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De la manipulation mentale à la secte globale ?

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Après vingt-cinq ans de controverses sur la meilleure façon de lutter contre les sectes, les parlementaires français viennent (ndlr. article datant d’Août 2000) d’adopter une loi réprimant la « manipulation mentale » et l’exploitation de la « dépendance psychologique ou psychique ». De leur côté, les Etats-Unis soumettent l’Europe à une pression diplomatique intense pour défendre la « liberté de religion ». Deux visions antagonistes, également réductrices, du libre-arbitre. Au risque de soutenir la grande secte sociétale contre les petites.

Le traumatisme provoqué par la marche à la mondialisation est sous-estimé. On s’étonne du pullulement des groupes illuminés, parfois suicidaires, comme s’il était étranger à la religion de l’argent et de la technoscience. Or il y a parenté entre la secte, exigeant le consentement intime à un groupe résumant le genre humain, et l’adhésion au marché universel, société à la fois globale et fragmentée en cellules consuméristes rendues narcissiques.

Les « religions émergentes » expriment des aspirations conviviales contrastant avec la froideur du système triomphant. Mais, à y regarder, la secte ressemble à la grande société, alliant contrainte douce et matraquage propagandiste. Et, s’il est difficile de repérer la banale servitude volontaire (endémique malgré La Boétie), il n’est guère plus aisé de séparer le libre choix de l’adepte de l’influence psychique du gourou.

Certes, le citoyen respectueux des droits humains récuse les groupements coercitifs, manipulateurs, voire criminels, captant les ressources, embrigadant les enfants, portant atteinte à l’intégrité physique ou perpétrant le viol psychique. Mais que faire lorsque la coercition est autoadministrée, à l’instar de règles monastiques ascétiques ? Lors que le « lavage de cerveau » imputé à des gourous diaboliques se révèle être partage de fantasmes par des élites comme les trente-neuf riches Californiens de La Porte du Ciel ayant « abandonné leur réceptacle physique » en mars 1997, ou les membres (médecins, banquiers ou ministres) de l’Ordre du Temple solaire (OTS) ? Et qui poursuivre pour « incitation au suicide » quand on persiste à se tuer, les guides ayant depuis longtemps disparu ?

Que dénoncer, quand la société-bulle proposée par les cultes sectaires n’est qu’une copie microscopique de la secte planétaire sommant chacun de consentir à devenir un « gentil membre de l’humanité » ? Que penser, à l’inverse, lorsqu’une communauté, illuminée d’un mythe naïf, permet à des chômeurs déprimés, proches de l’abandon d’enfants, de retrouver une insertion utile, du moins à leurs yeux ?

Vouloir endiguer le sectarisme par le harcèlement judiciaire – ressort d’une « gauche » dépossédée de ses idéaux ? – semble pusillanime, et hasardeux quand cela touche aux libertés d’association, chèrement acquises. Quant à psychiatriser des « pathologies sectaires », c’est attribuer une expertise à des militants partiaux (malgré leurs diplômes médicaux et leur civisme péremptoire). On risque – à l’instar de la psychiatrie soviétique de sinistre mémoire – de soutenir la grande secte sociétale contre la petite, et de donner à croire que toute résistance au projet globalisateur serait anormale, sous prétexte de « déni de la réalité ». Or, en quoi l’allégeance à l’ordre libéral serait-elle garante de réalisme ? Les idéaux universels n’ont-ils pas montré – comme ceux de la nation – qu’ils pouvaient se charger d’irrationalité coercitive, se gorger d’utopies insensées ?

Opposer la raison au sectarisme illuminé implique de saisir ce dernier comme manifestation sociale : il exprime et anesthésie dans l’urgence les ruptures culturelles. La multiplicité des sectes forme un marché hospitalier du malaise dans la civilisation. L’appartenance à telle Eglise compte moins ici qu’un vaste milieu cultuel où se rencontrent futurs adeptes et personnalités influentes, et où s’entrecroisent les thèmes mystiques.

Ainsi, les membres de l’OTS (ceux de La Porte du Ciel, ou ceux du Centre holistique Isis, qui avaient programmé leur fin, aux Canaries, en janvier 2000) avaient manifesté, avant leur adhésion fatidique, un vaste éventail d’intérêts allant de l’homéopathie au néodruidisme, des expériences au seuil de la mort aux rites de résurrection d’Osiris et au spiritisme (Kardec), des légendes arthuriennes au retour des Templiers et au rosicrucisme, des anges aux extraterrestres (favoris du culte raélien). Comme Umberto Eco l’avait pressenti dans son Pendule de Foucault, ces éléments forment une mythologie contemporaine où beaucoup s’abreuvent d’extraordinaire. Certains voudront fondre réel et imaginaire, mais l’idée d’un « transit » de leur « enveloppe charnelle » ne s’imposera pas sous l’influence exorbitante des gourous : elle sera d’abord venue d’une culture trans-sectaire diffuse, banalement traversée d’éclairs d’inquiétude pour le désastre écologique.

Comme d’autres activités dans le monde de la marchandise, l’adhésion à la secte tend à la consommation opportuniste : nombre de Japonais fréquentent ainsi, en même temps, le shintoïsme (plus « magique »), le bouddhisme (plus philosophique), voire le christianisme (pour le mariage). On apprécie aussi les sectes, plus « existentielles », qui doivent, pour plaire, rivaliser d’originalité. Ainsi du bouddha réincarné Ryuho Okawa qui s’appuie sur… Nostradamus. Aux Etats-Unis, Hollywood montre l’exemple : on ne parle que de l’affiliation lamaïste de telle vedette naguère New Age, tandis que telle autre a découvert la Kabbale. Il en va de même en Afrique ou dans les cultures afro-américaines : non seulement beaucoup d’adeptes passent d’un culte à l’autre, mais la plupart cumulent affiliation à une dénomination religieuse et participation à plusieurs groupements rituels, sans parler du recours aux guérisseurs ou aux sorciers. Les représentations (les esprits) circulent également entre traditions et créateurs inspirés.

Sous ce bouillonnement hétéroclite, le vaste champ des groupes cultuels peut être décrit comme un triangle dont les pointes symbolisent trois grandes réactions à la crise de la culture : l’accepter, la critiquer, la fuir. On peut renchérir sur le mouvement scientifique, technique et commercial, pour le fonder spirituellement. On peut, au contraire, condamner la déchéance des pouvoirs en place. Enfin, on peut décider qu’il faut « en finir », en se soumettant à un jugement terminal. Exprimées par des sectes, ces trois positions amplifient des attitudes répandues dans la société globale, comme la course au progrès, la lutte contre les archaïsmes, ou encore la mise en jeu de la vie ou de la fortune – luttes d’indépendance, ruées spéculatives, etc. Là encore, elles ne se séparent pas de la société, mais exagèrent plutôt ses tendances profondes.

1. Culte de la modernité

Ainsi, de nombreuses sectes ne souhaitent pas récuser le progrès, mais en animer le mouvement. Le monde moderne s’avère-t-il lié à l’éducation ? Voici la Christian Science, qui, dès le début du XXe siècle, proposa l’apprentissage rationnel de la religion. L’Eglise de scientologie prétend maîtriser « le savoir sur le savoir », et combler le retard des connaissances sur l’homme par rapport à celles de la nature. En voici d’autres qui construisent des écoles et des laboratoires, financent des programmes de recherche, recrutent sur les campus et parmi les étudiants et les chercheurs les plus brillants, dont la Vérité suprême (désormais Arefu) d’Aum Shinrikyo, bouddhisme teinté d’apocalyptisme mais centré sur l’augmentation des capacités dans la vie moderne.

Les médias apparaissent-ils centraux dans notre existence ? Voici les télévangélistes américains ou brésiliens qui surpassent les plus populaires des animateurs – et, ô scandale, exigent des rémunérations aussi considérables que ces derniers ! L’écran de télévision ou d’ordinateur est-il, à l’évidence, le nouvel autel domestique de la religion consumériste ? Voilà que la Soka Gakkai (la « société de création de valeur », deux millions de familles adhérentes revendiquées) propose de mettre en marche dans tous les foyers un appareil bien plus intéressant : l’autel du Mandala, où se récite le Daimoku (l’adoration du sutra du Lotus) !

Internet relie-t-il les individus à des millions d’autres ? Voici que fleurissent « cyberreligions », « technocultes » et « technosophies » : plus de 20 000 forums religieux recensés en 1997 sur Internet.

Voici l’ Institut de recherche sur le bonheur humain (secte syncrétique japonaise), qui promeut les liaisons entre adeptes par satellite. Voici encore Aum fabriquant des relais de transmission de pensée entre le gourou et ses disciples…

Certes, le modernisme sectaire peut basculer vers la violence (comme en 1995, lorsque des membres de cette puissante secte répandirent du gaz sarin dans le métro de Tokyo, tuant cinq personnes), mais il s’adapte sur le long terme. Ainsi Aum possède-t-elle aujourd’hui des dizaines de boutiques d’informatique, comme c’est aussi le cas en Europe ou aux Etats-Unis, pour des communautés cultuelles fascinées par le Réseau. Elles réactualisent l’affinité entre secte et commerce décrite par Max Weber pour certaines communautés protestantes des siècles passés.

La technologie militaire démontre-t-elle sa supériorité ? Depuis que l’Armée du salut (longtemps démonisée comme secte) endossa l’uniforme pour combattre la misère comme sur un champ de bataille, le thème a servi bien des propos : ainsi, l’étrange Eglise ougandaise des Holy Spirit Mobile Forces (1993-1996) s’organisa au milieu de la guerre civile comme une armée moderne en marche, dotée d’une hiérarchie militaire high-tech. De son côté, Aum Shinrikyo, structurée en « ministères », disposait d’une « agence de défense » à laquelle concouraient plusieurs dizaines de membres de l’armée japonaise. D’ailleurs, l’attentat du métro ne relevait pas d’une folie eschatologique, mais bien d’une « opération psychologique » : il avait été clandestinement programmé – avant sa dénonciation par la CIA – pour corroborer la prophétie du gourou (très admiratif des manoeuvres hitlériennes) sur un prochain « désastre national », qu’on ne pourrait pas – supposait-on – attribuer à la secte.

Enfin, la société met-elle l’accent sur la réussite par le travail, dans de vastes organisations disciplinées ? Voici l’Association pour l’unification du christianisme mondial (dirigée par le révérend Moon) qui en adapte le principe, bientôt suivi par nombre de mouvements spi rituels richissimes : au point qu’on se demande si le modèle de la secte n’inspire pas désormais les méthodes du management dans les plus grandes entreprises.

Il est, en un sens, étrange que la vindicte antisectes se concentre sur ces orientations, tellement en symbiose avec la « grande société ». Chez Moon, Christian Science ou l’Eglise de scientologie, rien ne s’éloigne en effet du « consentement forcé » qu’une entreprise internationale ou une organisation civile ou militaire obtiennent couramment de leurs subordonnés. On y retrouve une même croyance naïve dans les techniques manipulatoires :ainsi des multinationales à base américaine recourent-elles encore au détecteur de mensonge, tout comme la Scientologie.

Or cette croyance semble partagée par un croisé de la « bonne science » antisectes, M. Jean-Marie Abgrall, qui accorde une valeur scientifique aux « expériences d’incitation » de Milgram (alors qu’elles sont des exploitations théâtrales du sadisme en chaque personne), pour leur opposer un « déconditionnement » tout aussi suspect.

La virulence envers les sectes modernistes ne proviendrait-elle pas d’une concurrence jalouse, sur le fructueux marché d’une science présumée toute-puissante ? Ainsi s’expliquerait que, dans plusieurs pays, certains psychothérapeutes militants de la « vraie science » tentent de faire condamner au nom des mêmes catégories pseudo-scientifiques aussi bien les sectes que les écoles de psychanalyse indépendantes (répugnant à entrer dans le moule de la psychiatrie anglo-saxonne normalisée). Il est dès lors aisé pour les sectes, rodées à la chicane, de renvoyer à leurs censeurs l’accusation d’intolérance coercitive – alors qu’elles demeurent plus discrètes sur des pratiques clairement inadmissibles pour tout Etat souverain : renseignement ou jeu d’influences au service de puissances étrangères.

Tout ce jeu entre frères ennemis évacue la question principale : celle du recours au scientisme – sectaire ou pseudo-académique – en matière de moeurs. L’étrange usage que la secte fait de l’idéal scientifique n’est en effet pas seul en cause : tous les pouvoirs (économique et politique, judiciaire et policier) sont tentés de recourir à la puissance « magique » de la science, en menaçant à terme démocratie et liberté.

2. Les sectes contre le pouvoir

Depuis les réformes protestantes (et les mouvements judaïques du hassid – la piété), les sectes « critiques » partagent un autre trait moderne : elles s’en prennent à l’autorité paternaliste. Entre évangélismes (témoignant de la bonne nouvelle), méthodismes ou baptismes (techniques salvatrices, rites de conversion) et pentecôtismes (ouvrant l’accès de chacun à l’Esprit saint), s’affirme un individualisme « démocratique », lié au désir de savoir. Est-ce que la sainteté, le salut appartiennent à des clercs (du grec kleros : « héritage », « lot tiré au sort »), à des personnes méritantes (des « hommes bons », disaient les Cathares de leurs élites) ou bien encore au peuple des fidèles ?

Une fois amorcée, la question s’alimente elle-même, car, en répudiant les grandes Eglises pour leur médiation trop hiérarchique, chaque nouveau groupe est à son tour confronté à l’émergence d’un clergé, guide de lecture, dépositaire des rituels ou exemple de l’idéal commun.

Les affirmations d’égalité (congrégationalismes) ne suppriment pas le pouvoir. Depuis le début du XXe siècle, la dynamique viendra ici des pentecôtismes, y compris à l’intérieur du catholicisme américain et européen (via le « renouveau charismatique »). En acceptant les manifestations les plus variées de l’Esprit saint en quiconque (lors de réunions où est reconnue l’émotion de la transe), ces rassemblements libèrent en effet davantage d’individualisme.

