anarchie pour l'évangile !

« Il faut vraiment lutter pour naître »

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Parutions.com : Le thème des morts-vivants est récurrent dans vos trois romans, plus ou moins explicitement. Est-ce une angoisse personnelle, ou une figure qui vous semble symptomatique de notre époque ? L’ennui des morts-vivants est-il moderne ?

Isabelle Sorente : Le mort-vivant me semble en effet symptomatique de notre société. On n’a jamais autant parlé d’individualisme qu’aujourd’hui, mais sérieusement, combien d’individus réels rencontrez-vous dans une journée ?

Comment ressentir, comment réfléchir, comment jouir bref comment vivre quand on n’a jamais le temps, quand le rare temps soi-disant « libre » est immédiatement converti en loisirs ?

Je crois que notre société fabrique beaucoup de morts-vivants, ou plutôt de gens qui ne commencent jamais à vivre.

Il faut vraiment lutter pour naître, et cela n’a rien à voir avec la date de naissance marquée sur notre état civil !

Je suis assez terrifiée par le fait divers de Colombine, raconté par Michael Moore puis par Gus Van Sant dans Elephant. Pour moi, les deux criminels sont totalement désespérés. C’est une condamnation sans appel de leur société, de leur mode de vie. Comme s’ils partaient du principe que tout était déjà mort. Je pense que les espaces poétiques, les espaces de création ne cessent de rétrécir. C’est contre ce rétrécissement, contre le désespoir qu’il provoque qu’il faut lutter.

Parutions.com : Qu’avez-vous contre les livres de développement personnel, plusieurs fois épinglés sous votre plume ?

Isabelle Sorente : Ce que je n’aime pas, c’est la « mode psy » (je n’ai rien contre les démarches réelles, j’ai moi-même fait une analyse), et cette imposture qui tendrait à faire croire qu’on peut, en un stage de week-end ou en lisant un bouquin, remplacer un questionnement censé durer toute la vie ! Un parcours initiatique digne de ce nom ne se cale pas dans un agenda. Là encore, là surtout, il ne faut pas tomber dans le piège de la «rentabilisation».

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Written by Observatoire situationniste

21 mars 2010 à 08:01

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Une Réponse

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  1. De mémoire :
    Quand on vit et que l’on ne vit pas, c’est une malédiction du ciel.
    Quand on vit et que l’on vit, c’est une bénédiction du ciel.
    Quand on doit mourir et que l’on ne meurt pas, c’est une malédiction du ciel.
    Quand on doit mourir et que l’on meurt, c’est une bénédiction du ciel.
    Quand on ne peut ni naitre ni mourir, c’est affaire de destin.
    Le vrai classique du vide parfait.
    Li-Tseu, philosophe taoïste.

    Il faut vraiment lutter pour naitre!

    Certains rêves s’inscrivent en nous de manière indélébile.
    Ils recèlent un véritable message et éclairent notre route.

    Il me souvient de ce rêve de 1973.
    Celui-ci se produisit alors que j’étais incarcéré dans un établissement psychiatrique particulièrement atroce.

    Au cœur de ce songe, un petit garçon m’apostrophe et me demande à voir la vie.
    -Voir la vie ?
    -Tu veux vraiment voir la vie ?
    Tu sais, ce n’est pas vraiment marrant !
    Il s’obstine, il veut voir la vie !
    -OK, puisque tu insistes, suis-moi.
    Nous commençons par gravir un escalier étroit coincé entre deux immeubles.
    Juste un escalier à perte de vue entre deux parois grises de béton lisse et triste.

    Tu vois, c’est ça la vie que je lui dis.
    Ça et là, je lui désigne des personnes de tous âges allongées sur les marches
    Tu vois, ceux-là sont morts.

    Et nous continuons de monter, encore et encore, marche après marche, palier après palier.
    Tout du long, des êtres humains, nourrissons, enfants, adultes, vieillards, tous couchés, immobiles.

    Nous ne croisons personne à l’exception des corps étendus
    Nous poursuivons notre ascension pour parvenir finalement au sommet des immeubles, à la fin des paliers et des pas.
    Ouf en haut, ouf fini.

