anarchie pour l'évangile !

La désidentification radicale

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Je ne suis ni chrétien, ni juif, ni guèbre, ni musulman ;

je ne suis ni d’Orient, ni d’Occident, ni de la terre, ni de la mer ;

je ne proviens pas de la nature, ni des cieux en leur révolution…

Je ne suis pas de l’empyrée, ni de la poussière ;

pas de l’existence, ni de l’être.

Je ne suis pas de ce monde, ni de l’autre, ni du paradis, ni de l’enfer…

J’ai renoncé à la dualité,

J’ai vu que les deux mondes sont un :

Un seul je cherche, Un seul je sais, Un seul je vois, Un seul j’appelle.

RUMI

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Written by Observatoire situationniste

11 mars 2010 à 02:45

Publié dans 5584

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9 Réponses

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  1. (: Ne sois plus rien pour être TOUT !

    Frank

    11 mars 2010 at 04:25

  2. Ne sois plus rien…pour toi meme ! pour etre TOUT… pour la Vie, la vérité, les autres,…..

    la suppression de mon ego ne vaut que si je le mets au service de quelque chose de plus valable que ma petite existence retrecie.
    Si je m’applique à « ne plus rien etre », je finirai comme un moins que rien par ne plus rien etre du tout 😉

    souldigg

    12 mars 2010 at 10:09

  3. Le Tao est vide ;
    si l’on en fait usage,
    il paraît inépuisable.
    Ô qu’il est profond !
    Il semble le patriarche de tous les êtres.
    Il émousse sa subtilité,
    il se dégage de tous liens,
    il tempère sa splendeur,
    il s’assimile à la poussière.
    Ô qu’il est pur !
    Il semble subsister éternellement.

    Laurent l'un

    12 mars 2010 at 12:47

  4. Des que l’on parle de lutte contre l’ego, de rejoindre ce point primordiale ou l’etre se confond avec le Tout, on glisse tres aisement ud coté des philosophies, pensées, voies spirituelles ou religions orientales.

    Pour ma part, je crois que nos esprits d’occidentaux ne peuvent pas vraiment saisir ce que cela signifie pour eux et dans quelle dynamique cela s’inscrit.

    EN occident, l’Etre Suprême est une personne., révélée de surcroit. Que l’on soit croyant ou athéee, on vit dans une culture de « la Révélation », de la vérité incarnée. Dieu est une personne et l’homme, individu qui vit et se definit d’abord par la conscience qu’il a de lui meme et des choses, peut difficilement concevoir le « néant, le « vide » comme une source ou un lieu de l’épanouissement, à moins d’un total renversement de valeurs.

    je me souviens avoir lu avec delectation « L’empire des Signes » de Roland barthes, ou il faisait etat de sa recherche du « non-vouloir-saisir » (en opposition à cette maladaie de l’occidental à vouloir toujours tout posseder, comprendre, enfermer….) et de la fascination qu’exercait sur lui le monde oriental. Mais le livre est plus complexe qu’il n’y parait, car Barthes y fait aussi état de son incapacité à appréhender même avec la plus grande sincérité ce monde oriental, sa logique et ses codes, le balancement de sa pensée. Et tout le livre est l’histoire de cette tentative et de cette impossibilité. De la prise de conscience qu’il ne regardait l’Orient que comme l’envers de lui meme, ce qui était encore une maniere de se regarder soi même.

    souldigg

    13 mars 2010 at 19:17

  5. Tes remarques sont justifiées, mais nous ne sommes pas tenus de rendre antagoniques l’Orient et l’Occident spirituels.

    Le soufisme est par exemple une passerelle remarquable :

    À ce seuil, sans demander vaine gloire ou importance,
    nous sommes venus.
    Pour y chercher un refuge contre le sort et ses coups,
    nous sommes venus.
    Nous sommes les voyageurs à l’étape de l’amour ;
    Des limites du néant, au pays de l’existence,
    nous sommes venus.
    Nous vîmes ta ligne verte : des jardins du Paradis,
    Nous avons voulu chercher cette herbe d’amour, et puis
    nous sommes venus.
    Nous qui avons ce trésor, dont l’Archange est le gardien,
    En mendiant, jusqu’à la porte, au palais du souverain,
    nous sommes venus.
    Où donc, navire sauveur, ta clémence est-elle ancrée ?
    Dans l’océan du pardon, mais plongés dans le péché,
    nous sommes venus.
    L’honneur part. Crève, ô nuage qui nos fautes dissimule !
    Car, avec un livre noir, auprès du Souverain Juge,
    nous sommes venus.
    Hâfez, débarrasse-toi de ton vain manteau de laine :
    Avec de brûlants soupirs, derrière la caravane,
    nous sommes venus.