Pourtant, l’évolution vers la pluralité des identités ne s’arrête pas là : débordant la référence unificatrice à l’Ecriture, on retourne aux esprits des lieux, des modes de vie, des passions, des saints, des caractères nationaux, des morts, etc. C’est ainsi que, depuis les années 30, bien des épaisseurs d’histoire ont enseveli les premières incursions pentecôtistes au Nigeria, les missions de l’Armée du salut au Congo belge ou celles des Témoins de Jéhovah en Zambie, souvent pour la même raison : la créativité des cultures africaines face aux vagues étrangères successives – chrétiennes ou islamiques -, leur capacité à les traduire dans l’« idiome » des conflits entre puissances spirituelles et pratiques de soin.

Dès lors, les milliers de sectes actuelles – parfois éphémères – des Afriques (orientale, centrale et du Sud) ou les groupes cultuels brésiliens, revendiquant ou non une source africaine, comme le fameux candomblé, étudié par Roger Bastide, ne prolongent pas seulement des prosélytismes anciens (ni ne sont d’ailleurs incompatibles avec les Eglises traditionnelles).Ils expriment une segmentation « libertaire » du marché des idéaux dans la société consumériste mondiale, résistant à la mobilisation des périodes travaillistes. Ainsi, alors qu’un quart de la population guatémaltèque est sous influence des sectes d’origine nord-américaine, on n’observe chez les fidèles aucun changement significatif vers une « performance économique », supposée automatiquement engendrée par l’éthique puritaine !

Les pentecôtismes sont pris à revers dans leur propension même à l’expression plurielle (le « parler en langues ») : une variété jusque-là impensable de rites, de danses, de mises en scène thaumaturgiques remonte du colonisé vers l’ex-colonisateur. Cela, malgré l’anathème et la diabolisation, comme aux Etats-Unis, où certains cultes sud-américains présumés d’origine yoruba (Nigeria) sont l’objet de rumeurs de sacrifices humains et de crimes sexuels, guère différentes des accusations des chrétiens sous la Rome antique ou des juifs dans l’Europe médiévale.

Lorsque des citoyens prétendent vérifier la tolérabilité de tels « cultes libres », ils ressemblent aux dignitaires décidant des manifestations prophétiques ou des identités communautaires au sein de leur Eglise. Ils précipitent ainsi la comparaison entre la « grande société » dont ils sont militants et la secte totalisante qu’ils dénoncent.

Ils incarnent la prédiction d’Emile Durkheim : la société prend la place de Dieu.

Mais ceux qui se lancent dans un traitement purement judiciaire des sectes se doutent-ils qu’ils sont attendus par ces dernières, qui attaqueront en retour – telle la Scientologie combattant la psychiatrie, ou Tradition, Famille, Propriété, créée par le Brésilien Plinio Correa de Oliveira pour censurer juridiquement les libertés artistiques ?

Le lien entre intolérance majoritaire et sectarisme minoritaire n’est pas nouveau : depuis la chasse aux paganismes, la répression des dérives émotionnelles émane des autorités comme des groupes sectaires, dans une dialectique de l’exclusion. Ainsi les régions européennes les plus marquées par les radicalisations politico-religieuses (la Suisse en création, les Allemagnes ensuite dépeuplées par la guerre religieuse de Trente Ans) connurent-elles plus de la moitié des condamnations de « sorcières » recensés en Europe. Aujourd’hui, ce sont dans les régions imprégnées de sectarisme fondamentaliste (aux Etats-Unis et en Amérique latine) que surviennent nombre d’incroyables procès pour crimes sexuels supposés associés à la sorcellerie.

3. Pour l’arrêt d’une « histoire folle »

Il existe enfin des personnes pour soutenir qu’amplifier notre emprise sur la nature et la vie est une folie, et qu’il vaut mieux arrêter cette aventure. La fin imaginaire d’une histoire qui nous échappe est une consolation banale, mais il existe trois manières de partager ce fantasme : soit on décrète que le temps s’est arrêté, soit on attend l’événement salvateur terminal, soit, enfin, on le provoque : on se précipite dans ce qu’il faut bien appeler un acte collectif de suicide.

Adeptes du temps arrêté, mennonites (les amish) en Pennsylvanie ou huttériens au Canada (en Alberta) vivent comme les paysans suisses du XIXe siècle. Certains modèles monastiques (dans plusieurs religions) recourent au temps immobile de la contemplation, ou visent, comme dans le bouddhisme, l’abolition des cycles de vie et de mort. Des tentatives renouvelées se situent dans cette perspective, parfois liées à une communauté agrarienne. Bien que les autorités s’en prennent (pour leur prétention à reconstruire des filiations hors des politiques familiales et éducatives officielles) à ces groupements fermés, ceux-ci sont rarement cause d’autodestruction, et le thème apocalyptique y est plutôt une affirmation défensive (selon l’anthropologue britannique Mary Douglas) qu’une visée.

Comme d’autres Eglises adventistes, la célèbre Société de la tour de garde (les Témoins de Jéhovah) pratique l’attente d’un événement résolutoire des souffrances. La posture n’a rien de neuf : la fondation du christianisme fut nourrie d’un désir de fin du monde en un temps où l’acceptation de l’unité civilisationnelle – l’Empire – était insupportable à beaucoup. Parmi les hassidismes contemporains, le mouvement Loubavitch espère le retour d’un rabbi comme messie.

Le problème de ces groupes est le dépassement de la date prescrite, qui impose des remaniements dans l’imaginaire collectif. Ainsi, que deviendront les Témoins de Jéhovah quand aura disparu la dernière personne ayant vécu la guerre de 1914-1918 ? On peut supposer que, pour se pérenniser comme dénomination stable, ils devront réaménager leur perspective eschatologique, comme ils ont dépassé les dates antérieurement choisies pour le Jugement dernier.

La voie du suicide collectif est aussi ancienne, bien que médias et mouvements antisectes suggèrent le départ d’une série contemporaine : l’empoisonnement volontaire, tel celui survenu au Guyana, en 1978, de 918 membres du Temple du peuple, paroisse évangéliste américaine dissidente dirigée par le pasteur Jim Jones. L’orientation fatale s’est liée dans le passé à la recherche du martyre, comme aux débuts du christianisme, dans certaines sectes guerrières musulmanes ou dans des mouvements millénaristes brésiliens du XIXe siècle s’offrant à la soldatesque venue les réprimer. Loin d’être le fait d’exaltations isolées, le désir d’en finir avec le monde (vallée de larmes, enfer, fardeau insupportable, etc.) dans une maternante euphorie collective a pu être si répandu qu’on recourut à la crainte de la damnation pour l’enrayer !

