anarchie pour l'évangile !

Je salue la part de divin en vous

leave a comment »

Trouvé sur un forum dédié à la Simplicité Volontaire, ce splendide témoignage :

Le nomad a écrit:

A tous et à toi Christophe… Ton nom disait déjà tant… Tu es un frère Sois remercié de cette belle initiative de dire qui tu es ; et vous qui avez écrit, sans le savoir vous avez rajouté du bois au feu de mon coeur… Je ne suis qu’un simple, un nomade de ce siècle, un nouveau moine… Un loup solitaire qui a quitté sa meute devenue folle avant qu’elle le détruise, un petit sauvage qu’aucune école n’a pu formaté, un petit d’homme au sang mêlé qui dans ses jeux d’enfant était toujours l’indien… J’ai cru recevoir des enseignements de grands maîtres… ce n’étaient que commerces d’imposteurs; j’ai cru entendre de beaux discours… ce n’était que propagandes ; j’ai vu des gens se prosterner devant des icônes, des bouts d’étoffe, des statues de plâtre… ce n’était que fanatisme…

Les vrais maîtres s’ignorent ; et quand ils ne s’ignorent pas, on les reconnait parce qu’autour d’eux on ne voit pas d’élèves, mais de nombreux jeunes maîtres en devenir. Un maître qui ne compte que des élèves est un imposteur ; un maître qui apprend de ses élèves est un vrai professeur car ce qu’il enseigne, c’est l’humilité, la sagesse et l’Amour.


Il est normal de connaître la colère, l’amertume, la déception… Ces émotions sont nobles quand leurs apparition est garantie par la vérité de ce qui les a causées. J’ai été un homme en colère. C’est à ce moment que j’ai pris la route.

Ne croyez pas que je suis né sage ; je ne suis que le fruit de la transformation.
Je suis parti par nature mais c’est le dépit qui m’a donné l’élan. Je n’ai pas toujours été ce que je suis. Je croyais être traqué, mais c’est moi qui fut le pire des trappeurs qui me poursuivaient… Pour ne pas sombrer dans la folie, j’ai quitté ma famille. J’ai travaillé, sans arrêt parfois même bénévolement. Je m’épuisais de travail pour me faire dormir ; je m’isolais dans le silence alors que tout criait en moi…
Je m’entraînais aux Arts martiaux jusqu’à maltraiter mon corps à force de lui demander toujours plus… je m’obligeais aux Yoga, aux douches froides, au pain et à l’eau…

J’ai mené une vie austère, drastique, une acèse monacale croyant purifier mon âme alors que je l’abîmais…


De mois en mois, maigre et plus dur que la pierre, seul comme un ermite, quand je ne fus plus qu’un objet humain musculeux, entrainé à la souffrance comme un soldat, capable de me nourrir que d’un peu de thé et de quelques biscuits, ignorant le froid, la soif, la faim, travaillant quatorze heures par jours et dormant quatre heures par nuit, quand je n’eus plus qu’un vague souvenir de ce que je voulais être, c’est alors qu’un évènement me précipita dans l’abîme…

Ne tombe t-on pas pour apprendre à se relever ? Il a fallut cela, pour que je revienne à la vie ; moi le chamane qui ne savais plus lire les signes de l’existence, moi qui ne soignais plus personne, moi qui n’avais plus pour visage qu’un masque de combat, j’entamais un lent et pénible retour à la vie… Je dus laver mon coeur de toute traces des années passées, apprendre à rire de mes illusions, retrouver l’humour, faire à nouveau retentir mes fou rires légendaires… Plusieurs années passèrent et la flamme de l’éveil put alors éclairer ce qui était dans l’ombre de moi ; c’est alors que j’eus la plus grande des révélations : tout ce qu’il y a de merveilleux dans l’univers était en moi tout ce temps comme il est en chacun de nous. Mais la plupart d’entre nous l’ignore…

Moi qui ai changé tant de fois de lieux, j’ignorais que je transportais tout ce dont j’avais besoin avec moi. Au lieu de retomber dans un désespoir réactionnel, c’est là que je me suis allégé de tout ce qui m’encombrait non seulement dans ma vie, mais dans mon coeur.

Je n’ai plus décidé de ce qui était bon et ce qui ne l’était pas ; j’acceptais ce qu’il advenait comme autant d’épreuves qu’on soumet à un étudiant en qui le Grand Professeur croit.

Je décidais que je poserai mes mains qui soignent sur tous les corps qui souffrent et je compris que c’est là le seul sens que j’ai trouvé à ma vie : Servir ! J’ai fait alors de ma petite vie de moine nomade une grande vie de nomade serviteur… Je me rappelle cette phrase écrite sur une petite plaque en pierre (depuis disparue) sur la stèle qui indique l’endroit du bûcher à Montségur ;
voici ce qui était écrit :  » L’hérétique n’est pas celui qui brûle sur le bûcher, mais celui qu’il l’a allumé… » J’ai été mon propre bourreau et ma propre victime.

Mais j’ai fait un pacte avec les loups : les aimer et les reconnaître en tant que loups comme le loup que je suis…


Parfois, je me révolte, je m’insurge, je montre les dents ; mais je suis encore jeune, je suis plus indulgent avec moi-même… Les loups m’ont appris, comme les chevaux et finalement… les humains que j’ai fini par aimer… Je trouve tant de sagesse en vous… Vous êtes des braves gens, j’éprouve beaucoup de reconnaissance à « Ce » qui m’a fait vous rencontrer… Je continue à apprendre avec vous… Vous faites parties de ma famille… Domo arigato gozaimasu*
Namasté**
Le nomad






* Merci beaucoup (du fond du coeur)

(Japonais)

** Namasté est une salutation très répandue en Inde, au Népal ou au Tibet… Elle sert aussi bien à dire bonjour que bonsoir ou revoir, bien que très différente car on pourrait la traduire par : « Je salue la part de divin en vous, vous qui m’honorez de votre âme « …

a

Written by Observatoire situationniste

13 janvier 2010 à 04:29

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :