anarchie pour l'évangile !

Ne sommes-nous pas tous potentiellement Judas ?

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Judas-Iscariot_wa.jpg Judas betrays Jesus image by raziahproductions

Je tente de dépouiller le christ de tous les ornements mentaux dont nous l’affublons depuis si longtemps.
Je tente de le percevoir dans sa réalité, céleste certes, terrestre aussi.
On glorifie, on loue, on prie on adore, on orne, on festonne, on ouvrage et à la fin, le christ ne ressemble plus à rien, surtout plus à lui-même.

Si tu regardes un peu son parcours, ce que les évangiles nous en laisse connaitre, tu constates d’emblée que c’est un gars du peuple.
Pourquoi en faire un roi si non pour dominer, assujettir autrui par l’appropriation, le vol et l’utilisation frauduleuse de son charisme, de ses paroles et de la maigre compréhension que l’on en a ?

N’est-ce pas là le fils du charpentier ?

Bien sur quelques relations de rangs sociaux plus élevés comptent au nombre de ses amis.
Elles restent cependant minoritaires.
La lumière ne connaît ni castes ni classes.

Il est curieusement très difficile de se représenter le christ au quotidien sans son auréole et son regard inspiré.
Encore un paradoxe, son personnage universel, vaguement biaisé par l’église, occulte presque totalement le gars jésus, l’homme simple, commun, que rien ne distingue de l’ensemble des citoyens.

N’est-ce pas là le fils du charpentier?

Issu du peuple il en porte l’âme.
Ses disciples ne sortent pas de polytechnique ni l’ena,
D’extractions modestes comme lui, ils partagent la sagesse et le bons sens des humbles d’où viendra, dit-on, le salut.

Jusqu’à ce que débute son très court ministère, personne ne le remarque et rien de particulier ne le distingue des autres enfants, hormis l’histoire du temple vers douze treize ans.

Qui fréquentait-il ?
Au cours des trois ans que dure le passage de la comète christ dans le ciel de l’humanité, on le voit s’approcher d’un collecteur d’impôt, d’une prostituée, d’une femme adultère, de pêcheurs, d’artisans, principalement gens de sa condition sociale.
Il guérit les gueux, les lépreux, les pouilleux, les sans-abris, les bancals, les illettrés, les sans culture, les sans noms.
Le jeune homme riche ne le suit pas.

Aux noces de cana, il manque du vin, signe peut-être de festivités modestes.
On avait compté un peu juste….
Il ne manque rien aux noces des tyrans.

Voilà pourquoi je le place sans problèmes entre putes et brigands, entre souffrance et consolation, sans pour autant le confondre avec un chef de gang ou un souteneur.

Pour qui se prend-t-il, d’où vient-il ?Qu’est-ce qui fait, qui c’est celui là,, il a une drôle de tête les gars et sa bagnole les gars, ça s’passera pas comme ça….(Pierre Vassilu)

Ses origines discrètes jouent contre lui.
On le regarde de travers, de quoi se mêle-t-il ?
Au nom de quelle autorité agit-il ?
Sa mère pressent le danger, ses frères le traitent de fou.

Jusqu’à l’âge de trente ans son existence reste anonyme.
Je suppose donc que, durant cette période, rien de particulier ne mettait sa réalité en évidence aux yeux d’autrui, ni même sans doute aux siens.

Grippes, rhumes, gastros, rougeole, premiers émois, colères, abattements, joies, espoirs, angoisses, questionnements, courage, renoncements, le christ a du connaître tout cela puisque rien ne le différencie, la majeure partie de sa vie, de l’un d’entre-nous.

Pourquoi donc lui refuser d’aimer charnellement?
Parce que nous le voulons pur ?
Parce que nous considérons l’acte sexuel impur, indigne d’un corps de lumière, indigne d’un être en rapport étroit avec l’eternel ?
En quoi l’amour physique rend-t-il impur, je me le demande.
L’amour reste l’amour exerce librement à tous les niveaux de l’être, corps, esprit, âme.