    Et là!
    Sublime fantaisie !
    Féérie fantastique, inouïe, extraordinaire.
    Le monde de tous les possibles s’ouvre à notre admiration.
    Tout ce qui s’offre à nos yeux ébahis, frémit, vibre, scintille, chante, danse, bouge et se déplace avec une invraisemblable grâce.

    Une enseigne publicitaire quitte ses attaches et le dauphin vole, plane dans les airs.
    L’herbe de couleur changeante s’incline délicatement sous la caresse d’un vent parfumée à la framboise.
    Nous y sommes, nous avons dépassé, franchit la limite, la dernière marche.
    Enfin nous vivons, enfin nous voyons la vie.
    Belle, superbe!
    Fantasmagorique alchimie de l’amour.

    Il faut vraiment lutter pour naitre.

    Il faut le vouloir, ne pas céder à la facilité pas plus qu’à la fatigue.
    Insister, tenir bon, traverser la vallée de la mort ou gémissent les hommes qui se pensent vivants.
    Se frayer un passage dans la jungle de l’ennui et de l’habitude.
    Franchir le désert des servitudes, se perdre dans le labyrinthe des passions, s’embourber dans les marais de l’addiction, jouer au strip- poker avec la camarde.
    Perdre et regagner mille fois son âme, se vautrer parmi les porcs.

    Gaspiller les heures précieuses et comptées pour en comprendre la valeur.
    Heureux qui comme Ulysse a fait un beau voyage !

    Ceux qui ne sont pas morts ne sont jamais nés.

    Il semble nécessaire de mourir pour naitre.

    Il faut mourir pour intégrer l’expérience globale.
    Avoir un aperçu complet du cycle.
    Naitre, vivre et rendre son âme.
    Franchir les portes utérines pour ouvrir, un jour, celles de la frontière ultime de nos existences.
    Celles de la mort.

    Avant de mourir, nous ne connaissons qu’une part, qu’un versant de la réalité.

    Ceux qui ne sont jamais morts ne sont jamais nés.

    Le long voyage de la mort où mille ans semblent un jour nous conduit fatalement vers la vie, de même que la vie conduit fatalement à la mort.
    Ainsi nous renaissons, c’est incontournable et heureusement.

    Imaginez l’ambiance si nous devions rejoindre et vivre l’éternité dans l’état où nous avons quitté la terre.
    La plupart d’entre-nous décèdent sans avoir rien réglé.
    Couverts de sang, dégoulinant de haine, de méfiance, d’aigreur, de peur, les poches pleines mais le cœur vide.

    Nos âmes languissent de se refaire une beauté.
    De revenir s’améliorer.
    Et nous revenons.

    La mort procède au tri.
    Ainsi, insensiblement la part de lumière et d’amour, en dépit des apparences, augmente sur terre.

    La mort, du reste ne nous apparaît plus sous la même perspective depuis le christ.
    Le christ, encore le christ, toujours le christ !

    Il est vrai qu’écrire au sujet de la difficulté de naitre implique plus ou moins d’aborder la mort et on ne peut discourir de la mort sans évoquer le christ.

    Le christ et la résurrection !
    On accoste à nouveau, pour une renaissance, sur le rivage des naissances.

    Un aller-retour.
    De la naissance à la mort et de la mort à la renaissance pour retourner vers l’autre rive, sans remords.

    Cette prise de conscience, efface à jamais la mort.
    Cette prise de conscience s’opère par le christ.

    Mourir à soi-même pour renaitre aux autres!
    Il semble nécessaire de mourir pour renaitre.

    Le Styx, fleuve de l’oubli dissout en nous, tous souvenirs.
    Le processus d’individuation, notre croissance dans une autre époque, un autre lieu, sous une autre identité, font que nous perdons toutes traces et tout contact avec nos incarnations précédentes.

    Et c’est ici que l’éternel, par le christ intervient.

    Je n’éprouve aucune difficulté à penser la résurrection possible.
    La considération de ce qui existe déjà, une planète habitée sur laquelle Mozart a composé, sur laquelle Gandhi a marché, sur laquelle poussent des orangers, la pluie, le vent, la pensée, les orages me conduisent à effacer les frontières entre possible et impossible.

    Si tout cela, tout ce que je vois, perçois et comprends quelque peu est réalisable, alors vraiment la résurrection n’est qu’une démonstration supplémentaire de la grandeur, de la magnanimité et de l’amour de l’éternel pour la création.

    Que n’aimons-nous tel qu’il nous aime !
    Que ne nous aimons-nous tel qu’il nous aime !

    Ainsi donc, l’éternel, activera nos mémoires !
    Il ressuscitera le christ.
    Quand ?
    Impossible à dire.
    Ce que l’on peut signaler par contre, c’est qu’il ne le ressuscitera pas seul.
    Nombreux seront ceux à être présent sur terre, pour la seconde, la quatrième, la énième fois lorsque le christ sera, dirons-nous en phase de réveil.
    Et ils se réveilleront avec lui.

    Ils trouveront, au cours de cette existence partagée dans les temps de révélation avec le christ présent sur terre, des indices qui les guideront les uns vers les autres.
    Ils se retrouveront, pour se reconnaitre en lui.
    Des indices qui évoqueront leurs anciennes existences, des indices qui les guideront vers le christ qui établira en leur sein la transparence de la mort.
    Ils ne mourront plus.

    Ils comprendront, en voyant le christ ressuscité, debout parmi eux, qu’ils sont également ressuscités.

    Bien sur, il faut du temps, beaucoup de temps à notre échelle et en rab, encore une génération avant que tout ne soit accompli.

    Quelle génération, quand viendra-t-elle, je l’ignore.
    Ce que je sais par contre c’est qu’au terme de cette génération, les hommes seront en possession de toutes les cartes nécessaires à la bonne gestion du jardin.

    L’éternel leur donnera toutes les chances en confirmant sa présence par le miracle de la résurrection.
    Ainsi les hommes comprendront enfin le mystère de la mort.
    Adam avale le reste de la pomme et le couple divin se reconstitue.
    Ce qui engendre l’harmonie dans les relations humaines.

    Mais nous avons toujours le choix.
    Croire, ne pas croire.

    Du reste peu importe la résurrection du christ.
    C’est un présent que nous pouvons refuser et affronter l’opacité de la mort avec solitude, force et courage.
    Peut-être pouvons-nous nous passer du christ ou d’autres grands phares de l’humanité.

    Il n’empêche que si nous parvenons à négocier le tournant de ce millénaire et à éviter le pire, ce sera nécessairement en appliquant des attitudes de sagesse, de fraternité et d’intelligence que n’aurait pas dédaignées le petit jésus..

    Je pense que la résurrection sera imparable, éclatante de vérité.

    L’éternel ne ressuscite pas le christ à demi et donc il ne sera pas cachottier.
    Le moment m du jour j fera date dans notre histoire !
    Voilà que nous découvrirons qu’il est possible de renaitre !

    Voilà que nous converserons avec les sources, voilà que nous comprendrons le ciel car il vient à notre secours.

    L’éternel ne nous a pas uniquement offert la connaissance du bien et du mal, la vie et la mort, la peine et la joie.
    Il nous offre de goûter, par la résurrection effective du christ, sa présence et son amour pour nous.
    Il nous propose de vivre en sa compagnie.

    Quand viendra cet instant ?

    Avant qu’il ne soit trop tard pour changer de cap !

    Il ne sert à rien de donner toutes les cartes lorsque les jeux sont faits.
    L’éternel ne triche pas avec la création, il offrira une chance réelle à l’humanité en faisant de la résurrection une information visible de tous, fiable, solide, indéniable.

    C’est son boulot, il faut le laisser faire !

    Le notre, c’est d’être nous-mêmes, d’avancer dans la fraternité.
    D’être, à notre échelle, des dispensateurs de paix.
    Des jardiniers en fêtes dès que le printemps revient.

    Pour conclure, une petite histoire.

    Un vieillard assis au bord d’un chemin sourit.
    Un passant, intrigué par le rayonnement de son visage s’arrête et le questionne sur l’origine de ce sourire étonnant.
    Voici une semaine que je suis né, répond le vieillard.

    Amicalement
    Laurent lautre

    laurent lautre

    27 mars 2010 at 12:25


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