anarchie pour l'évangile !

La vérité est un pays sans chemin… (2)

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Voyage voyage

Voilà qui donne envie de bouger ok, mais comment circuler dans pareille contrée ?

Le GPS y perd son latin.

La vérité serait-elle un pays perdu?

Comment atteindre un pays sans chemin ?

La vérité n’a-t-elle pas pour limites le mensonge et l’erreur?

L’absence de chemins implique-t-elle l’absence de frontières?

Si la vérité ne comporte aucune borne, aucune route, aucune lisière, son pays s’étend-t-il à l’infini ?

Si oui, le mensonge et l’erreur se retrouvent donc englobés dans la vérité.

Si la vérité et l’erreur se juxtaposent, alors, entre les deux passe une route commune.

La vérité possède dans ce cas, au moins un chemin qu’elle partage avec l’erreur.

Celui qui la borde.

Ligne de démarcation entre le vrai et faux.

Et là débutent les problèmes.

Ce chemin chacun le place où bon lui semble.

L’un déclare la frontière de la vérité passe précisément ici.

L’autre affirme qu’elle se situe sous ses pieds.

Celui-ci jure qu’elle traverse son jardin.

Celui là n’en démord pas, la vérité réside au nord du fleuve Amour.

Ainsi de suite, ainsi de suite ainsi de suite…..

Evidemment, tant de désaccords provoquent un certain échauffement.

De fil en aiguille la situation s’envenime, dégénère.

On en vient à mourir et tuer pour une vérité qui ne demandait rien à personne.

Fort heureusement, il y a le mensonge, gai, joyeux, fêtard, ludique, distrayant, artistique bricoleur, joueur, fantasque, imaginatif.

La vérité n’imagine rien.

Elle patiente, immobile, omniprésente, attendant qu’on la remarque enfin.

Elle s’emmerde la pauvre.

De guerre lasse, elle quitte son perchoir.

Regagne son temple de lumière, se dirige vers ses appartements.

Se déshabille.

Pour un instant le temps reste suspendu.

Elle est si belle, si fragile et si forte.

Les oiseaux retiennent leur chant.

L’eau des sources interrompt sa course cristalline, le printemps même en oublie de semer.

La vérité toute nue, ça se ne se rate pas pense rêveur le vieux jardinier.

Bonne idée de l’avoir collé dans un temple de cristal lance l’été de son paddock à Djack le furet qui, indifférent au spectacle, vautré au pied du lit, feuillette un périodique de charme.

La vérité, songeuse lisse ses cheveux.

De minuscules éclats en jaillissent.

Bon, c’est pas tout, puisque personne ne me remarque, va encore falloir se travestir.

Pour commencer un bain, me débarrasser de cette odeur.

« Parfum de vérité » !

Ca n’attire plus personne.

Opium Esclave, Envoutant de chez Larbin, ça c’est du matos !

Manquerait plus qu’ils m’obligent à porter des trucs comme ‘Odeur de Sainteté ou Essence Divine.

Je suis chez moi, je suis libre, je me fringue et me parfume comme je l’entends.

Son chouchou, son trésor, sa perle, son ange, son soleil, Feauku, son chat favori, lui apporte, en ronronnant un peignoir de lumière cendrée, brodé voici plusieurs univers déjà, par de veilles galaxies à la retraite.

Non mais encore heureux que je sois chez moi marmonne-t-elle en quittant la salle d’eau, ses mules claquant sur le carrelage.

C’est dingue !

Tout ce temps perdu à espérer que quelqu’un veuille bien m’apercevoir, comme si je n’avais que ça à faire, poireauter.

Attendre que l’on daigne bien me découvrir !

Je ne suis pourtant pas moche constate-telle en se déhanchant devant la large psyché qui squatte le fond de son boudoir.

Je n’ai pas pris un gramme, rien perdu non plus du reste.

Comme au premier jour !

Je ne change pas.

Pas une ride et je ne m’ennuie jamais d’être ce que je suis. Depuis si longtemps…

Bon !

Au boulot !

Je suis malgré tout chargée de me faire connaître !

La vérité, nonchalante, se dirige vers une armoire fabriquée de nombreux siècles auparavant, en Palestine, par ce charpentier dont le fils a connu quelques problèmes suite à leur rencontre.

Il est devenu moi le pauvre.

La vérité sur terre abandonnée et visible de tous.