Je ne vois pas pourquoi le christ s’interdirait le bonheur de l’étreinte.
Comment communiquerait-il correctement avec nous en se privant d’une connaissance aussi fondamentale, part vivante et incontournable de l’amour ?

En fait, je pense que la sexualité, christique, en d’autres temps angélique, tourmente les humains car ils déconsidèrent la leur.

Ils la positionnent généralement sur un plan inférieur à la spiritualité.
Cette erreur est cause d’un grand assèchement de l’âme.

Pour ce qui est du christ et de sa relation à judas, je me pose quelques questions que je soumets à la sagacité de chacun.

Faut-il considérer le christ stupide au point d’ignorer la présence, parmi ses très proches, d’un hypocrite ?
Lui qui ne les apprécie guère….

Si oui alors le fils de l’eternel semble quelque peu obtus

Si non, de deux choses l’une, soit il sait que judas est un pourri mais ne bronche pas car c’est la consigne soit il attend de voir, soit judas n’est tout simplement pas un vendu.

Judas gérait les finances du groupe, poste de confiance qui suppose de savoir écrire, lire et compter, ce qui n’était pas à la portée de tous les disciples.
Cette particularité aurait pu le rapprocher du christ.

Judas reproche au christ le prix d’un parfum répandu sur ses pieds qu’une femme sèche avec ses cheveux.
Le christ laisse faire, il ne repousse pas ce contact charnel.

Le fait que judas adresse un reproche au christ indique une proximité familière, naturelle.
On aurait pu le donner aux pauvres, lance judas au christ.
Judas n’aimerait donc pas l’argent ou ruse-t-il encore ?

Le christ n’écrase pas ses amis de son autorité, cependant tous n’ont pas la force, comme judas, de le contrer.
Ceci suppose une relation étroite.

Autre question que je me pose, pourquoi, pourquoi fallait-il que quelqu’un de son entourage le dénonce ?
N’avait-il pas assez d’ennemis en ville ?
Il entre acclamé par la foule
Depuis plusieurs jours il enseigne au temple, chacun peut le voir aller et venir.
Joseph d’Arimathie est un mec très riche, un notable, il obtient de Pilate de décrocher le corps avant le début du sabbat, c’est un mec connu.
Pas besoin d’être sorcier pour savoir où le christ crèche, il ne se cache pas.
Alors pourquoi cette délation étrange ?
Judas accompagne le christ depuis quelque temps déjà.
Les occasions de le trahir, de se fâcher, de quitter le groupe n’ont pas dut manquer.
Faut-il imaginer le christ et ses amis en conflit, sous tension ?
La duplicité dégage une odeur qu’auraient inévitablement perçue certains compagnons du christ.

Je rappelle que sans judas et sans le christ, pas de calvaire pas de résurrection, pas de destin.

Le christ, gars ordinaire, progresse à notre manière sur le chemin de son accomplissement qui réside non pas dans la crucifixion et la douleur mais bien dans la résurrection et la fête.

Il cherche, il doute, il hésite, avance, recule jusqu’au moment où l’eternel prend contact avec lui.
Là, il apprend, découvre sa particularité.
On, peut faire remonter ce moment au baptême dans le Jourdain.
Son cousin reconnaît la nature de celui qui vient.
Encore ce népotisme, intemporel et toujours en vogue.

Cela dit, le christ ne fait pourtant que la volonté de l’eternel.
L’eternel dit tourne à gauche, il tourne à gauche, regarde en haut, il regarde en haut, baisse la tête, il baisse la tête, simple comme bonjour.

Ainsi le christ avance, obéissant, doux, en accord avec le ciel.
Il ne lie son existence à la volonté absolue de l’éternel qu’en buvant la coupe.
Ça ne le branche pas trop de boire ce truc mais bon il boit, il accepte confiant.
Dès qu’il a, Socrate à sa manière, avalé le fiel, il scelle son destin, l’accepte.
Il ne le connaît cependant pas, il en connaît juste le goût, à gerber.