Le suicide collectif a aussi relevé de la résistance (combattants juifs refusant de se rendre aux Romains dans la forteresse de Masada, paysannes grecques se jetant dans le vide pour ne pas être prises par les Turcs, etc.). Dans l’attaque de la ferme de Waco (1993), l’indubitable projet de suicide orchestré par le jeune gourou David Koresh s’est changé en martyre au combat suite à la maladroite intervention armée de l’administration américaine. Dans les carnages subis au printemps 2000 dans la secte ougandaise du Rétablissement des Dix Commandements, on ne peut ignorer la proximité de la démarche (ordres de rassemblement, obligation de silence, jeûne, contention et gymnastique associés à la prière intensive….) avec le martyre en service commandé exigé par les chefs d’autres sectes (telles les armées du Saint-Esprit d’Alice Lakwena, de Severino Lukoya ou de Joseph Kony). Dans ces parodies de compagnies disciplinaires se joue aussi la « rédemption » d’anciens militaires, eux-mêmes coupables de massacres intertribaux. Ainsi, c’est dans l’idiome militaro-religieux, plus que dans celui du gourou, que se traduit en Afrique orientale la volonté de se soustraire en mourant à une guerre civile sans frontières ni fin, et de donner signification symbolique au sida.

L’autodestruction est rarement vécue comme telle, et plus souvent comme récusation de la mortalité du corps sexué et comme voyage spirituel vers une autre incarnation. Est-on si loin ici (bien que l’on puisse refouler cette proximité avec indignation) des militantismes pour le « droit à mourir » et le « devoir d’euthanasie » qui se développent avec le vieillissement des populations les mieux nanties ?

La secte suicidaire représente un tel scandale pour les membres de la société-monde (dont elle semble un désaveu absolu) qu’elle suscite une intense « négation de réalité ». Ainsi peut-on vérifier, à chaque nouveau suicide collectif, que les médias supposent les gourous en fuite après avoir massacré leurs adeptes. Le discours change peu quand il s’avère que ces gourous (aussi crapuleux soient-ils) gisent parmi les premières victimes : Jim Jones, David Koresh, Marshall Applewhite, le gourou de Heaven’s Gate, les deux chefs de l’OTS, Luc Jouret et Jo di Mambro, très probablement aussi le gourou ougandais Joseph Kibwetere, dont le cadavre a été reconnu par un proche parent. On évoque alors de mystérieux intervenants (la Mafia, les services secrets), une guerre entre dignitaires, des « difficultés financières », etc. Quand la secte exécute son troisième suicide (comme l’OTS), le média, plutôt que de reconnaître enfin l’autodestruction inspirée par la croyance partagée…, se tait. Pas plus que n’est admis le désespoir des tribus amazoniennes ou mexicaines qui, par familles entières, se pendent ou s’empoisonnent plutôt que de changer leur mode de vie.

Ce déni de la part des organes idéologiques de la modernité (qui répond au déni de réalité imputé aux sectes, et au déni de ces dernières sur le caractère de suicide de leurs « départs ») doit être analysé pour ce qu’il est : un refus d’admettre que les membres d’une société (fût-elle microscopique) puissent s’associer librement pour disparaître. L’accepter ouvrirait en effet une question angoissante : n’existe-t-il pas une tendance tragique dans la seule poursuite d’un idéal commun absolutisé ? La militarisation désespérée de sociétés comme la France napoléonienne, la germanité impériale ou nazie entre 1914 et 1945 ou le « club » des grands antagonistes nucléaires prêts à s’exterminer pendant la guerre froide ne sont-ils pas signes insistants de cette tendance ? Ne la sent-on pas à l’oeuvre dans l’idée d’un monde virtualisé, entièrement mobilisé par les entreprises multinationales et par le jeu boursier ? Se dissout-elle vraiment dans le marché universel ?

Lorsque l’on refoule le concept même de suicide collectif, en lui préférant la rassurante « manipulation mentale », c’est au fond qu’il suggère que le collectif planétaire pourrait être… une forme ultime de la secte. Mais comment reconnaître que l’humanité entière puisse jouer avec la ruine ou chercher à se supprimer ?

A tout prendre, les groupes « artistiques », tels extropiens, ravers, new age travellers et zippies, qui naviguent entre libertarisme écologique, cyberpunk, utopie et science-fiction, et tournent en dérision le désir de désastre et de désincarnation (deflesh : remplacer la chair par un artefact) en imaginant l’humanité cryogénisée, « téléchargée » sur réseaux virtuels ou réincarnée sur une autre planète, nous semblent plus réalistes que les censeurs qui nient le non-sens engendré par la société ultralibérale informatisée (12). Ils suggèrent en effet que ce n’est pas tant le rêve de « quitter le corps et le monde » qui est anormal, que l’extrême sérieux conduisant certains à réaliser leur fantasme, là où d’autres le jouent sans quitter la vie, ou pour mieux la retrouver.

Dans Holy Smoke, un film beau et dérangeant, la Néo-Zélandaise Jane Campion montre que ce même sérieux rend le « désenvoûteur » – embauché par une famille captatrice qui cherche à sortir sa fille de l’emprise supposée d’un gourou – encore plus inhumain que la douce illusion de l’ashram.

Heureusement, la vie et l’amour sont là, plus forts que toutes les technologies spirituelles et que leurs parades répressives réunies.

Plus nous forcerons les gens à se moderniser, à « contracter » pour s’accorder à l’idéal d’une humanité réglée par le droit commercial universel et son substrat technologique (en ignorant le caractère foncièrement coercitif de cette pure gestion), plus nous nous exposerons à ouvrir des plaies que la secte viendra exploiter, en opposition complice avec sa grande soeur globale.

Denis Duclos.

Le Monde Diplomatique

14 Réponses

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  1. Merci pour ce très intéressant article. La semaine dernière, il m’est arrivé une synchronicité: j’étais assise dans le métro, en train de lire « La sorcière de Portobello » de Paolo Coelho qui raconte l’histoire d’Athéna, sorcière moderne en confrontation avec un « preacher » d’une secte très traditionnaliste qui l’accuse de satanisme…quand un jeune homme s’est assis à ma droite, tenant en main la Bible des Mormons, et tout de suite salue un autre jeune homme assis juste devant en perpendiculaire, puis se met à lui parler de Dieu. L’autre l’arrête tout de suite lui disant qu’il ne croit pas en Dieu, insistance du premier, refus poli de l’autre de s’engager dans la conversation. Le premier se lève et s’en va. Nous avons échangé quelques mots ce jeune homme et moi: quel courage tout de même de s’adresser à un pur inconnu en lui parlant de Dieu… Notion de Dieu, croyance tellement subjective sur un « Etre » évidemment inconnaissable.

    Je n’ai rien à ajouter à l’article, je voulais vous dire merci, je vais le faire connaître à mes correspondants! Si le coeur vous en dit venez sur mon blog lire mon article « La sorcière de Portobello – Synchronicité » avec ajout d’un extrait d’une entrevue de Paolo Coelho à ce sujet, et l’article précédent sur le symbolisme de Dieu.

    Michelle

    8 novembre 2009 at 13:37

  2. C’est vrai que parler de Dieu en plein métro,
    c’est un peu comme y jouer Mozart aux heures de pointe.
    (Voir à ce sujet sur ce site :
    Défaite de la musique)

    Je vais de temps en temps sur votre site, qui est très intéressant.
    La synchronicité est un sujet passionnant !
    Vous pourriez peut-être en proposer ici même une présentation ?