Evidemment ils l’ont massacré enfin….

C’est vrai qu’il était mignon ce petit apprenti dans l’atelier de son père.

Je n’ai  pas résisté à lui sortir mon sourire enjôleur numéro cinq, le pire, le plus simple, le plus lumineux, le plus chaud.

D’un geste, la vérité effleure l’armoire et l’ouvre.

L’odeur subtile de l’essence boisée se tord, se love et s’enroule, invisible écharpe parfumée autour de son cou de cygne.

Dire qu’il a fallu que j’apporte ce tronc !

Et ce Joseph qui insistait pour le cèdre, du cèdre, encore du cèdre, toujours du cèdre….

Jamais vu un truc pareil, jamais vu un truc pareil, répétait-il, j’sais pas si j’pourrai, j’sais pas si j’pourrai.

Je ne pouvais quand même pas lui signaler qu’il allait écorcer scier, tailler, raboter, creuser, ciseler du bois provenant de l’arbre de la connaissance.

Présent de l’éternel !

Voyons, que vais-je porter ?

Béante, l’armoire de la vérité livre dans la douce pénombre du crépuscule, son contenu.

De nombreuses toilettes, de toutes époques, de tous styles, de tous genres, dorment, paisibles sur leur cintre.

Lequel pour ce soir ?

En religieuse ?

Elle sourit un bref instant.

Que de bobards colportés  avec ces fringues.

Les disputes, les crimes, la très sainte inquisition, les massacres au nom de la vérité.

Au nom de contre-vérités, de fausses vérités qui n’étaient, somme toute, que superbes mensonges.

Si bien emballés avec ce beau papier made in Veritas.

Le papier les trompe toujours !

Braves gens !

Persuadés qu’ils sont que ce qui est enveloppé dans du made in Veritas ne peut être faux.

Faut les voir déballer.

Avec quelle hâte ils éventrent ces petits paquets.

Parfois ça leur pette à  la gueule comme ils disent.

Notamment lorsque, je révélai la nature de la matière.

Boum !

Tiens et si je portais le costume science ?

En ce moment la science marche très fort, presque mieux que le religieux, c’est scientifique, c’est prouvé, technologie à l’appui.

Oui, pourquoi pas, se dit-elle en reculant d’un pas.

Voyons le carnet de bord de la mission.

Tiens des portables, des téléphones partout, il veut ça le vieux et là waouh, bond technologique mm puissant, c’est du lourd.

Ensuite, ha oui, je dois les rassurer.

La disparition des espèces ?

No problemo.

Les déchets nucléaires ?

No problemo.

Le réchauffement climatique ?

No problemo.

Le capital ? Sa mondialisation ?

No problèmo.

L’eau? Qualité, quantité ?

No problèmo.

Clonage humain, briser les barrières éthiques.

Les conforter par le discours scientifique dans leurs erreurs.

Mm c’est vache pensa-t-elle, sale mission.

Bien sur, ils me découvriront au tournant,  mais après tant de dégâts

Non finalement, pas de science ce soir.

Ha, complet, veston, limousine, agenda surbooké, tenue politique ?

Ne soyons pas grotesque songea-telle, plus personne n’y croit du reste en ce moment….

Quoique, y regardant bien, malgré toutes ces hécatombes, les gens gobent toujours tout et n’importe quoi.

Arriver à  leur faire croire que ceux d’en haut, désirent, de leur trône doré, les aider.

Changer le travail et l’exploitation  en pain béni.

Chapeau bas ! Belle prouesse !

Oui l’accoutrement politique fonctionne bien.

Je me demande à quoi ça tient ?

Le programme, où est le programme ?

Ha ici !

Et pas de besoin de lunettes lance-telle à Feauku, qui discutait, sélection naturelle avec Galilée, souris clonée offerte par les laboratoires Provie,

-Non tu te rends compte, s’exclama-t-elle en se tournant vers Feauku, toujours en grande conversation, ma parole, cria-t-elle, ils préparent encore des conflits.

Vise un peu!

Dingue, c’est trop et tout ça sous couvert de servir.

Incroyable !

Pas de politique ce soir.

Du reste j’ai assez bossé politiquement au siècle passé.

Partout, en Allemagne, en France, en Espagne, en Grèce, au Japon, en Russie, en Chine, en Afrique en Australie, en Indes, partout !