Que vaudraient la foi, l’amour et le courage de celui qui accepte un chemin difficile s’il sait, en pleine certitude, qu’au terme de relativement brèves souffrances il ressuscitera et connaitra une forme de vie éternelle vachement cool ?

Jusqu’au dernier moment le christ avance dans le doute et la foi.
Ne s’écrit-il pas pourquoi m’as-tu abandonné ?

Je porte, pour lire certains évènements, les bésicles de l’amour.
Je cherche à comprendre à travers le filtre l’amour.
Je me dis que nous ne sommes pas le fruit d’une création sadique, que l’eternel ne trouve pas de joie à patauger dans notre sang, qu’il ne se repait pas de notre misère.
Je me dis que notre immense destin déploie et dénoue ses intrigues au fil des siècles pour se rendre progressivement intelligible à notre entendement.
Je me dis que l’éternel nous aime.

J’imagine donc qu’au moment de la scène, le christ reçoit des instructions.
Le christ reçoit fatalement des instructions de l’éternel puisqu’il déclare lui obéir, il faut donc que le papa lui file des consignes.

Tout va bien à table, c’est cool, ça discute, ça picole un peu, ça pioche dans les plats.
Le christ laisse flotter son esprit, où tout cela va-t-il mener pense-t-il peut-être, lorsque, brusquement, l’éternel lui demande de choisir, parmi ses potes, un salaud potentiel.
Comment ça parmi mes potes mais ce sont tous des amis.

Personne autour n’a rien remarqué ni entendu, le christ se redresse, porte sa main à son front, il réfléchit, il a bu la coupe, il a clairement entendu l’injonction divine, pourquoi, pourquoi ce truc et à qui demander ça ?

Le silence, saute de vent soudaine, s’invite à la fête qu’il semble briser.
Les conversations agitées se sont tues, les rires s’étiolent, les regards s’interrogent.
Qu’est-ce qu’il a, putain, t’as vu sa tronche ?.. ça va pas mec ?

Le christ se redresse les mains appuyées sur le bord de la table.
Il vient de comprendre, ok, de toute façon il faut le faire, c’est mieux en pigeant quand même se dit-il.

Bon les gars, annonce-t-il résolu, l’un d’entre-vous devra me balancer.
Panique dans le petit groupe.
On lui demande de répéter, de confirmer, d’assurer, de répéter encore.
Quelques-uns refusent de croire ce qu’ils entendent, un autre pense « jamais je ne te trahirai,.»
La stupeur et l’incompréhension s’abattent sur l’assemblée.

Lequel de nous ?
Une voix inquiète, désireuse de briser le carcan d’angoisse qui oppresse chacun des douze, questionne, la gorge nouée, le souffle suspendu.


Lequel d’entre nous ?

Celui à qui je vais donner ce bout de pain trempé dans ce vin répond le christ.

Puis il donne le pain trempé à judas.
C’est la véritable première communion.

Par ce geste, le christ demande à judas d’accepter cette tâche difficile.
Il doit le faire.
Par ce geste il lie son destin à celui de son ami.
Ce que tu dois faire, fais le vite.
C’est une obligation enfin une demande mais si tu es effectivement mon pote alors fais le s’il te plait.

Cela n’enchante pas véritablement judas.
Il renâcle devant l’obstacle.
Il sait que si celui qui vient de lui proposer ce crouton humide est véritablement en rapport avec l’éternel, alors il risque de passer un sale quart d’heure.
Il songe à son patronyme, entaché par ce qu’il déteste le plus, lui, l’ami fidèle, proche compagnon du christ, lui, trahir ?
Il songe aux longues nuits étoilées passées à prier à rêver, à discourir en compagnie de cet homme extraordinaire qui apaise les tempêtes et ressuscite les cadavres.

