anarchie pour l'évangile !

Trop de hasard tue le hasard

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Un témoignage.



Préambule

En 1982 je rencontre une personne que je côtoie professionnellement, par épisodes, un peu plus d’un an.
En 1992 je déménage.
Je fais connaissance d’un agent immobilier.
En 1995 par son entremise, je découvre que le gars que j’avais connu en 1982 vit à quinze kilomètres du lieu de mes activités.
Il est malade, rupture d’anévrisme.
Que faire?
Je travaille dans la même branche que lui, je pourrais l’aider.
Je crains cependant que ma bonne volonté ne soit mal perçue.
Bien qu’ayant eu à l’époque la possibilité de lui filer un coup de main, je ne bouge pas, supposant à tort ou à raison, que je risquais de compliquer plutôt que de soulager.

Trois ans passent.
En 1998, je cherche à acquérir des bâtiments.
Je me rends chez l’agent immobilier.
Il me signale d’emblée que le mec est décédé, que les locaux sont à la vente, que c’est l’idéal pour moi, que la veuve peine à trouver acquéreur.
J’avais totalement évacué cette donnée, j’en avais fait le tour trois ans plutôt, je ne voulais pas revenir en arrière, je décline donc son offre d’aller visiter ces lieux.

Quelques jours plus tard, il m’interpelle dans la rue.
On discute, il insiste vraiment.
Pour lui être agréable tant que pour me débarrasser du problème, je cède.
Voilà le rendez-vous fixé.
Je visite et confirme mon refus, affaire réglée.

Le soir, dans mon petit lit douillet, méditatif et calculateur, je passe en revue les volumes, soupèse le pèse, c’est plus que correct comme prix.
Je revisite mentalement, oui, en coulant des dalles, en abattant ce mur, et là un chemin pour relier ces bâtiments, oui, c’est possible.
L’agent immobilier arrange une seconde visite lors de laquelle j’annonce, sous réserve d’acceptation du dossier bancaire, me porter acquéreur du lieu.

Dix jours après que mon chèque de réservation ait été débité, des moines en robe orange qui se proposaient d’acheter cette propriété pour leur communauté se sont présentés.
Ils réfléchissaient depuis plus d’un an à ce bien.

Fin du préambule.

Avec ces bâtiments j’ai également acheté quelques 60/70 mètres cubes de livres, revues ésotériques, ouvrages sur le christianisme, le soufisme, l’hindouisme, sur les plantes, les médecines naturelles, bref un gros paquet de bouquins.

Dans ce foisonnement d’ouvrages, deux trouvailles semblaient m’attendre depuis longtemps.
Je n’évoquerai ici que la première.
Des colis, expédies, quelques trente ans plus tôt, de ma ville natale et jamais ouverts.
Ces paquets dument ficelés, étaient, me fit remarquer un ami à qui je les montrais, adressés à monsieur et madame Christor.

J’ai attendu quelques années avant d’en ouvrir un.
A l’intérieur, plusieurs exemplaires d’un même ouvrage, “la voie du maître”.

Ce livre, ne comporte aucun nom d’auteur.
Son éditeur résidait dans une ville où j’ai retrouvé, plus tard, une sœur perdue de vue depuis plus de trente ans.
Ce livre parle du christ.

Le mec raconte qu’il transcrit, en quelque sorte, sous la dictée de l’esprit.
J’ai attendu quelques années avant de le parcourir.

Une date figurant dans la préface m’a interpellé !
Le 22 février 1953.

Cette date m’a interpellé car ce fut un 22 avril, dimanche de pâques, que s’ouvrirent sous mes pieds les portes de l’enfer.
Enfer qui prit la forme d’un atroce internement dans un établissement psychiatrique dévoreur et bousilleur d’âmes.

Entré le 22/04, j’en suis ressorti le 11/02 de l’année suivante.
22/04 et 11/02, c’est la moitié, facile à retenir.
A moitié détruit que je suis ressorti de cette géhenne.
Le 22 février 1953 contient donc le jour de mon entrée, le 22, et le mois, février, celui de ma sortie.

Marrant que je me dis, ces paquets que je trouve dans une maison que je ne voulais pas acquérir.
Ces paquets, jamais ouverts, expédiés 30 ans plus tôt de ma ville natale.
Ces paquets adressés à monsieur et madame Christor.
A l’intérieur, cette dizaine d’exemplaires, sans nom d’auteur, d’un livre qui annonce le christ cosmique, qui traite librement de karma, de réincarnation.
Et dans ce livre cette date, 22 février 1953, qui contient le jour de mon enfermement et le mois de ma sortie.
Marrant que je me suis dit.

Cette date n’est pas uniquement curieuse pour moi à ce titre.
Cela ne justifierait pas que je vous ennuie avec tout cela.

Décembre 2005, depuis quelques deux ans je tchatche, très déçu, sur des sites chrétiens.
J’essaie de voir, de comprendre comment ils perçoivent le christ.
Un internaute, un des rares sensibles, intelligents et tolérants que j’aie rencontré en ligne, me conseille la lecture d’un bouquin que j’avais déjà repéré sans pour autant me l’offrir.

Je suis très terre à terre et le titre m’inspirait un rien de méfiance, “enquête sur les anges gardiens” de Jovanovic.

Une semaine avant noël’ je trouve ce livre en librairie.
Je le glisse dans mon panier qui s’alourdit à mesure que je déambule entre les tables de présentation et les rayonnages.

Et voilà le lien.
Le jour de noël 2005, confortablement installé au milieu de piles de cadeaux, je feuillette le livre de Jovanovic dont j’entame la lecture.
Et là, là, sous mes yeux grands ouverts, en plein après-midi de noël, je tombe sur quoi dans ce bouquin ? Ha, je m’en souviens parfaitement répondit-elle, c’était de 22 février 1953.

Le 22 février 1953, oui, c’est le jour où j’ai accepté le christ dans ma vie répondait cette veille femme à Jovanovic rendu à Montréal, dans le but de rencontrer, d’interviewer cette compagne du christ, célèbre à la manière d’une Marthe robin ou autres ravies.

Vous imaginez le choc dans ma pauvre petite cervelle fragile.

Deux dates liées au christ se télescopent le jour de noël dans mon plumard.

De mon lit, j’assistais, plus de cinquante après, à l’assemblage d’une part du puzzle dont nos vies, nos chemins, nos destins constituent les éléments vivants.
Sa date quelque part, en ce jour de noêl, confirmait la mienne et réciproquement.
Nos hasards convergent vers un sens que nous peinons à saisir car l’action s’étend sur plusieurs millénaires et la distance est grande entre l’acte individuel apparemment insignifiant et les grandes transformations de la conscience collective.

Je voyais, à travers ces diverses conjonctions, la trace profonde et continue du christ.


Fil d’Ariane, invisible trame divine sur laquelle se tisse l’aventure humaine, le christ signale sa présence par touches, coïncidences, synchronicités.
Parfois directement, parfois indirectement.

Aux croisements des mailles, aux carrefours des motifs de cet ouvrage plurimillénaire, il devient ça et là possible de distinguer grâce à la convergence d’évènements, de forces spirituelles, certains cycles, certaines plateformes où semblent aboutir des faits étroitement liés quoique sans rapports apparents entres-eux.

Par exemple, le 29 mai 2003 célébrait deux ascensions ; celle terrestre du cinquantenaire de la première de l’Everest et celle céleste du christ.
J’étais moi-même dans ma cinquantième année.
Entre mes accointances christiques et mes amitiés népalaises,  je me suis senti tout petit.

Le 29 mai 1553, cinq cent cinquante ans plus tôt, chute de Constantinople.
Cette ascension fut pour moi délicieuse et quelque peu mouvementée.
Je fus soudainement soulagé d’un grand poids, si soulagé que j’eu l’impression de quitter la terre et d’en haut, à la manière d’un cosmonaute, j’ai vu l’union des opposés
Ainsi fut résolue pour moi une question sur laquelle je planchais depuis plus de trente ans.
Elève peu doué sans doute..
Au moment où cela est arrivé, je préparais une commande d’une centaine d’anges, du coup j’en ai rajouté cinquante.

