers judas qu’il invite à communier.
    Ainsi transite par le christ l’éternel.

    L’éternel tend la main au christ et le christ tend sa main libre à judas.

    Judas tend, second maillon de la chaîne, sa main libre à tout homme qui veut bien la prendre.

    Si le christ est la porte, judas est le portier, il éloigne les opportuns.
    Que judas soit le portier quoi de plus normal ?

    Ne sommes-nous pas tous potentiellement judas ?
    Ne trahissons-nous pas chaque jour un peu nos espérances en renonçant à l’incroyable et à l’impossible ?
    Ne trahissons nous pas quotidiennement, l’amour et la paix, en laissant tant de haine, d’avidité, d’indifférence et de rage répandre sang et larmes sur terre ?

    Qui peut accéder à la lumière sans connaître l’ombre ?
    Qui peut accéder à la connaissance sans connaître l’ignorance?

    Notre nature humaine nous aimante vers le pôle négatif, vers judas que nous rejetons.

    L’avidité que nous lui reprochons, c’est la notre.
    Celle des grands patrons, celles des ultra-riches qui trahissent leur espèce, qui trahissent le christ en chacun de ceux qu’ils laissent croupir dans la misère provoquée par leur pillage et leur ordre.

    La fourberie satanique dont nous habillons Judas pour mieux le détester nous appartient.
    Ces vêtements sont nôtres.
    Oripeaux mentaux cousus de fil blanc, ils forment la trame sur laquelle nous tissons nos mensonges et fausses raisons.
    Ils justifient l’injustifiable, se parent de chiffres, de lois, se complexifient pour se rendre et présentables et incontrôlables.
    Le refus de la simplicité caractérise une trahison.
    Une fuite dans le labyrinthe des causes à effets susceptibles de justifier plus ou moins le meurtre du monde.

    La violence d’hier ne justifie aucunement celle d’aujourd’hui pas plus que celle de demain ne justifiera celle d’après-demain.

    En fait, ce traitre que nous dénonçons si violemment au cours de notre histoire, c’est nous, tout simplement nous qui trahissons l’amour et trahissons le christ.
    C’est tellement plus facile de projeter notre mal sur autrui et de l’accuser ensuite d’en être porteur.

    Entre fourbes on devrait pouvoir s’entendre, acceptons la main que nous tends judas, lui le portier, lui à qui le christ a proposé le pain comme l’éternel a proposé la coupe.

    Reconnaissons la nature profonde de notre avidité. Reconnaissons avec quelle fourberie et quels stratagèmes nous ensevelissons, quand nous nous en donnons la peine, notre conscience sous de fausses excuses, techniques, morales, économiques, juridiques, philosophiques.

    Voilà un peu comment je perçois cette histoire.
    Il n’y a pour moi aucun doute, le christ et judas sont potes.
    Je pense que le voile sera levé sur cette intrigue lorsque le christ et judas se retrouveront parmi nous.
    Je pense qu’ils seront les premiers à s’entre-reconnaître.
    C’est normal, judas est le premier compagnon à rejoindre le christ.

    Le bois de la croix le bois de l’arbre auquel judas s’est pendu, croix de bois, croix de frères, touchons du bois
    Remarquez, il n’a pas trop souffert, départ rapide.
    Avait-il prévu cette éventualité au cas où l’affaire tournerait mal ?

    Le fait d’avoir été si longtemps abusé, si c’est le cas, peut fournir une mesure de notre esprit.
    Leçon de modestie et de prudence, ne point juger.

    La publication de cet évangile apocryphe, en période de relative tolérance chrétienne me semble un signe sur la route.

    Tout sera révélé a écrit Luc, il a oublié de noter peu à peu.
    L’eternel nous a offert d’aimer et le christ et judas.
    Nous n’avons pas eu le cœur assez grand pour cela.
    Il nous reste à l’agrandir.

    Ignominieusement votre
    Laurent lautre

    laurent lautre

    29 octobre 2009 at 15:33

  31. Ce texte est une évocation inédite de la vie de Jésus, qui peut appeler bien des commentaires, mais pour moi avant tout – un grand Merci.

    Et quelle puissante, juste et belle conclusion :
    L’eternel nous a offert d’aimer et le christ et judas.
    Nous n’avons pas eu le cœur assez grand pour cela.
    Il nous reste à l’agrandir.

    Laurent l'un

    30 octobre 2009 at 20:37


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