Tout à tour président, empereur, consul, roi, reine, cardinal, pape, réformateur, calife, maharadjah, grand mufti, rabbin, banquier, tous, tous je les ai tous porté ces habits.

Partout !

Je suis passée partout et j’en passe !

J’ai inondé la terre de discours mensongers qui ont conduit des myriades d’êtres dans les jardins de la mort et ça n’a pas suffit.

Ils persistent, plus actifs que jamais.

Non, pas en politique, ils mentent à outrance, je suis la vérité tout de même

Oui Galilée ?

En arlequin?

En arlequin ? En arlequin ?

Pourquoi pas finalement ?

De tout un peu, de rien beaucoup.

Toilette passe partout.

Chacun y voit ce qu’il désire.

Religieuse, scientifique, économique, sociale, politique, militaire, historique, philosophique, je sens que je vais bien m’éclater, tu as raison Galilée !

En arlequin.

Voyons la feuille de route.

Rassurer sur la crise, ciel, encore une crise, je devrais suivre mieux les infos.

Ha crise d’argent mondiale bof.

Qui veut la paix prépare la guerre, inlassablement les mêmes ritournelles, pas de changement chez les casquettes.

De la fronde à l’atome rien ne bouge sous les képis de pierre.

Accroissement des moyens de dissuasions massifs bien sur, augmentation des budgets, normal, plus un relookage complet après les saignées du siècle dernier.

L’armée sauve des vies, tiens c’est nouveau ça t’en dis quoi- Feauku ?

Le chat s’étire paresseusement, baille trois fois puis se roule un gros pétard de jamaïcaine.

Saisit son briquet rasta et d’une geste débonnaire allume le splif.

Tu vois dit-il en tirant sur le joint comme si sa vie en dépendait, je ne sais pas si les hommes comprendront un jour. Je me demande si le vieux n’clapote pas du bulbe !

Une acre fumée remplit l’espace, Feauku, béat et satisfait de sa courte tirade s’écroule dans le coussin moelleux de la bergère.

Tu vois, dit-il en expirant à nouveau une large bouffée, regarde, toutes ces contraintes, ces torsions que tu subis dans l’espoir que les humains te remarquent.

Réfléchis, tu te grimes, te fardes, les trompes, uses de fausses vérités, de vrais mensonges et tu pleures sur le résultat.

Les rares endroits où tu comptes pour eux ?

L’arbitrage des matchs de foot, qui veut gagner des millions, secret story, et encore, et encore…

Remarque fit Feauku, lorsque tu descends en espadrilles, nue sous le voile de la révélation, personne ne t’écoute, personne ne te considère.

Ils cherchent ailleurs autre chose.

Curieux ! Au naturel tu sembles les éloignes.

Feauku tend le joint à Galilée.

-Les clones ne doivent pas fumer, tu l’oublies chaque fois.

D’ailleurs, les yeux me piquent, de l’air !

La vérité plongée dans ses réflexions tourne distraitement son regard en direction d’un panneau qui coulisse en silence.

Un air vif, rivière chargée d’effluves printaniers, emplit la petite pièce.

Feauku tousse.

Rappelle-toi, dit-il, chaque fois que tu es descendue en simple appareil, ils t’ont massacré.

Ils ne supportent pas de te voir sans fard, sans maquillage ces maquignons !

-Rappelle-toi ce petit mec, le fils du boulanger, ha tu y avais cru à celui-là.

T’as vu ce qu’ils en on fait du «  je suis le chemin, la vérité et la vie » ?

Il cartonnait au début pourtant le petit boulanger. Poissonnerie, boulangerie, pas con comme concept, tout ça multiplié

Et que dire de tous les autres, ce grec empoisonné, avant le fils du boulanger, et les pendus, les brûlés vif, les décapités ha c’est sur, ils y croyaient à la vérité.

En vérité je te le dis.

-Tu ne comprends pas grande chose, tu confonds et tu mélanges tout, mon cher Feauku

Pas le fils du boulanger, celui du charpentier et surtout, surtout, cher Feauku cette histoire n’est pas terminée.

La vérité se glisse dans un costume d’arlequin.

Comment me trouves-tu, Feauku ?

Le chat, vexé d’avoir été traité d’ignorant en présence d’une souris clonée, lâche sentencieux «  la vérité, le plus beau des mensonges »

-Magnifique, splendide, éblouissante, vous êtes éblouissante s’écrie Galilée, ces reflets, ces courbes, cette richesse, cette sobriété, cette élégance, cette classe, ce chien.