Pourquoi moi, c’est injuste, parce que je le connais bien ?
Parce qu’il m’a révélé ce que les autres ne peuvent comprendre, parce ce que je le suis, parce ce que je le crois ?

A qui le christ pouvait-il confier cette mission impossible sinon à celui dont il espère qu’il aura la force et l’amitié, la foi et la détermination, de supporter, sur sa demande, l’infamie.

Judas renâcle tant qu’il faut faire intervenir, signalent les écritures, ce brave satan.
Jamais au chômage celui là.

Après ce nécessaire coup de pouce diabolique qui au passage déresponsabilise quelque peu judas, voici notre grand, fin prêt pour aller toucher son pognon.
Faut bien une raison palpable.
Normal, c’est le trésorier, celui qui manie l’argent, celui qui râle lorsqu’on le répand sur les pieds du christ sous forme de nard signalant, faussement ou non, qu’on aurait pu utiliser le blé de ce parfum pour les nécessiteux.

Ami ou traitre, ce que tu dois faire fais le vite.
Judas doit le faire.
Satan est contraint d’agir tant le grand résiste.

Et ce baiser ?
Quel besoin de le désigner ainsi ?
Du reste, quel besoin de le désigner ?
Ceux qui sont venus l’arrêter le connaissent.

Ce baiser, que lui chuchote judas à l’oreille ?
Bonne chance ?
J’espère que tu ne t’es pas gouré ?
A bientôt ?

Pourquoi ce baiser ?
Bien sur, nul besoin pour lui de se dissimuler, les disciples le connaissent, ils savent qu’il a trahi, cependant, pourquoi ce baiser sur la joue ?
Je te livre à tes ennemis mais je te file un petit bisou parce que je t’aime bien ?
Le christ ne s’y refuse pas.
Il ne dit pas comme à Pierre en d’autres circonstances, arrière démon.
Pourquoi le christ accepte-il le baiser de ce fourbe ?

Faut-il voir dans l’acte de judas une trahison ou au contraire un acte de foi digne de celui du christ ?

L’évangile apocryphe, de nature gnostique traduit et publié, sous le titre « évangile de judas », pour l’ascension 2006, indique clairement que le christ demande à judas d’accomplir ce geste.
Il lui demande cela car ils sont très proches.

Voilà très succinctement ce que nous dévoile cet apocryphe qu’Irénée de Lyon réfute et condamne dans la seconde moitié du 2ème siècle.

Curieusement ce manuscrit sortit du désert égyptien vers 1978 n’a émergé que vingt-huit ans plus tard.
Son existence ne nous était connue qu’à travers les attaques d’Irénée.

Je chausse les lunettes de l’amour lorsque j’essaye de lire entre les lignes.

Je vois le christ s’avancer, sur la demande de l’éternel, par amour, oui c’est curieux, sur le seuil de l’abîme.
Je vois l’éternel demander une confiance absolue, totale au christ, un abandon complet au nom de l’amour et de la foi.

Je vois la peur et l’angoisse sur le visage du christ, je vois son étonnement, son courage et sa force lorsqu’il tend le pain trempé à judas.
Et le grand mâche, il n’en perd pas une miette, il se dit que c’est son fiel, sa coupe à lui.
Il se dit qu’entre la coupe et le pain il existe une relation.
Son pote lui demande un acte de foi absolu
complètement barjo.
Accepte la douleur que je te propose comme j’accepte celle que me propose l’éternel, fais moi confiance comme je fais confiance.

C’est un pari, un pari sur l’absurde, un pari sur la foi, un pari sur l’amour.

Et s’il se trompe pense judas en mastiquant, j’aurais l’air fin.
Lui il s’en fout, à la limite il a le beau rôle, celui du doux que le pouvoir jette en pâture pour distraire et apaiser le peuple,

S’il dit vrai et que tout ce qu’il affirme existe il risque de passer à la postérité façon grand homme, voire même pire et mon nom sera attaché au sien pour l’éternité.
Le problème c’est que le mien trainera dans la boue aussi longtemps que le sien éclairera.
Enfin, jusqu’à ce que nous nous retrouvions à nouveau sur terre, réincarnés, ressuscités, s’il dit vrai.