    Merci de votre témoignage.

    Laurent l'un

    8 novembre 2009 at 13:56

  3. Alors que je découvre le post de Michelle et celui de Laurent,je viens d’adresser voici quelques minutes, un petit mot. dans lequel je divague vaguement au sujet des synchronicités.
    Athéna est le prénom d’une de mes sœurs, faut-il voir dans ces deux éléments rapprochés une synchronicité?
    Tout est-il vraiment lié dans l’espace-temps?

    Interrogativement votre

    laurent lautre

    11 novembre 2009 at 01:29

  4. Bien sûr! Tout est relié et depuis quelques jours, ta soeur est la 4e Athéna que je « rencontre ». Dans le dictionnaire des symboles, en cherchant ce qu’on disait au sujet du symbole du labyrinthe, on parlait de la déesse Athéna, et j’ai commencé le 3e tome de la série sur les dieux de Bernard Werber, où on parle aussi d’Athéna. J’ai eu des périodes de ma vie où les synchronicités étaient chose courante, ce qui donne vraiment un réconfortant sentiment d’appartenance au monde.

    Michelle

    11 novembre 2009 at 01:35

  5. !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Laurent l'un

    11 novembre 2009 at 07:54

  6. Bonjour,
    À propos de Jovanovic et de signes, j’ai, dans ma besace, quelques coïncidences que je soumets à votre réflexion.

    Trop de hasard tue le hasard.

    Préambule

    En 1982 je rencontre une personne que je côtoie professionnellement, par épisodes, un peu plus d’un an.
    En 1992 je déménage.
    Je fais connaissance d’un agent immobilier.
    En 1995 par son entremise, je découvre que le gars que j’avais connu en 1982 vit à quinze kilomètres du lieu de mes activités.
    Il est malade, rupture d’anévrisme.
    Que faire?
    Je travaille dans la même branche que lui, je pourrais l’aider.
    Je crains cependant que ma bonne volonté ne soit mal perçue.
    Bien qu’ayant eu à l’époque la possibilité de lui filer un coup de main, je ne bouge pas, supposant à tort ou à raison, que je risquais de compliquer plutôt que de soulager.

    Trois ans passent.
    En 1998, je cherche à acquérir des bâtiments.
    Je me rends chez l’agent immobilier.
    Il me signale d’emblée que le mec est décédé, que les locaux sont à la vente, que c’est l’idéal pour moi, que la veuve peine à trouver acquéreur.
    J’avais totalement évacué cette donnée, j’en avais fait le tour trois ans plutôt, je ne voulais pas revenir en arrière, je décline donc son offre d’aller visiter ces lieux.

    Quelques jours plus tard, il m’interpelle dans la rue.
    On discute, il insiste vraiment.
    Pour lui être agréable tant que pour me débarrasser du problème, je cède.
    Voilà le rendez-vous fixé.
    Je visite et confirme mon refus, affaire réglée.

    Le soir, dans mon petit lit douillet, méditatif et calculateur, je passe en revue les volumes, soupèse le pèse, c’est plus que correct comme prix.
    Je revisite mentalement, oui, en coulant des dalles, en abattant ce mur, et là un chemin pour relier ces bâtiments, oui, c’est possible.
    L’agent immobilier arrange une seconde visite lors de laquelle j’annonce, sous réserve d’acceptation du dossier bancaire, me porter acquéreur du lieu.

    Dix jours après que mon chèque de réservation ait été débité, des moines en robe orange qui se proposaient d’acheter cette propriété pour leur communauté se sont présentés.
    Ils réfléchissaient depuis plus d’un an à ce bien.

    Fin du préambule.

    Avec ces bâtiments j’ai également acheté quelques 60/70 mètres cubes de livres, revues ésotériques, ouvrages sur le christianisme, le soufisme, l’hindouisme, sur les plantes, les médecines naturelles, bref un gros paquet de bouquins.

    Dans ce foisonnement d’ouvrages, deux trouvailles semblaient m’attendre depuis longtemps.
    Je n’évoquerai ici que la première.
    Des colis, expédies, quelques trente ans plus tôt, de ma ville natale et jamais ouverts.
    Ces paquets dument ficelés, étaient, me fit remarquer un ami à qui je les montrais, adressés à monsieur et madame Christor.

    J’ai attendu quelques années avant d’en ouvrir un.
    A l’intérieur, plusieurs exemplaires d’un même ouvrage, « la voie du maître ».

    Ce livre, ne comporte aucun nom d’auteur.
    Son éditeur résidait dans une ville où j’ai retrouvé, plus tard, une sœur perdue de vue depuis plus de trente ans.
    Ce livre parle du christ.

    Le mec raconte qu’il transcrit, en quelque sorte, sous la dictée de l’esprit.
    J’ai attendu quelques années avant de le parcourir.

    Une date figurant dans la préface m’a interpellé !
    Le 22 février 1953.

    Cette date m’a interpellé car ce fut un 22 avril, dimanche de pâques, que s’ouvrirent sous mes pieds les portes de l’enfer.
    Enfer qui prit la forme d’un atroce internement dans un établissement psychiatrique dévoreur et bousilleur d’âmes.

    Entré le 22/04, j’en suis ressorti le 11/02 de l’année suivante.
    22/04 et 11/02, c’est la moitié, facile à retenir.
    A moitié détruit que je suis ressorti de cette géhenne.
    Le 22 février 1953 contient donc le jour de mon entrée, le 22, et le mois, février, celui de ma sortie.

    Marrant que je me dis, ces paquets que je trouve dans une maison que je ne voulais pas acquérir.
    Ces paquets, jamais ouverts, expédiés 30 ans plus tôt de ma ville natale.
    Ces paquets adressés à monsieur et madame Christor.
    A l’intérieur, cette dizaine d’exemplaires, sans nom d’auteur, d’un livre qui annonce le christ cosmique, qui traite librement de karma, de réincarnation.
    Et dans ce livre cette date, 22 février 1953, qui contient le jour de mon enfermement et le mois de ma sortie.
    Marrant que je me suis dit.

    Cette date n’est pas uniquement curieuse pour moi à ce titre.
    Cela ne justifierait pas que je vous ennuie avec tout cela.

    Décembre 2005, depuis quelques deux ans je tchatche, très déçu, sur des sites chrétiens.
    J’essaie de voir, de comprendre comment ils perçoivent le christ.
    Un internaute, un des rares sensibles, intelligents et tolérants que j’aie rencontré en ligne, me conseille la lecture d’un bouquin que j’avais déjà repéré sans pour autant me l’offrir.

    Je suis très terre à terre et le titre m’inspirait un rien de méfiance, « enquête sur les anges gardiens » de Jovanovic.

    Une semaine avant noël’ je trouve ce livre en librairie.
    Je le glisse dans mon panier qui s’alourdit à mesure que je déambule entre les tables de présentation et les rayonnages.

    Et voilà le lien.
    Le jour de noël 2005, confortablement installé au milieu de piles de cadeaux, je feuillette le livre de Jovanovic dont j’entame la lecture.
    Et là, là, sous mes yeux grands ouverts, en plein après-midi de noël, je tombe sur quoi dans ce bouquin?