Ce jour là j’ai également eu le sentiment qu’aucune source, qu’aucune énergie profonde n’alimentait plus le mal.
Qu’il ne nous restait plus qu’à attendre gentiment que les enchainements karmiques négatifs mis en mouvements précédemment meurent de leur propre mort, se dispersent en conséquences de plus en plus réduites, jusqu’à disparaître.

J’ai des rapports très amicaux avec le Népal où l’on fêtait ce jour l’exploit de Tensing et d’Hillary.
J’allais au Népal, comme tous les freaks de l’époque lorsque s’est produit l’épisode turque qui a interrompu mon voyage.
J’ai travaillé pour une firme qui s’appelait Népal, pour une autre qui s’appelait Alpen dont c’est l’anagramme.
Le jour de l’ascension 2003, le G8 siégeait à Evian, à quelques cinquante kilomètres de chez moi.
Mon fils qui habitait Evian, au numéro de ma date de naissance, au-dessus d’un magasin qui portait le nom d’une de mes sœurs est venu pour ce week-end chez son vieux père.

Ce samedi, les pompiers sont montés en urgence chez les voisins car les deux petits enfants de notre chère et sympathique voisine avaient absorbés des médicaments que leur père par mégarde avait omis de ranger.
Fort heureusement rien de grave.
Ce samedi, notre chat fut renversé par une voiture.
Mon fils le descend chez le véto, bam, accident de bagnole, bagnole foutue.
Fort heureusement rien de grave pour personne, ni même le chat.
J’ai eu le sentiment d’une adversité qui s’acharnait sans pouvoir atteindre son but.

Certains cycles sont longs, plusieurs siècles, d’autres plus courts, quelques décennies avec bien sur d’autres variantes.
Lorsque certains de ces cycles s’ajustent et commencent ou terminent simultanément une phase, ils entrent en résonance
Ainsi l’information amplifiée parvient jusqu’à nos consciences.

Jung définit une synchronicité par la réunion d’au moins deux évènements sans lien de causalité et qui pourtant prennent un sens pour celui qui les vit.

La synchronicité prend l’aspect d’une volonté invisible, ça ne peut pas être du hasard se dit-on.
Un hasard objectif pour les surréalistes.
Un hasard conscient ?

Je pense que les synchronicités reposent en fait sur un lien causal que nous ne percevons pas en raison de sa profondeur, de l’éloignement de la cause originelle, parfois antérieure à notre existence présente.
C’est le cas pour tout ce qui touche au christ et à la résurrection.

Quelques jours plus tard, je me remets à peine de mes émotions de noël dans un hôtel d’Amsterdam.
Je fête le nouvel-an en compagnie de ma future femme et d’un couple d’amis.
Allongé sur le lit de la chambre tout en regardant les infos, je digère les données christiques récentes, les colis, les dates, cette vieille canadienne que Jovanovic rencontre.

Premier janvier 2006, ébahi, je vois s’inscrire sur les écrans du monde le nom d’un petit village turc qui compte énormément pour moi.
Dans ce village se sont déroulés des évènements d’une extrême importance pour moi…
Et voilà que 33 ans plus tard le nom à coucher dehors de ce bled perdu où je fus suspendu entre ciel et terre, entre vie et mort au souffle de l’éternel, voilà qu’au premier janvier 2006, ce nom fait le tour de la terre.
Fin d’un cycle, début du dernier round, je ne sais pas mais l’année 2006 fut pour moi lourde d’incidences christiques.

J’espère ne pas vous avoir trop ennuyé avec ces données d’ordre personnel.
Elles dépassent cependant le cadre de mon individu car il me semble y discerner ça et là, la présence effective, agissante du christ.
C’est pourquoi je me permets, en toute modestie, de vous les soumettre.
Ce qui importe ce n’est pas uniquement qui et ce que nous sommes mais bien la lumière que nous portons en nous.
Celle qui fait de nous des êtres à jamais vivants en elle.

Mais de tout ça somme toute on s’en fout, faut aller bosser, faire bouillir la marmite et la vie semble si courte, pourquoi s’attacher à son éternité ?

Laurent lautre

 

 

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Written by Observatoire situationniste

14 novembre 2009 à 06:12

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