Et s’il se plante, je l’aurai trahi pour du vent.
Ça ne peut que nous apporter des embrouilles son idée.
Pourquoi ne laisse-t-il pas les choses se faire ?
Est-ce ainsi qu’elle doivent se faire ?
On n’est pas bien là ?
Tout à ses pensées, judas achève de déglutir en constatant qu’il perd sur les deux tableaux.

Si son pote se plante, il trahit pour rien et tous en subiront les conséquences, lui plus que les autres.
S’il ne se plante pas, son nom sera comme une tache, une souillure, une ombre, un reflet sinistre associé à la lumière.

D’un autre coté, s’il a raison on se retrouvera au royaume.
Je n’y souffrirai pas de la haine que l’on projettera sur moi.
Je n’existerai plus dans ce monde, je n’y souffrirai plus, un nom n’est qu’un nom.

Lorsque nous nous retrouverons vivants, à nouveau incarnés, tout cela s’expliquera, les hommes comprendront, ils prendront la mesure de leur erreur car bien sur, ils ne verront que l’autre, le doux, le gentil l’agneau, ils ne verront pas ma foi, mon amitié profonde pour lui, mon sacrifice.

Ils ne retiendront, si quelque chose doit être retenu, que la fourberie, que la délation, et pour de l’argent en plus, voilà ce qu’ils retiendront de moi.
Enfin, faisons lui confiance tant qu’à faire.

Le christ ratifie un pacte avec l’eternel par la coupe que l’ange lui tend.
Judas ratifie un pacte avec le christ par le pain trempé que celui-ci lui tend.

Le christ, par sa relation à l’éternel voit une partie de sa nature accéder au divin.
Sa part humaine se tourne vers judas qu’il invite à communier.
Ainsi transite par le christ l’éternel.

L’éternel tend la main au christ et le christ tend sa main libre à judas.

Judas tend, second maillon de la chaîne, sa main libre à tout homme qui veut bien la prendre.

Si le christ est la porte, judas est le portier, il éloigne les opportuns.
Que judas soit le portier quoi de plus normal ?

Ne sommes-nous pas tous potentiellement judas ?
Ne trahissons-nous pas chaque jour un peu nos espérances en renonçant à l’incroyable et à l’impossible ?
Ne trahissons nous pas quotidiennement, l’amour et la paix, en laissant tant de haine, d’avidité, d’indifférence et de rage répandre sang et larmes sur terre ?

Qui peut accéder à la lumière sans connaître l’ombre ?
Qui peut accéder à la connaissance sans connaître l’ignorance?

Notre nature humaine nous aimante vers le pôle négatif, vers judas que nous rejetons.

L’avidité que nous lui reprochons, c’est la notre.
Celle des grands patrons, celles des ultra-riches qui trahissent leur espèce, qui trahissent le christ en chacun de ceux qu’ils laissent croupir dans la misère provoquée par leur pillage et leur ordre.

La fourberie satanique dont nous habillons Judas pour mieux le détester nous appartient.
Ces vêtements sont nôtres.
Oripeaux mentaux cousus de fil blanc, ils forment la trame sur laquelle nous tissons nos mensonges et fausses raisons.
Ils justifient l’injustifiable, se parent de chiffres, de lois, se complexifient pour se rendre et présentables et incontrôlables.
Le refus de la simplicité caractérise une trahison.
Une fuite dans le labyrinthe des causes à effets susceptibles de justifier plus ou moins le meurtre du monde.

La violence d’hier ne justifie aucunement celle d’aujourd’hui pas plus que celle de demain ne justifiera celle d’après-demain.