    Ha je m’en souviens parfaitement répondit-elle, c’était de 22 février 1953.
    Le 22 février 1953, oui, c’est le jour où j’ai accepté le christ dans ma vie répondait cette veille femme à Jovanovic rendu à Montréal, dans le but de rencontrer, d’interviewer cette compagne du christ, célèbre à la manière d’une Marthe robin ou autres ravies.

    Vous imaginez le choc dans ma pauvre petite cervelle fragile.

    Deux dates liées au christ se télescopent le jour de noël dans mon plumard.

    De mon lit, j’assistais, plus de cinquante après, à l’assemblage d’une part du puzzle dont nos vies, nos chemins, nos destins constituent les éléments vivants.
    Sa date quelque part, en ce jour de noêl, confirmait la mienne et réciproquement.
    Nos hasards convergent vers un sens que nous peinons à saisir car l’action s’étend sur plusieurs millénaires et la distance est grande entre l’acte individuel apparemment insignifiant et les grandes transformations de la conscience collective.

    Je voyais, à travers ces diverses conjonctions, la trace profonde et continue du christ
    Fil d’Ariane, invisible trame divine sur laquelle se tisse l’aventure humaine, le christ signale sa présence par touches, coïncidences, synchronicités.
    Parfois directement, parfois indirectement.

    Aux croisements des mailles, aux carrefours des motifs de cet ouvrage plurimillénaire, il devient ça et là possible de distinguer grâce à la convergence d’évènements, de forces spirituelles, certains cycles, certaines plateformes où semblent aboutir des faits étroitement liés quoique sans rapports apparents entres-eux.

    Par exemple, le 29 mai 2003 célébrait deux ascensions celle terrestre du cinquantenaire de la première de l’Everest et celle céleste du christ.
    J’étais moi-même dans ma cinquantième année
    Entre mes accointances christiques et mes amitiés népalaises, je me suis senti tout petit.

    Le 29 mai 1553, cinq cent cinquante ans plus tôt, chute de Constantinople.
    Cette ascension fut pour moi délicieuse et quelque peu mouvementée.
    Je fus soudainement soulagé d’un grand poids, si soulagé que j’eu l’impression de quitter la terre et d’en haut, à la manière d’un cosmonaute, j’ai vu l’union des opposés
    Ainsi fut résolue pour moi une question sur laquelle je planchais depuis plus de trente ans.
    Elève peu doué sans doute..
    Au moment où cela est arrivé, je préparais une commande d’une centaine d’anges, du coup j’en ai rajouté cinquante.

    Ce jour là j’ai également eu le sentiment qu’aucune source, qu’aucune énergie profonde n’alimentait plus le mal.
    Qu’il ne nous restait plus qu’à attendre gentiment que les enchainements karmiques négatifs mis en mouvements précédemment meurent de leur propre mort, se dispersent en conséquences de plus en plus réduites, jusqu’à disparaître.

    J’ai des rapports très amicaux avec le Népal où l’on fêtait ce jour l’exploit de Tensing et d’Hillary.
    J’allais au Népal, comme tous les freaks de l’époque lorsque s’est produit l’épisode turque qui a interrompu mon voyage.
    J’ai travaillé pour une firme qui s’appelait Népal, pour une autre qui s’appelait Alpen dont c’est l’anagramme.
    Le jour de l’ascension 2003, le G8 siégeait à Evian, à quelques cinquante kilomètres de chez moi.
    Mon fils qui habitait Evian, au numéro de ma date de naissance, au-dessus d’un magasin qui portait le nom d’une de mes sœurs est venu pour ce week-end chez son vieux père.

    Ce samedi, les pompiers sont montés en urgence chez les voisins car les deux petits enfants de notre chère et sympathique voisine avaient absorbés des médicaments que leur père par mégarde avait omis de ranger.
    Fort heureusement rien de grave.
    Ce samedi, notre chat fut renversé par une voiture.
    Mon fils le descend chez le véto, bam, accident de bagnole, bagnole foutue.
    Fort heureusement rien de grave pour personne, ni même le chat.
    J’ai eu le sentiment d’une adversité qui s’acharnait sans pouvoir atteindre son but.

    Certains cycles sont longs, plusieurs siècles, d’autres plus courts, quelques décennies avec bien sur d’autres variantes.
    Lorsque certains de ces cycles s’ajustent et commencent ou terminent simultanément une phase, ils entrent en résonance
    Ainsi l’information amplifiée parvient jusqu’à nos consciences.

    Jung définit une synchronicité par la réunion d’au moins deux évènements sans lien de causalité et qui pourtant prennent un sens pour celui qui les vit.

    La synchronicité prend l’aspect d’une volonté invisible, ça ne peut pas être du hasard se dit-on.
    Un hasard objectif pour les surréalistes.
    Un hasard conscient ?

    Je pense que les synchronicités reposent en fait sur un lien causal que nous ne percevons pas en raison de sa profondeur, de l’éloignement de la cause originelle, parfois antérieure à notre existence présente.
    C’est le cas pour tout ce qui touche au christ et à la résurrection.

    Quelques jours plus tard, je me remets à peine de mes émotions de noël dans un hôtel d’Amsterdam.
    Je fête le nouvel-an en compagnie de ma future femme et d’un couple d’amis.
    Allongé sur le lit de la chambre tout en regardant les infos, je digère les données christiques récentes, les colis, les dates, cette vieille canadienne que Jovanovic rencontre.

    Premier janvier 2006, ébahi, je vois s’inscrire sur les écrans du monde le nom d’un petit village turc qui compte énormément pour moi.
    Dans ce village se sont déroulés des évènements d’une extrême importance pour moi…
    Et voilà que 33 ans plus tard le nom à coucher dehors de ce bled perdu où je fus suspendu entre ciel et terre, entre vie et mort au souffle de l’éternel, voilà qu’au premier janvier 2006, ce nom fait le tour de la terre.
    Fin d’un cycle, début du dernier round, je ne sais pas mais l’année 2006 fut pour moi lourde d’incidences christiques.

    J’espère ne pas vous avoir trop ennuyé avec ces données d’ordre personnel.
    Elles dépassent cependant le cadre de mon individu car il me semble y discerner ça et là, la présence effective, agissante du christ.
    C’est pourquoi je me permets, en toute modestie, de vous les soumettre.
    Ce qui importe ce n’est pas uniquement qui et ce que nous sommes mais bien la lumière que nous portons en nous.
    Celle qui fait de nous des êtres à jamais vivants en elle.

    Mais de tout ça somme toute on s’en fout, faut aller bosser, faire bouillir la marmite et la vie semble si courte, pourquoi s’attacher à son éternité ?

