anarchie pour l'évangile !

« La seule nostalgie qui ait un avenir est celle du présent. »

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Manuel de survie

« Je vous fais parvenir une version provisoire ( à manier avec des pincettes), une version définitive sera mise dans quelque temps sur le site : <http://classiques.uqac.ca/>
bien à vous
Guérin Marc »

Ce livre, je l’ai lu il y a 28 ans. Après Novalis, me tendant la Fleur Bleue que le monde a méprisée, il fut ma Confirmation.  3 ans plus tard me tombaient dessus – littéralement – les Dialogues avec l’ange : qui  furent Révélation.

De l’un à l’autre, il y a dans mon coeur un seul Chemin : AMOUR, qui se penche tellement vers nous, en son Silence enchanté, que ses branches nous font un tapis d’ailes.

Envolez-vous donc, oiseaux engourdis, la porte de la cage n’est ni ouverte ni fermée :

en Vérité, il n’y avait pas de cage.

LC

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Donne profonde di passione e di lotta
Dolci amici rabbiosi d’amore
Vado col cuore pieno di voi
Verso le vostre tracce

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Femmes profondes de passion et de lutte
Doux amis à la rage d’amour
Je vais le cœur rempli de vous
Á la rencontre de vos traces.

Giorgio Cesarano – 21 Janvier 1975

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E quello avea la fiamma più sincera cui men distava la favilla pura, credo, per6 che più di lei s’invera

Et celui-là avait la flamme la plus ardente, dont la pure étincelle était le moins éloignée, parce qu’il était, je pense, le plus pénétré de sa vérité.

Dante, Peradiso, XXVIII, 37

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Manuel de Survie – Extraits :

« Toute nourriture est polluée et « notre mère la terre » annonce déjà le tarissement de sa dernière sève. »
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Il n’y a de lutte qu’à faire voler en éclats la choséité qui te lie en lui refusant tout mouvement et jusqu’au moindre pas ; que ta prétention d’être s’affirme ici même, où tout se ligue pour te l’interdire.
Reconnaître la volonté radicale depuis le ciment où s’enfoncent tes racines historiques. Exiger des « choses »: des objets d’amour, de haine, d’indifférence frauduleuse, exiger même des pauvres objets de la « richesse » inanimée, d’être avec toi, en tant que tu es vivant, que tu veux l’être. Avec tout ce que cela comporte.
La prétention d’être est une irruption du qualitatif qui franchit d’un bond les tranchées creusées entre toi et l’autre avec la puissance créatrice d’un assaut au palais d’hiver.
Quiconque s’en trouve investi est immédiatement contraint à un choix radical.
Que va-t-il défendre?
La mort des désirs, où il se trouve congelé, ou la vérité rendue fulgurante de sa faim?

Que sur le désert quotidien pleurent donc, si l’envie leur en reste, « poètes» et toute la littérature. Belle harmonie, qui mêle à leurs sanglots ceux que versent les clercs de l’apocalypse !
Les hommes commencent à apprendre qu’à les attendre, le risque est grand que ne les attendent bientôt plus que des larmes et des cendres.
Quiconque se sent dans le quotidien comme en un désert, n’est pas si éloigné du coeur de tous.
Il n’en est qu’à un pas, celui qui lui reste à franchir vers son propre coeur. Il ne s’agit pas de rester là, de s’asseoir et de pleurer, pas plus de macérer dans l’abstinence que de se construire une oasis.
Plutôt employer ce qui reste de force à ce pas, cette manoeuvre d’approche, cet embrassement d’amour et de lutte qui, de ce que le quotidien semble désert, n’en paraît que plus absurde.
C’est en ce mouvement que chacun pourra, en se retrouvant là où perdure le désir qui résiste à l’anéantissement objectuel, découvrir en lui la présence
de ce programme historique que constitue la passion, et se sentir prêt.
Et tu trouveras alors ceux qui, en même temps que toi, sont prêts.
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Dans chaque naissance tumultueuse d’un amour, renaît le désir fondamental de se transformer en transformant le monde. La haine et la suspicion que les amants suscitent autour d’eux sont la réponse automatique et défensive à la guerre qu’ils font, du seul fait de s’aimer, à un monde où toute passion doit se méconnaître et mourir.
Que craignent-ils de perdre désormais, les hommes, après que la perte s’est insinuée dans chacun de leurs moments, contenu réel de tout échange? Eux qui se tiennent à la non-liberté, ils ne peuvent qu’y voir la frustration renouvelée.
Quand le désir ne peut plus s’enchanter devant des simulacres, le temps alors est mûr pour lui de connaître ce qu’il vise réellement. Du désir qui s’anéantit et tourne à vide sur lui-même, à la critique qui en le dépassant veut qu’il saisisse ce qui le rend vrai, procède la conquête de la dimension totale.

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Pour la corporéité, l’angoisse est le mémento des vivants. L’entêtement de l’intelligence naturelle : le déni opposé à toute conclusion de soi dans la constellation des présences objectives.
La connaissance d’un destin supérieur n’a pas été ensevelie.
Le mouvement de l’extase, qui sort du Moi fictif et tue le Moi geôlier, est l’opposé de celui qui fuit le corps.
C’est la conquête en acte de la corporéité réalisée, et de la totalité cohérente comme son contexte naturel.
Quand la corporéité reconnaît le pouvoir transcendant de son sens en
procès – sa transcendance matérielle – hasardant alors la plénitude (dans les caresses où s’estompe le mur de verre de la séparation, dans les regards désaveuglés, les actes téméraires de la passion), elle passe à travers les frontières du soma, fait irruption en débouchant dans le monde, fait si bien de sa pulsation qu’elle comble temps et espace, se les conquiert, les réalise comme siens.
Le corps de l’être aimé se révèle alors comme un territoire, un pays, toute une époque.
La richesse éclot, tant la plus éprouvée que celle à venir, de son ampleur. Elle dépasse toute mesure d’ elle-même, abandonne sa ségrégation morose dans son « signalement », les contours mortifiés de sa figure, ridée dans le souffle entrecoupé de l’angoisse empêchée de se répandre hors de la cuirasse de son « identité», cette identité de mort avec la communauté familiale des geôliers et avec leur temps, scandé par une cyclothymie productrice d’impossible.

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Written by Observatoire situationniste

24 avril 2010 à 05:20

Publié dans Non classé

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Une Réponse

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  1. Ne croyez pas qu’il y ait rien d’impossible !
    LE POSSIBLE EST LA LOI DU POIDS,
    L’IMPOSSIBLE EST LA LOI DU NOUVEAU.
    Oiseaux engourdis, la prison est ouverte,
    Et vous n’osez pas voler.
    Je vous effraie, afin que vous voliez.

    Dialogues avec l’ange

    Laurent l'un

    24 avril 2010 at 05:29


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