anarchie pour l'évangile !

La poésie soufie, langage du cœur

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Afin d’exprimer la flamme entre le disciple qui aspire à l’amour spirituel et le Bien-Aimé, c’est-à dire la divinité sous son aspect de miséricorde, les soufis privilégient la poésie, autant pour sa dimension symbolique et allusive que pour son rythme et sa musicalité. La poésie est aussi pour les soufis un moyen d’éducation spirituelle. Au-delà de l’élan amoureux, les grands thèmes de cette poésie vont évoquer la tristesse de la séparation ou les joies de la proximité, les défauts de l’âme égotique ou la subtilité de la connaissance spirituelle, la manière de frapper à la porte divine ou le bel-agir envers autrui. Autant de thèmes qui vont faire de cette poésie un véritable trésor dont chaque vers nous rappelle que la connaissance spirituelle et la réalité divine se trouvent au-delà des mots.

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Djalal al-Din Rûmi
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Dès l’instant où tu vins dans le monde de l’existence,
Une échelle fut placée devant toi pour te permettre de t’enfuir.
D’abord, tu fus minéral, puis tu devins plante;
Puis tu devins animal : comment l’ignorerais-tu?
Puis tu fus fait homme, doué de connaissance, de raison, de foi;
Considère ce corps tiré de la poussière : quelle perfection il a acquise!
Quand tu auras transcendé la condition de l’homme, tu deviendras sans nul doute un ange.
Alors tu en auras fini avec la terre; ta demeure sera le ciel.
Dépasse même la condition angélique, pénètre dans cet océan,
Afin que ta goutte d’eau puisse devenir une mer.
[…]
Recherche le royaume de l’Amour
Car ce royaume te fera échapper à l’ange de la mort.
Je suis l’atome, je suis le globe du Soleil,
A I’atome, je dis : demeure. Et au soleil : arrête-toi.
Je suis la lueur de l’aube, je suis l’haleine du soir,
Je suis le murmure du bocage, la masse ondoyante de la mer.
Je suis l’étincelle de la pierre, l’oeil d’or du métal…
Je suis a la fois le nuage et la pluie, j’ai arrosé la prairie.
Purifie-toi des attributs; du moi, afin de pouvoir contempler ta propre essence pure
Contemple dans ton propre coeur toutes les sciences des prophetes,
Sans livres, sans professeurs, sans maitres.

Djalal al-Din Rûmi

Written by Observatoire situationniste

10 mai 2010 à 07:15

2 Réponses

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  1. Je suis tombée en arrêt devant ces magnifiques poèmes ,j’en cherche de nouveaux chaque soir….
    Je suis profondément émue par cette beauté…

    auckenthaler

    8 décembre 2010 at 22:11

  2. Bi idni Lah (Grâce en soit rendue à Dieu)

    Laurent

    9 décembre 2010 at 08:13


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