    Laurent lautre

    laurent lautre

    12 novembre 2009 at 17:57

  7. Bonjour,
    Intéressant ce que tu écris, Laurent Lautre.
    Il m’est arrivé une synchronicité ce matin. Depuis plus de 30 ans, il m’arrive très souvent, dans un état de demi-sommeil, ou de méditation, des images et/ou des paroles, que je note quand elles sont précises et significatives. Il m’arrive souvent de lancer une interrogation, au hasard en fait puisque je ne sais d’où me vient la réponse (souvent utile et/ou intéressante). Or donc, j’ai lancé la question au sujet de cette folie qui règne au sujet de la grippe H1N1 et de la vaccination: qu’est-ce qui va se passer?
    Je suis plutôt anti-vaccins. Et en réponse, j’ai vu l’image d’un coq, très coloré, dans un espace carré, accompagnée d’un sentiment de joie. Je me suis dit que quelque chose, peut-être, éveillerait la population comme le fait le coq…C’était au début de la vaccination au Québec, donc fin octobre. Hier, j’ai écouté aux nouvelles qu’en France, la vaccination venait de commencer et qu’il y avait très peu de volontaires. Et ce matin, je lisais Bernard Werber, Le mystère des dieux, un passage où, redevenu simple mortel après avoir été un dieu, il se retrouvait sur cette planète appelée Terre 18, qui est en somme un monde parallèle qui a suivi une évolution très semblable à notre terre, parmi un peuple qui s’appelait les Coqs; la tour eiffel était une tour surmontée d’une tête de coq, puisque ce pays correspondait à la France. Je riais toute seule dans le métro… Alors le voilà le coq! Peut-être la France sera-t-elle l’instigatrice ou la source d’une étude comparée des vaccins, nous aurions tout intérêt à ce sujet de partager connaissances et expériences de tous les pays, et d’y réfléchir sérieusement!…
    Amicalement,
    Michelle

    Michelle

    14 novembre 2009 at 01:06

  8. Salut Michelle,

    Je te remercie d’avoir tout lu, c’était peut-être un peu long….

    Pour ce qui est des vaccins, je ne sais pas, toujours est-il que la population a globalement très bien réagi.
    Faut-il voir là l’indication d’une évolution des mentalités, je l’espère.

    Je pense que ce genre de flip détourne l’attention du public des vrais problèmes.

    Bien sur une pandémie est toujours possible, surtout avec notre malfaçon de traiter le vivant, et il est bon, mais vaguement inutile, de veiller sur un risque « extérieur » lorsque le danger principal réside en nous.

    Nous ne sommes pas attentifs aux vrais problèmes car ils remettent profondément en cause le fonctionnement des sociétés qui les génèrent.

    La « crainte » des autorités reflète l’image, la notion qu’elles ont de la stabilité de leurs constructions.
    Le monde faussement sécuritaire dans lequel ces autorités voudraient nous voir baigner, sécurisés donc sous contrôle, n’existe qu’à travers le flicage et la force répressive.

    De la sécurité, nous ne voyons qu’un képi, un uniforme qui se glisse partout sous prétexte de protéger le citoyen.

    Pour ce qui est de la sécurité véritable, tu repasseras.
    Ces képis n’ont pas empêché Tchernobyl, ni la déforestation, ni l’empoisonnement des rivières et des fleuves, ni le crash du 29 septembre 2008, ni Hiroshima, ni 14/18, ni le 11 septembre.

    Pas plus qu’ils ne contrôlent les ressources qu’ils saccagent, pas plus qu’ils ne contrôlent le temps, ils ne contrôlent les conséquences de leurs actes.

    Tout au plus essayent-ils de donner le sentiment qu’il y a un pilote dans l’avion.

    Comment parler de sécurité assis sur un tas de poudre bien sèche en allumant, avec son magnifique briquet en or, un havane parfumé hors prix?

    C’est pourtant ce qu’ils font, ils nous prennent vraiment pour des niais.

    La sécurité n’existe pas hors de la paix mondiale, ce qui implique auparavant, le désarmement mondial..

    Elle ne peut en aucun cas exister, dans une civilisation qui trafique l’atome, sans avoir rejoint un niveau de lucidité encore fort éloigné du notre.
    Lorsque ce niveau est atteint, l’utilisation militaire de l’atome n’existe plus.

    Si certains défricheurs possèdent une conscience humaniste affutée, allant de pair avec leurs investigations, ceux qui s’emparent des éléments mis à jour par ces pionniers ne s’embarrassent pas de scrupules.

    En supposant qu’un quelconque cataclysme doive frapper notre civilisation, rien ni personne ne l’empêchera.

    Tout est tellement fragile.

    Nous sommes prisonniers de ce que nous avons bâtit.
    Prisonniers des mégapoles, prisonniers de l’énergie, prisonniers de cette croissance prétendument nécessaire, prisonniers de notre manque de perspectives, prisonniers de notre orgueil.
    Prisonniers de notre manque d’imagination, de notre manque d’envergure.

    Prisonniers de vrais manques et de faux avoirs nous sommes.

    Les ressources terrestres ne sont pas infinies.

    J’espère pourtant que nous pourrons échapper à tout cela.
    Rien n’est jamais défini, ni joué.

    Les cataclysmes, au cours de l’histoire humaine, ne manquent pas.
    Je me dis stop, assez, évitons le mur, freinons à bloc, descendons de voiture histoire de voir où nous en sommes et ce qu’il convient de faire.

    Gébé, l’an 01.
    On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste.

    Je crois que si nous ne faisons pas un arrêt sur image alors on risque vraiment la casse.

    Nous devons changer de rythme.
    Deux jours de travail hebdomadaire suffiraient à faire fonctionner ce qui nous est nécessaire utile et agréable.

    Mais, j’oubliais, nous ne sommes pas sur terre pour nous émerveiller de ce « court instant d’amour » (Polnareff, sous quelle étoile suis-je né?) mais bien pour trimer, souffrir de tout et de rien.

    De la présence de l’absence et de l’absence de présence.

    Curieusement je pense que le pire appartient à l’histoire.
    Je déborde d’espérance, en dépit du tableau alarmant, inquiétant que les hommes peignent avec la chair de la terre.

    Au milieu de ce marasme qui se veut, organisé et rationnel, (il l’est pour une part) les synchronicités m’apparaissent comme un fil supra- conducteur.

    A propos du coq, enfin, excuse-moi de tant digresser, j’ai effectué quelques brèves recherches.

    Le coq est un animal solaire.
    Il est rattaché au lever du jour, de manière quasi universelle.
    Seul dans le bouddhisme tibétain le coq est néfaste.
    Il symbolise le désir, l’envie, la convoitise.

    Il est parfois aussi rattaché à la colère soudaine et brutale, à l’orgueil.

    Dans les traditions nordiques, le coq est le gardien de la vie.

    En Grèce antique, il est associé à Zeus et à son fils Apollon, dieu solaire.
    Le coq est un animal souvent offert en sacrifice.
    On lui prête la faculté psychopompe de voyager d’une rive à l’autre de la vie.

    Ainsi il devient associé à Hermès, dieux des messagers.
    Il est également le proche d’un guérisseur devenu dieu, Asclépios.
    Par ces relations, le coq obtient le pouvoir de guérir.
    Par son pouvoir de guérison, le coq est également lié au serpent, au caducée d’Esculape (le symbole des pharmacies).