    Mounir Hâfez,
    « Le Divin Refuge »

    et Novalis aussi, le dernier poète à avoir pratiqué en Occident la véritable « danse de l’âme » (al-tassawuf), dira, dans son Monologue :

    « Seul celui qui a le sentiment profond de la langue, qui la sent dans son application, son délié, son rythme, son esprit musical ; – seul celui qui l’entend dans sa nature intérieure et saisit en soi son mouvement intime et subtil pour, d’après lui, commander à sa plume ou à sa langue et les laisser aller : oui, celui-là seul est prophète. »

    Laurent l'un

    14 mars 2010 at 01:31

  6. curieux ce petit texte que tu inclus en commentaire. « seul celui qui…..celui la seul est prophète ». J’aurais dit plutot « celui la seul est poete »

    un prophète ne s’appuie pas sur sa connaissance intime de la langue, mais sur sa connaissance intime de la vérité.

    quant a opposer extreme-orient et occident, je ne les oppose pas. Je dis seulement que ce sont deux voies, deux modes de representations du monde, deux spheres mentales qui vivent sur deux modes differents

    souldigg

    14 mars 2010 at 10:19

  7. « Seul celui qui a le sentiment profond de la langue, qui la sent dans son application, son délié, son rythme, son esprit musical ; – seul celui qui l’entend dans sa nature intérieure et saisit en soi son mouvement intime et subtil pour, d’après lui, commander à sa plume ou à sa langue et les laisser aller : oui, celui-là seul est prophète. »

    //

    Mouhammad aurait dit :
    “une bonne écriture fait éclater la vérité”

    Laurent l'un

    14 mars 2010 at 23:35

  8. L’un n’empeche pas l’autre.

    Un poete peut en effet par sa maitrise de la langue donner le plus beau des éclats à la vérité. la rendre plus « perceptible » encore aux yeux et oreilles du monde, tellement sensibles à la forme des choses (plutôt qu’à leur fond)

    La vérité peut tout aussi bien se passer de ce rapport intime presque volupteux avec la langue. Elle peut meme a dessein la malmener, la retourner, lui imposer rudesse et aller contre sa logique propre.

    la deuxième partie de la Révélation d ‘Arès (LE Livre) est sur ce point assez éloquent. D’une langue analytique et précise à la logique serpentine mais rigoureuse (le français), qui déploie son génie dans de longues phrases subtiles et complexes extrêmement ciselées, Dieu tire un langage lapidaire, heurté, synthétique, mais vibrant et fort.

    Poète et prophète travaillent tous les deux avec les mots mais leur vocation est différente. Un poete a pour but d' »enchanter le monde » en quelque sorte, et ce faisant, il peut tout aussi employer son génie à reveiller le souvenir ou la conscience d’une vérité enfouie, endormie. Uun prophete a simplement pour mission de rappeller la vérité et de contenir dans son propos à la fois le passé (nos origines), le présent (réalité du monde) et l’avenir (ce vers quoi l’humanité doit tendre)

    Pour mémoire, Mouhammad etait analphabete (et le Coran souligne à de nombreuses reprises « qu’il n’est pas un poete »), Moise (un autre prophete) était bègue, Mikal (de son propre aveu), tres mauvais écrivain et incapable d’une pensée originale.

    Ce qui n’empeche pas les psaumes ou le cantique des cantiques (des poemes justement) de figurer dans la Bible (preuve de la presence d’un fond de vérité dans ces écrits) mais sans etre considérés comme Parole de Dieu.

    La citation dont nous parlons est d’ailleurs la parole d’un poète, qui aspirait peut etre au fond de lui meme à servir le vrai et qui a entrevu dans la maitrise de son art, la possibilité de le faire. « La beauté est servante du Bien » dit la Révélation d’ Arès et le prophète Mikal dans son enseignement à paris, prenait souvent exemple sur les artistes pour nous inciter à « donner notre forme à la vérité surgit du Ciel à Arès »

    Pour finir, je preciserai simplement que ce qui me gene dans la citation, ce n’est pas tant la présence du mot « prophète » que la présence du mot « seul », dans « celui la seul est prophete ».

    mais je me fais peut etre mal comprendre.Je ne suis ni poete ni prophete. j’ai simplement pour moi d’avoir beaucoup lu de poesie et d’avoir cotoyé un (vrai) prophète. Je n’ai exprimé là, que ce que je ressentais

    souldigg

    15 mars 2010 at 09:49

  9. Merci de ces explicitations, que je rejoins.

    Laurent l'un

    15 mars 2010 at 14:39


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