Et ce parfum ! Irrésistible !

Feauku, occupé à rallumer son mégot lorgne paresseusement en direction de la vérité.

-Mais dis-moi, articule-t-il avec peine, pourquoi induire tous ces braves gens en erreur ?

Ca te rapporte quoi ?

-Je n’induis personne en erreur, je fais mon boulot, je me fais connaître.

-Drôle de manière minauda Feauku.

-C’est simple, chaque erreur, chaque mensonge cache une vérité.

On me veut blonde, je suis blonde, rousse, je suis rousse métaphysique, je suis métaphysique, mathématique, je le suis, occulte, aucun problème, tout est à dispo dans ma boutique.

-Et tu penses qu’ils te dénicheront dans ce capharnaüm?

-Cher Feauku, ce qu’il y a d’intéressant avec les erreurs, c’est qu’on peut les répéter, vingt fois, cent fois, des millions fois et davantage.

Elles peuvent se transformer, se métamorphoser prendre mille visages, revêtir mille aspects.

Ce que j’aime en elles, ce que j’aime c’est qu’elles s’usent. Elles vieillissent pour mourir et ne plus renaître.

Et derrière chaque égarement, derrière chaque errance

-Je sais, je sais, je sais derrière chaque erreur se planque une parcelle de ta splendeur, et alors ?

Tu te planques plutôt bien !

Tu sors comme ça ?

On dirait un programme électoral.

Un magnat de l’énergie fringué en militant écolo.

Tiens ! Le chef des armées en pacifiste !

Ha t’assures grave, splendide !

Un vrai média au service du pouvoir !

-Je voulais te signaler, cher Feauku, au fait, j’y pense, tes croquettes marocaines  sont arrivées ce matin au courrier, oui, je disais donc, cher faux cul que les erreurs s’usent.

Alors que moi, regarde, toujours la même !

Fraîche, fringante, pas un pli, rien, et ça depuis l’éternité.

N’oublie pas non plus, que les hommes apprennent. Lentement certes mais ils apprennent.

Ils ne réitéreront pas éternellement les mêmes erreurs, ils n’en ont pas le loisir.

Ils comprendront à temps les dangers, sauront les éviter.

Impossible répond le chat impassible.

-Allons, Feauku, tu ne sais pas tout, il y a un plan.

Certains en bas commencent à le percevoir,

-Un plan ! Tu parles !

Depuis l’temps que tu rabâches avec ce plan.

C’est plus un plan, c’est une forêt, encore un truc bidon au vieux.

Un plan d’eau à l’eau, ouais, voilà ton plan.

Ca l’amuse de voir souffrir les gens, ça l’amuse j’te dis et il se sert de toi pour les abuser sous prétexte qu’à forces d’errances, ils vont trouver leur, ton chemin, tu parles !

Tu dis toi-même qu’il n’y en a pas de foutu chemin ici.

Pas de chemins, pas de cartes mais un plan.

Comment veux-tu qu’ils s’y retrouvent ?

En les égarant ?

En balisant la voie d’erreurs ?

Regarde, le coup du soleil au centre, franchement, t’aurais pas pu leur signaler avant ?

A part une légère tentative côté Grèce antique, tu as laissé une conception naze s’ériger en vérité et lorsqu’il a fallu dévoiler la réalité, aïe, bonjour les nœuds.

Galilée a même faillit griller.

Pas toi Galilée, un autre.

-Bon les enfants, j’y vais, toi fume pas trop.

-Une taffe chérie ?

-Non merci pas ce soir, je file au G8 on cause argent, armement, pétrole, et autres balivernes.

J’ai d’excellentes excuses à leur fournir.

Atome propre pétrole encore, profit tire croissance, la reprise, l’argent vert, noir, bleu, blanc, gris.

Tant que c’est de l’argent direction leurs poches, peu importe la couleur.

Pas de racisme au pays du flouze !

C’est réservé à la misère !

Ils adorent ce genre de trucs.

Ça les rassure, les déculpabilise.

Note côté culpabilité, pas de gros boulot, juste une révision. Enfin, ça leur permet de penser qu’ils vont pouvoir continuer comme ça longtemps.

-Mais c’est criminel, tu les envoies à fond dans l’mur !

La vérité se lève et délicatement, soulève Feauku qui grogne.

Le prends dans ses bras.

D’une tendre caresse le calme

Puis se dirige vers le panneau translucide qui ouvre sur la terrasse.

– Arrêtes !

Tu n’vas pas m’jeter ?

-Mais non, t’affoles.

La vérité s’approche du balustre, sa main gauche sur la rambarde de cristal.

Elle dépose délicatement Feauku.

-Regarde dit-elle, que vois-tu ?

Feauku s’installe posément.

Son œil de lynx plonge dans l’immensité de l’océan stellaire

-La nuit, des étoiles, beaucoup d’étoiles.

-Oui et là tout au fond sur la terre ?

-Tout au fond ?

-Oui, là, entre mars et vénus que vois-tu ?

-Ha de la lumière, des lumières, bien sur plein de lumières, celles des autoroutes, des néons, des villes et même de la campagne, rien de nouveau.

Tu me parles assez de ce gaspillage je suis au courant !

-Observe plus attentivement, encore quelques instants et dis-moi.

-Tiens, oui c’est marrant, mais faut fixer un peu.

Tu as raison y a un truc bizarre, pas normal.

Deux fréquences.

La lumière électrique et une autre.

Des spots, et là une tache.

-C’est un rassemblement.

-Un rassemblement ?

-Ce que tu vois, cher faux cul, sont des traces de vérité.

Des graines d’amour semées longtemps auparavant et qui maintenant germent dans les cœurs et les esprits.

-Ca éclaire jusqu’ici ce machin?

-Et c’est quoi en fait ?

-Des consciences qui s’éveillent mon cher matou, des consciences qui s’éveillent, des myriades de consciences qui s’éveillent.

-Putain t’es forte !

-Feauku, pas de grossièretés sous mon toit sinon, plus de croquettes.

Du pain de l’eau et confisquée la beuh.

-Ok ! Ok !, on se calme, je m’excuse enfin excusez-moi patronne, chef, madame la vérité je vous présente mes excuses, voilà ouf.

-Vois-tu Feauku, beaucoup de gens veulent vivre en paix sans pour autant préparer la guerre.

Ils savent le danger nucléaire, ils savent le pouvoir destructeur de l’argent.

Ils savent que sans désarment planétaire pas d’issue.

Toutes ces consciences abritent une parcelle de moi-même déclara fièrement la vérité.

-Je vis en eux.

Et ces gens, bien qu’ils puissent m’apercevoir sous de multiples aspects ne se battent pas.

-Je sais, tu ne tu bas contre personne et surtout pas toi-même.

Oui y a du monde confirma le chat.

-Et tu penses qu’ils pourront changer le cours de l’histoire ?

-Le salut viendra des humbles dit-on.

Qui sait ?

Et n’oublie pas la botte, le plan.

Une botte secrète, pas celle de Perrault, mon beau minou, nous ne sommes pas dans un conte de fée.

-Ha le vieux, toujours le vieux, encore le vieux….

-Et voilà, je suis en retard.

La vérité chausse ses escarpins.

-Laffoy, tu viens ?

L’oiseau, occupé depuis le début de la soirée à disputer une partie d’échec avec l’ombre d’un doute abandonne brusquement le jeu.

-Désolé, siffla-t-il, heureux de se dégourdir les ailes, faut qu’je bouge.

-Ne touche à rien en mon absence.

L’ombre d’un doute acquiesce en silence, salue amicalement d’un geste la petite assemblée, puis se glisse vers le canapé du salon pour y piquer une petite sieste.

-Maman est toujours là, les enfants, je vais juste faire un tour, soyez sages.

-Laffoy, t’es prêt ?

Aie le temps file trop vite pensa la vérité en descendant deux à deux, les marches du palais.

L’éternel ne va pas apprécier.

Ho, et puis après tout, quelques années ou quelques siècles de retard sur une éternité, pas de quoi fouetter un chat. J’argumenterai.

Sur ce, arrivée au bas des marches, elle s’évanouît s’évapore, translucide, imperceptible, invisible, inodore.

Elle quitte son pays sans chemin pour tracer une route dans le cœur des hommes, Laffoy perchée sur son épaule gauche.

Ils n’ont plus vraiment droit à l’erreur, elle le sait.

Elle va leur démontrer l’incroyable, leur dévoiler l’impossible.

Sans tambours ni trompettes.

Laurent lautre

Written by Observatoire situationniste

14 décembre 2009 à 15:21

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