En fait, ce traitre que nous dénonçons si violemment au cours de notre histoire, c’est nous, tout simplement nous qui trahissons l’amour et trahissons le christ.
C’est tellement plus facile de projeter notre mal sur autrui et de l’accuser ensuite d’en être porteur.

Entre fourbes on devrait pouvoir s’entendre, acceptons la main que nous tends judas, lui le portier, lui à qui le christ a proposé le pain comme l’éternel a proposé la coupe.

Reconnaissons la nature profonde de notre avidité. Reconnaissons avec quelle fourberie et quels stratagèmes nous ensevelissons, quand nous nous en donnons la peine, notre conscience sous de fausses excuses, techniques, morales, économiques, juridiques, philosophiques.

Voilà un peu comment je perçois cette histoire.
Il n’y a pour moi aucun doute, le christ et judas sont potes.
Je pense que le voile sera levé sur cette intrigue lorsque le christ et judas se retrouveront parmi nous.
Je pense qu’ils seront les premiers à s’entre-reconnaître.
C’est normal, judas est le premier compagnon à rejoindre le christ.

Le bois de la croix le bois de l’arbre auquel judas s’est pendu, croix de bois, croix de frères, touchons du bois
Remarquez, il n’a pas trop souffert, départ rapide.
Avait-il prévu cette éventualité au cas où l’affaire tournerait mal ?

Le fait d’avoir été si longtemps abusé, si c’est le cas, peut fournir une mesure de notre esprit.
Leçon de modestie et de prudence, ne point juger.

La publication de cet évangile apocryphe, en période de relative tolérance chrétienne me semble un signe sur la route.

Tout sera révélé a écrit Luc,

il a oublié de noter : peu à peu.
L’eternel nous a offert d’aimer et le christ et judas.
Nous n’avons pas eu le cœur assez grand pour cela.
Il nous reste à l’agrandir.

Ignominieusement votre
Laurent lautre

a

4 Réponses

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  1. Les questions que tu (te) poses su la relation Jésus/Judas sont bien… des questions.
    Comment savoir le dessous ou le fond de tout ça ?

    Mes pistes essentielles sur Judas sont :
    Soeren Kierkeggard, qui considère que le traître est avant tout « le plus malheureux« …
    – les Dialogues avec l’ange, qui disent qu’il y a « toujours un traître parmi les douze » (et qui ajoutent aussi que c’est toujours « le plus malheureux » !)
    – l’évangile donné à Arès, qui prescrit de ne pas répéter ce qu’a fait Jésus ; de ne pas accueillir le traître à notre table – mais de l’aimer et de veiller à son salut indissociablement du nôtre.

    Laurent l'un

    2 novembre 2009 at 07:58

  2. Escape

    2 novembre 2009 at 16:02

  3. Le sort des moutons dépend du berger cher Escape.

    En démocratie, les moutons choisissent leur berger.

    S’ils ne savent pas voir sous le masque médiatique bienveillant et enjôleur, le ricanement du pouvoir et le sourire du loup, ils doivent apprendre.

    Un jour peut-être choisiront-ils un bon berger.
    Pour le troupeau, ça s’rait pas pire.

    Merci de tes interventions que j’apprécie beaucoup.

    Laurent lautre

    laurent lautre

    15 novembre 2009 at 17:52

  4. Cher Laurent,
    chers visiteurs réguliers,

    Escape m’a écrit un petit mot (petit par la taille), qui était signé :

    Bonnes pensées et salut confraternel à toi d’un moine predicateur mendiant.

    … ce qui peut permettre à chacun(e) de comprendre que nous « verrons » moins souvent notre âmi Escape sur le site.
    Mais peut-être au coin d’une rue…

    – Salut frère !
    Sois prudent. L’impossible n’est exigé de personne, seulement remplir toute sa mesure.
    Pour Escape, vous l’aurez compris, la coupe est pleine.

    Laurent l'un

    15 novembre 2009 at 20:16


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