    Le coq est aussi rattaché au christ.

    Il symbolise sa part solaire et la résurrection avec le lever du jour nouveau qu’il annonce.
    On le remarque au clocher des églises.
    Scrute-t-il l’horizon façon sœur Anne?
    Ne voit-il toujours rien venir?

    Lorsque le coq chantera trois fois, tu me renieras annonce le christ à pierre, le futur apôtre, qui bien sur ne croit pas un instant qu’il puisse agir de la sorte.

    Le chant du coq déchire le voile nocturne, il annonce le lever du soleil.
    Son chant, de même, lacère le voile de doute que le christ observe chez pierre.
    Le reniement de pierre correspond au son produit par le voile que le chant déchire.

    Ce tissu enfin en lambeaux, ne subsiste plus l’ombre d’un doute.
    L’apôtre est prêt, nettoyé, guérit par le chant du coq.
    Il peut partir sur les routes annoncer la bonne nouvelle.
    Purifié, sans plus aucune ambigüité.
    Solidement affermi dans la nature divine du christ révélée par la déchirure.
    Il fallait que ça sorte.

    Dans l’islam le coq est, déclare le prophète, l’ennemi de l’ennemi de dieu.
    Son chant signale la présence des anges.

    Dans le livre de Job, le coq représente l’intelligence venue de dieu

    Voilà, tu as le choix.
    A toi de voir quel coq est le tien, ils sont peut-être plusieurs.
    Sans compter ceux que je n’ai pas répertoriés.

    Et une petite synchronicité en guise de dessert, une.

    La première fois, en 2003, que je me connecte par curiosité sur un tchat chrétien, trois évènements singuliers se sont produits.

    A la seconde où je me connecte sur le tchat, panne d’électricité dans tout le secteur.
    Je suis sur un portable, les batteries prennent le relais, je reste connecté.

    Le thème de la semaine portait le nom d’une de mes sœurs.

    Depuis plusieurs mois je cherchais vainement l’adresse d’un ami et impossible de mettre la main dessus.
    Aucun moyen de le joindre, recherches sur le net néant, rien, je n’avais que cet introuvable bout de papier pour espérer revoir cet ami fraîchement retrouvé.
    Toujours connecté sur le même site, je passe dans un autre salon.
    Dès que je débarque là, l’adresse de mon pote apparaît noir sur blanc, sur l’écran.
    Deux personnes communiquaient et l’une d’elles a balancé cette adresse à l’autre.

    Bonne augure me suis-je dit que ces trois incidents.

    Je fus cependant très déçu par l’intolérance, l’autoritarisme et le sectarisme terrifiants que j’ai rencontré parmi tous ces gens qui se réclament du christ, c’est inouï.
    Je n’aurais jamais cru cela possible, je plane trop, c’est sur.

    Amicalement
    Laurent lautre

    laurent lautre

    15 novembre 2009 at 17:34

  9. Je ne dirais pas que tu planes trop, je dirais plutôt qu’eux volent trop bas… ou peut-être trop haut, parfois, loin au-dessus de l’humanité qu’ils prétendent pouvoir sauver!

    J’ai connu un de ces sinistres individus dans un groupe supposément spirituel, dont il était le fondateur: orgueilleux, intolérant, grossier. Il est allé jusqu’à me poursuivre dans d’autres groupes pour me dénigrer et me harceler.

    Merci Laurent lautre,
    et au plaisir de te lire à nouveau,

    Michelle

    15 novembre 2009 at 18:27

  10. Pour ma part, je n’ai jamais participé à aucun groupe ni en qualité d’adhérent d’ami ou de postulant.

    J’ai bien sur des liens spirituels avec mes amis mais c’est informel.
    Bien que non dépourvus d’esprit, nous sommes amis avant d’être spirituels

    Je ne vais quasiment jamais à l’église, je n’en éprouve pas le besoin.
    J’ai par contre le gout de communiquer, d’échanger, de m’apercevoir que l’on n’est pas seul à vouloir autre chose et puis j’ai aussi une grande amitié pour le christ, c’est comme ça.

    Je suis allé donc sur ces tchats chrétiens par curiosité.
    Quelle catastrophe!
    Je ne m’étendrai pas sur le sujet.
    J’y ai rencontré cependant ça et là quelques rares personnes de bon esprit et de bonne volonté.

    Il est évident qu’un large et profond fossé sépare les gouvernants des gouvernés, même si l’on veut nous en faire accroire autrement.

    Il faut évidemment fuir les faux amis spirituels.

    Ils se reconnaissent à la facture qu’ils présentent, à ce qu’ils exigent, sans aucun droit.
    Ils cherchent une emprise, à manipuler leur auditoire

    L’ami spirituel véritable, ne soutire de toi, il t’éclaire en passant.
    Il projette un faisceau de lumière à l’intérieur, n’exige rien, n’impose rien, te laisse agir à ta guise, en toute liberté.

    Il te laisse découvrir par toi même ce qu’il a éclairé en toi.
    Tu changes ce que tu veux ou tu ne changes rien, et c’est gratuit
    Parfois, si tu lui demande un peu d’assistance, il ne la refuse pas sans pour autant se bouger à chaque requête.

    Un peu fainéant mais c’est comme ça, c’est gratuit, faut pas s’attendre à des miracles….

    Par contre il ne t’aidera jamais directement, tu devras faire toi même le travail sur toi.
    Tu peux trouver son aide au cours de circonstances parmi lesquelles il apparait indirectement.

    L’ami spirituel sait se faire discret.
    Il laisse chacun s’interroger librement sur les évènements de son existence.
    L’ami spirituel n’abandonne jamais un ami.

    Le christ fonctionne ainsi.

    Il apparait là où tu ne l’attendais pas, tu t’aperçois ensuite qu’il a été présent alors même que tu te foutais de son existence comme de l’an quarante

    Certains épisodes de nos vies prennent ainsi une curieuse tournure lorsque l’on remarque, sur plusieurs décennies, une relation entre des faits que l’on considérait jusqu’alors sans connexions directes

    Dieu, un athée athéna et toi dans le métro y manquent plus que Zazie et le coq.

    Souvent c’est, dit-on, dans la difficulté que l’on compte ses vrais amis.
    Faudrait parfois les reconnaître avant d’être au fond de l’impasse, cela permettrait d’éviter des problèmes.
    La encore, c’est apprentissage….

    Salut à toi et merci de ces échanges
    Laurent lautre

    laurent lautre

    16 novembre 2009 at 14:19

  11. bonjour se juste pour savoir de plus sur le sectes car j’ai un ami qui est interécé.qui est pret a vendre sa tete et coeur juste pour avoir beaucous d argent<et surtous repondé moi

    tomgah daniel

    3 avril 2010 at 13:00

  12. Que veux-tu qu’il te soit répondu ???

    Laurent l'un

    3 avril 2010 at 17:00

  13. pour moi j aimerai en savoir plus et recevoir plus d informations

    jenia

    18 mai 2010 at 10:25

  14. Bonnes recherches !

    Laurent l'un

    19 mai 2010 at 16:16


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